Mercredi 14 mai 2008
Ségolène Royal : le Poitou-Charentes va se déclarer à nouveau "hors OGM"

Ségolène Royal a annoncé mardi, après le rejet à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM, que la Région Poitou-Charentes qu'elle préside allait "se déclarer à nouveau hors OGM".

"Je me réjouis du vote de l'Assemblée nationale, qui stoppe la progression des OGM et consolide ainsi la situation de la Région Poitou-Charentes que j'avais déclaré hors OGM dès 2004 pour protéger les agricultures et les appellations d'origine contrôlée", a t'elle affirmé.

Ségolène Royal a également fait savoir que, "à la prochaine réunion du Conseil régional, la Région se déclarera à nouveau hors OGM en s'appuyant sur la décision de l'Assemblée nationale". "Cela permettra aux maires de la région de reprendre des arrêtés d'interdiction des OGM, qui avaient été annulés à l'initiative des préfets"

Source : Désirs d'avenir

Vendredi 16 mai à 20h00 : atelier-citoyen à la Bellevilloise avec Ségolène Royal

David Assouline (Sénateur de Paris) et Dominique Bertinotti (Maire du 4ème arrondissement)Co-Présidents du Pacte Rénovateur

et l’équipe du Pacte Rénovateur vous convient à un Atelier Citoyen avec Ségolène Royal, autour des questions 1,8 et 10 de la consultation participative Congrès utile et serein.

Source : Désirs d'avenir

Ségolène Royal sera l'invitée de l'émission "La voix est libre" diffusée sur France 3 Poitou-Charentes samedi 17 mai à 11H30

 

Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, sera l'invitée de l'émission "La voix est libre" diffusée sur France 3 Poitou-Charentes samedi 17 mai à 11H30.

La vidéo sera disponible dès samedi sur le site desirsdavenir.org

Source : Désirs d'avenir

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Vendredi 9 mai 2008

Bas salaires, une autre politique ! par Ségolène Royal


Tribune publiée dans Le Monde daté du 10 mai.

7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 millions de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l’intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l’abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.

Contre la pérennisation d’un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d’un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s’agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l’emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s’étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du Smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd’hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois-quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l’occasion d’améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd’hui est versée avec retard.

Or voici que l’on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens. Lors de son intervention télévisée du jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy a explicitement demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le Haut commissaire aux solidarités actives a malheureusement renoncé à contester. Ce sont aujourd’hui huit millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 € par mois ! Ironie cruelle de l’histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d’achat prétendument procuré par les mesures gouvernementales.

A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l’imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit – comme la PPE – prendre la forme d’un crédit d’impôt géré par l’administration fiscale, et non d’une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d’allocations familiales. Les salariés rémunérés au Smic, qu’ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd’hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale – et non des allocataires de revenus d’assistance. Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n’a guère d’importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait dit vouloir « parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés ». Aujourd’hui, 16 000 contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d’euros au titre du bouclier fiscal. Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l’austérité, alors qu’avec 15 milliards d’euros chaque année, le paquet fiscal aurait largement pu financer le RSA!

Au-delà de la question budgétaire, c’est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est profondément contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l’incitation à la reprise d’activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d’emploi de retrouver un travail décent.

Cela suppose d’abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35% des Rmistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi. Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l’ensemble des freins à la reprise d’emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé, constituent des limites puissantes à l’acceptation d’un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l’absence limite l’accès des femmes au travail.

Enfin, la mise en œuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s’aggraver et le recours au temps partiel subi va s’accélérer, créant ainsi durablement des trappes à bas salaires.

Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C’est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d’achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd’hui cette belle idée : une autre politique est possible.

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Vendredi 9 mai 2008

"Continuez à visiter la contribution participative sur Congrès utile et serein


http://www.congresutileetserein.com

"Continuez à visiter la contribution participative sur Congrès utile et serein. Dix questions, dix thèmes de débat, un lieu de propositions. L'occasion de faire savoir aux dirigeants du parti socialiste comment vous voyez le PS de demain. Le mouvement est en marche, ne restez pas sur le bord du chemin."

Pour voir la vidéo, allez sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2252

« Une crise grave est tout à fait possible »


Ségolène Royal rencontre les lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France

Un an après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, mais aussi un an après sa propre défaite, Ségolène Royal confie aux lecteurs du Parisien/Aujorud'hui en France ses craintes sur la situation politique et explique sa stratégie au sein du PS.

MEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec... et sa plus grande réussite ?

Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ?

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ?

C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ?

Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat.

SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ?

C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ?

JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ?

Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif.

MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ?

Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin.

JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ?

(Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille.

CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ?

Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement.

MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ?

Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants.

SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ?

Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %.

JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ?

Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble.

MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires...

C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes.

CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ?

Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique.

BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ?

Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain.

CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ?

C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire !

Voir la vidéo de Ségolène sur le site du Parisien

http://www.leparisien.fr/home/info/politique/articles/

SEGOLENE-ROYAL-FACE-AUX-LECTEURS-DU-PARISIEN_298485126

"Une autre politique est possible"


Ségolène Royal sur France Info

Tirant le bilan d'un an de présidence Sarkozy, Ségolène Royal a jugé que les Français "souffrent" de "la vie chère, (des) promesses non tenues, (de) la place de la France dans le monde qui recule". Ce qu'il faut, c'est "leur dire qu'une autre politique est possible. Et donc il faut faire pression sur ceux qui nous gouvernent pour qu'ils changent de politique".

Face à
"une crise mondiale qui est là", Ségolène Royal a estimé que "le pouvoir en place n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation".

Interrogée sur le tour de vis dans les dépenses publiques, Mme Royal juge que
"bien sûr il faut réformer l'Etat pour qu'il soit plus efficace. Mais il faudrait que ceux qui réforment l'Etat aiment le service public et aiment l'Etat parce que ce que l'on subit aujourd'hui sur le territoire (...) avec la fermeture des tribunaux, des hôpitaux, des écoles, des trésoreries, des services publics de proximité qui font qu'aujourd'hui nous avons une France à deux vitesses" en matière notamment de santé et d'éducation.

Pour elle,
"réformer l'Etat, ce n'est pas casser le service public. Réformer l'Etat, c'est mettre du service public au contraire là où on en a besoin, faire des économies là où c'est nécessaire". Ségolène Royal estime que "l'Etat doit assumer ses responsabilités et en particulier garantir l'égalité du développement sur l'ensemble du territoire". En fin de compte, "il ne faut pas réformer contre les gens mais avec eux".

Pour voir la vidéo, allez sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2249

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Samedi 3 mai 2008

Le 1er Mai l'anniversaire du grand rassemblement de Charlety



C'est une France magnifique qui est là rassemblée, de toutes générations, de tous milieux, et de toutes origines.

En revivant ces moments, pas de nostalgie, mais au contraire une formidable énergie, le partage d'un moment de joie exceptionnel qui nous engage à tenir bon sur nos valeurs pour préparer l'avenir.

Très amicalement à tous,

 

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Mercredi 30 avril 2008

"Une année ratée"


Ségolène Royal sur France 2

Ségolène Royal était l'invitée de Catherine Laborde vendredi sur France 2.

Voir sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2234

Ségolène sur France Inter : Nicolas Sarkozy a donné une "feuille de déroute" à son gouvernement

Ségolène Royal a estimé vendredi sur France Inter que Nicolas Sarkozy avait donné, lors de son interview télévisée de la veille, une "feuille de déroute" à son gouvernement.

Nicolas sarkozy a cumulé les
"aberrations", "les improvisations", les "contre-vérités". Sur la laïcité "en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie", le président a dit "des monstruosités".

Nicolas Sarkozy a aussi fait preuve de
"malhonnêteté" en imputant les difficultés de la France "à des chocs extérieurs".

"Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle", a lancé Mme Royal estimant que la France "est tirée vers le bas".

"Le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route. Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute".

"On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel".

Quant au mea culpa du chef de l'Etat sur un certain nombre de sujets, elle y a vu
"un truc de communication". "En clair, ça veut dire +je me suis trompé+".

Nicolas Sarkozy
"n'a pas répondu sur les préoccupations des Français" notamment sur le pouvoir d'achat, privilégiant "la redistribution entre les précaires" et "a donné une image de la France en situation d'échec en particulier sur l'éducation nationale, ce qui est faux".

"Ce qui est en train de se passer, c'est de la brutalité, c'est beaucoup d'arrogance. J'ai vu un Nicolas Sarkozy parfois méprisant à l'égard des Français".

"Sur la politique étrangère, il ne nous a pas rassuré et au contraire c'est extrêmement inquiétant" soulignant ses propos "aberrants" dans le but de "justifier qu'il se couche devant la Chine".

Je suis une opposante, parce que je fais des propositions constructives par rapport à ce qu'il serait possible de faire



Ségolène Royal répond aux questions des auditeurs de France Inter

NICOLAS DEMORAND

Bienvenue dans Interactive, l’invitée de France Inter ce matin est Ségolène ROYAL, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes. « Une feuille de déroute », c’est ce que vous avez dit, il y a quelques minutes au micro de France Inter, Ségolène ROYAL. Là, où le Premier ministre attendait une feuille de route, il a eu une feuille de déroute. Vous avez dit que vous étiez plus inquiète après l’émission qu’avant. Approximation, improvisation, contrevérité, aberration, une autre politique est possible et c’est urgent. Gouverner c’est prévoir avez-vous dit et donner du sens. Nicolas SARKOZY a reconnu ses erreurs, mais c’est d’après vous, la communication. S’il y a erreur, il faudrait infléchir la politique gouvernementale, or aucune inflexion n’a été annoncée. Alors il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit à 8H20, on va revenir sur deux ou trois détails importants avec Patrick COHEN et les auditeurs de France Inter, Patrick !

PATRICK COHEN


Oui, Ségolène ROYAL, contre l’image de sincérité, de franchise, de bonne volonté qu’a voulu donner Nicolas SARKOZY, vous dites, non seulement il s’est trompé, il reconnaît certes des erreurs, mais il ne veut pas en tirer les conséquences – mais vous dites en plus : Nicolas SARKOZY dit des mensonges, des contrevérités, Nicolas vient de le rappeler. Je voudrais que l’on prenne un exemple, que vous avez cité tout à l’heure, celui des retraites. Quelles sont les contrevérités que vous avez perçus dans le propos de Nicolas SARKOZY concernant le dossier des retraites ?

SEGOLENE ROYAL

Ecoutez, François CHEREQUE a réagi, d’ailleurs très rapidement sur cette question là, qu’a-t-il dit ? Il a dit que lorsque Nicolas SARKOZY avait maintenu l’idée que désormais pour accéder à taux plein à sa retraite il faudrait travailler plus longtemps, il dit une contrevérité, une approximation pourquoi ? Parce que, ce qu’il cache, c’est qu’avec une réforme comme celle-ci, c’est le niveau des retraites qui va baisser, dans la mesure où, des millions de salariés n’ont déjà pas la durée complète de cotisations qu’il faut aujourd’hui pour accéder à une retraite à taux plein. Donc cela veut dire deux choses, cela veut dire, que soit, il ne connaît pas ses dossiers, soit il ment par omission, parce qu’il sait qu’une réforme comme celle-ci va baisser le niveau des retraites. Or, il y a déjà une retraite sur deux qui est à peine supérieure au SMIC.

Précisément, vous pensez qu’il faut renoncer au passage aux 41 ans de cotisations prévu dans la loi de 2003 ?

On ne peut pas passer aux 41 ans de cotisations si on n’a pas résolu le problème du chômage des seniors, premièrement et deuxièmement si on n’a pas résolu la question de l’intégration à la prise en compte de cette durée de cotisation, de la pénibilité des métiers.

Nicolas SARKOZY dit qu’il s’attaque à ces problèmes de seniors…

Il le dit, mais il ne le fait pas, c’est ça le problème.

Contrevérité encore sur d’autres dossiers, on ne vous a pas entendu parler tout à l’heure de l’immigration, il y a eu une grande part de l’interview présidentielle hier soir consacrée à la situation des sans papiers, discours de fermeté, pas de régularisation globale et dénonciation de l’hypocrisie des patrons, qui, a t-il dit, feignent de découvrir que leurs salariés étaient sans papiers, qu’en avez-vous pensé ?

Ecoutez, je pense que ce qui nous a frappés, c’est qu’il est resté très longtemps sur ce sujet, je crois que ce n’est pas un hasard, c’est son terrain de chasse privilégié, si j’ose dire. Et il l’a fait, là aussi de façon inquiétante, qui, curieusement n’a pas été relevé par ses interlocuteurs journalistes. Il a confondu en permanence, l’accès à la régularisation et l’accès à la nationalité française. Alors de deux choses l’une, soit il ne maîtrise plus ses dossiers et en effet il perd la main, y compris sur la maîtrise des politiques, quand même qui sont cruciales pour notre pays – soit c’est volontaire, c'est-à-dire qu’il a fait un amalgame pour là aussi « rapter » un certain électorat et à ce moment là, c’est irresponsable.

NICOLAS DEMORAND

Il faut une régularisation collective sur cette affaire très précise de travailleurs sans papiers ?


Je ne le pense pas, je pense que toutes les régularisations collectives ne sont pas… ne relèvent pas d’une bonne politique qui maîtrise les choses. En revanche, il faut sortir de l’hypocrisie, puisque, il y a là beaucoup d’hypocrisie. Certains travailleurs sans papiers sont passés par l’ANPE pour accéder à l’emploi et donc faire, comme l’a fait hier Nicolas SARKOZY, qui je le dis au passage, est responsable de la politique de l’immigration depuis 2002. Donc, qui aurait pu là aussi constater que cette politique est un échec. Il faut sortir de l’hypocrisie, puisqu’un certain nombre d’employeurs ont le courage de dire : nous employons des travailleurs clandestins, mais nous sommes prêts à régulariser les choses. Ce que je pense, c’est qu’il faut mettre les offres d’emploi sur le marché du travail, pour qu’il y ait d’abord, en effet des travailleurs étrangers en situation régulière ou des Français qui aient accès en priorité aux postes qui se libèrent. Et ensuite, là, conformément à ce que dit la loi, là, où il y a des métiers sous tension et là où la France a besoin de travailleurs étrangers – il faut reconnaître leur dignité, parce qu’ils paient des impôts, ils paient des cotisations et en plus, il sont menacés dans leur sécurité et dans leur dignité et c’est cela qui n’est pas acceptable.

NICOLAS DEMORAND

Laurent nous appelle de l’Ain, bonjour Laurent, soyez le bienvenu sur France Inter.


LAURENT

Bonjour Ségolène ROYAL, bonjour Nicolas Demorand, j’avais une question à poser, concernant le pouvoir d’achat, justement. Si vous aviez été élue l’année dernière, quelle mesure auriez vous pris, la mesure phare que vous auriez pu prendre pour améliorer le pouvoir d’achat – et quel à votre avis en aurait été le résultat à cette période, un an après ?

NICOLAS DEMORAND

Ségolène ROYAL, vous répond Laurent.


J’aurais fait plusieurs choses. D’abord, puisqu’il y avait une marge de manœuvre de 15 milliards, que Nicolas SARKOZY, on l’a dit, je n’y reviens pas, à donner en cadeaux fiscaux aux plus riches. J’aurais utilisé cette marge de manœuvre pour baisser la TVA, premièrement. Deuxièmement pour doubler la prime pour l’emploi, ce qui aurait fait du pouvoir d’achat. Troisièmement j’aurais baissé les taxes sur l’essence, puisqu’il y a une partie de la consommation d’essence en taxes et que Nicolas SARKOZY a supprimé le système qui faisait que lorsque le prix du brut augmente, les impôts sur l’essence diminuent, et ça, je pense que j’aurais rétabli ce dispositif. Mais surtout, j’aurais mis en place une politique très volontariste de contrôle, non pas des prix, parce que vous savez que ce n’est pas possible, mais de contrôle des marges. C’est là où il y a un vrai problème, hier Nicolas SARKOZY nous a raconté pour la troisième fois l’histoire de la tranche de jambon, d’ailleurs en exagérant. Alors le président de la République, il n’est pas là pour raconter des histoires de tranche de jambon, mais pour résoudre le problème de la hausse des prix. Il nous a dit, la hausse du prix du jambon, c’est plus 40 %, comme sur tout, il exagère, ce n’est pas plus 40, c’est plus 20 % - ce sont les yaourts qui augmentent de 40 %, mais passons ! Mais la question c’est de savoir comment on répond à ce problème ?

NICOLAS DEMORAND

Il a dit, réforme des lois GALLAND et RAFFARIN.


Alors, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? En effet, je pense que si les prix alimentaires français sont de 15 % supérieurs aux autres prix de pays européens alimentaires, c’est parce qu’il y a un système de protection de la grande distribution. Il faudrait, premièrement, en effet supprimer cette loi RAFFARIN GALLAND.

NICOLAS DEMORAND

Donc, vous le rejoignez là-dessus ?


Oui, mais lui, il est au pouvoir, cela fait un an que je dis cela, qu’il faut en effet changer la loi dans ce domaine là.

PATRICK COHEN

La loi de modernisation économique sera présentée lundi en Conseil des ministres.


Alors, la loi de modernisation économique, là aussi il y avait une proposition dans cette loi que Nicolas SARKOZY a retirée et qui concernait les actions de groupes des consommateurs. Il l’a fait, sous la pression aussi des patrons de la grande distribution. S’il pense, comme il l’a dit hier que les consommateurs n’ont pas suffisamment de rapport de force par rapport à la question des prix – alors, il faut créer dans la loi de modernisation économique, la possibilité, comme c’est le cas dans d’autres pays, des actions de groupes des consommateurs. Parce qu’ils pourront avoir les moyens de se défendre et de mettre en cause des marges qui sont inadmissibles.

NICOLAS DEMORAND

Yves nous appelle des Côtes d’Armor, bonjour et bienvenue sur France Inter.


YVES

Oui, bonjour à tous, merci de me recevoir dans votre émission, je vous appelle de Trébeurden dans les Côtes d’Armor. Madame ROYAL, depuis l’élection de Nicolas SARKOZY, vous campez dans une dénonciation haineuse de la politique gouvernementale. Nous aimerions que vous vous engagiez dans une opposition constructive, que vous fassiez des propositions. Ainsi, quelles seraient les propositions que vous feriez pour réduire l’abyssal déficit budgétaire, sans toutefois évoquer à la manière d’un cabri qui sautille, le paquet fiscal ?


D’abord, je ne me sens pas du tout en situation de haine envers qui que ce soit. Ce n’est pas, ni mon tempérament, ni ma façon d’agir,

NICOLAS DEMORAND

Ni en situation de cabri, pour reprendre l’expression de Yves.


Ni en situation de cabri, mais ce n’est pas parce qu’on dit des choses justes, qu’il ne faut pas les répéter. Pour réduire le déficit, je crois qu’il faut une réforme de l’Etat, il faut diminuer le train de vie de l’Etat, mais pas de façon brutale, en faisant des coupes sombres, comme j’en ai donné un certain nombre d’exemples tout à l’heure – en sapant dans les services publics. Il faut réformer l’Etat en mettant en mouvement les territoires. Moi j’ai proposé une nouvelle étape de la décentralisation. Vous savez les pays qui ont économisé sur les dépenses publiques, sont des pays qui ont donné, justement, à chaque échelon de décision publique et politique leur responsabilité. Et aujourd’hui la France souffre d’une super position des échelons. Il y a la commune, les communautés de commune, les pays, les départements,

NICOLAS DEMORAND

Il faut en supprimer ?


Il faut donner à chacun ses responsabilités pour éviter qu’il y ait tous ces doublons. Et moi ce que j’ai proposé, c’est que l’on donne aux régions, en particulier par exemple, la responsabilité d’un certain nombre de dépenses sur les travaux concernant l’enseignement supérieur – puisque les universités françaises sont dans un état assez catastrophique. C’est un exemple parmi d’autres, on pourrait en prendre plein. Là, où l’Allemagne et l’Italie ont réussi et l’Espagne ont réussi à faire des économies et à rendre l’Etat et la puissance publique beaucoup plus efficace. C’est parce qu’elles ont à la fois, maintenu des solidarités nationales fortes pour garantir une égalité de développement sur l’ensemble du territoire. Et en même temps donner aux décideurs politiques qui sont à l’avant-garde et en première ligne et au contact des gens des responsabilités avec les ressources financières qui vont avec. Je suis convaincue que l’on peut économiser…

PATRICK COHEN

Cela permet d’économiser des dizaines de milliards d’euros ?


Ah oui, je suis convaincue qu’une bonne organisation territoriale avec des institutions qui fonctionnent bien, qui ont leurs responsabilités, qui doivent rendre des comptes et avec une démocratie participative qui permet aux citoyens aussi de mieux contrôler l’argent public, oui,

PATRICK COHEN

On peut faire des économies sans couper dans les crédits, comme vous dites ?


Bien sûr, il faut redéployer, il y a certaines des dépenses qu’il faut supprimer, moi je l’ai fait moi-même en arrivant à la tête de la région. J’ai supprimé, j’ai baissé considérablement le train de vie de la région sur un certain nombre de dépenses inutiles. J’ai supprimé les grosses voitures, les frais de réception, j’ai supprimé des subventions qui n’étaient pas utiles, des effets d’aubaine. Ecoutez, aujourd’hui il y a 64 milliards d’euros d’aides aux entreprises. On estime que la moitié de ces aides sont des effets d’aubaines, c'est-à-dire vont à des entreprises qui n’en ont pas besoin. Donc, voici un paquet budgétaire à redéployer sur les entreprises et notamment sur les PME. C’est sur ce qu’elles reposent, la dynamique de la croissance économique et de la croissance d’emploi.

NICOLAS DEMORAND

Une question sur le dossier chinois Ségolène ROYAL, est-ce que Bertrand DELANOE a eu raison de faire du Dalaï Lama et d’un dissident chinois, deux citoyens d’honneur de la Ville de Paris ?


Oui, bien sûr, vous savez, j’ai rencontré moi-même la sœur du Dalaï Lama, que le Dalaï Lama n’était pas là quand je suis allée en Inde – donc c’est sa sœur qui est venue me voir. Tout ce qui peut être fait en effet pour lutter contre la répression, les assassinats au Tibet doit être fait. Et je l’ai dit tout à l’heure, il est regrettable de voir que Nicolas SARKOZY, s’est couché devant la Chine et je pèse mes mots – alors qu’Angela MERKEL a déjà reçu le Dalaï Lama, a dit, qu’elle ne serait pas à la séance d’ouverture des Jeux Olympiques, Gordon BROWN est en passe de faire la même chose, or, c’est le drapeau français, comme cela a été souligné hier, qui est brûlé à Pékin. Donc moi je dis qu’avec les Chinois, c’est quand on est bien au clair sur ses valeurs, bien ferme et qu’on reste debout qu’on est respecté – et pas quand on s’allonge.

NICOLAS DEMORAND

Jean-Pierre RAFFARIN qui est en déplacement diplomatique en Chine a parlé d’une faute politique majeure dans cette affaire du citoyen d’honneur, Dalaï Lama par la Ville de Paris Ségolène ROYAL.


La faute politique, c’est là, d’aller à Pékin pourquoi, pour recoller quels morceaux ? Enfin c’est un spectacle je pense assez lamentable et en plus qui… On ne peut pas à la fois dire, comme le dit Nicolas SARKOZY hier, qu’il fallait qu’il consulte les autres pays européens, parce qu’au moment des Jeux olympiques, c’est la France qui serait présidente de l’Union et en même temps ne pas tenir compte de la façon dont agissent les autres chefs d’état en Europe, qui tous, condamnent l’attitude actuelle de la Chine.

PATRICK COHEN

Vous êtes toujours sur l’idée d’une menace, d’un boycottage complet des Jeux Olympiques, comme vous l’avez exprimé une fois, pas seulement de la cérémonie d’ouverture, des JO ?


Je suis convaincue que si l’ensemble des pays européens et la France avaient une responsabilité pour prendre une initiative dans cette direction, avaient menacé la Chine d’une non participation aux Jeux Olympiques, je suis convaincue que cela aurait été très efficace. Parce que les Chinois, qui sont un grand peuple et qui méritent le respect, respectent aussi ceux qui se font respecter. Et c’est un leurre de croire que parce qu’on est faible, parce qu’on est mou, parce qu’on est impuissant, qu’on va être respecté par les Chinois, c’est tout le contraire.

Voir la suite sur le site Désirs d'avenir.

Je le répète une autre politique est possible !



Ségolène Royal réagit à l'intervention de Nicolas Sarkozy sur France Inter.

Nicolas Demorand

Il est 8 heures 20, l’invitée de France Inter est ce matin la socialiste Ségolène ROYAL, présidente de la région Poitou-Charentes, bonjour et bienvenue !

Ségolène Royal

Bonjour !

« 90 minutes pour convaincre », le président de la République s’est exprimé hier soir à la télévision, l’enjeu c’était notamment de remettre de la lisibilité dans l’action, avez-vous été convaincue Ségolène ROYAL ?

Ecoutez, je crois que les Français sont inquiets aujourd’hui, la question est de savoir s’ils sont rassurés après cette émission ? Force est de constater que non. On est même plus inquiet après l’émission qu’avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel. Alors il a dit à cinq reprises, j’ai ma part de responsabilité, on sent d’ailleurs un peu la formule de communication, en clair, cela veut dire ; je me suis trompé. Mais il s’est trompé sur quoi ? Il ne nous l’a pas dit et quelles conséquences il en tire pour rectifier sa politique ? On ne le sait pas. Il a fait aussi beaucoup d’approximation, d’improvisation, Bernard GUETTA vient d’ailleurs de le dire, en politique étrangère. Il a dit des contrevérités sur la question des retraites. Il nous a dit qu’il allait financer le RSA par la suppression de la prime pour l’emploi, c'est-à-dire 4 millions de salariés modestes vont voir leur pouvoir d’achat baisser. Il n’a pas répondu sur les préoccupations concrètes des français. C'est-à-dire, rien sur le pouvoir d’achat, il a dit des aberrations sur l’éducation, il a par exemple dit, 15 % des élèves sont fichus à l’issue de l’école primaire. Je crois qu’un président de la République ne peut pas s’exprimer de cette façon là. Il a donné une image de la France en situation d’échec, en particulier sur l’Education nationale. Il a osé dire que c’était l’échec global de l’Education nationale, ce n’est pas vrai ! Enfin je crois que le Premier ministre avait dit qu’il attendait de cette émission une feuille de route – compte tenu de tout ce que je viens de dire et il y aurait encore beaucoup de choses à souligner sur les approximations, les contrevérités. Le sentiment que parfois, il ne maîtrisait plus les choses, je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute.

Donc pour vous, Ségolène ROYAL, le bilan de cette première année de présidence SARKOZY c’est un échec sur toute la ligne à vous entendre ?

Oui, c’est un échec grave, d’ailleurs les Français le savent, nous le sentons, la France est tirée vers le bas. Mais ce que je voudrais dire aux Français qui nous écoutent, c’est qu’une autre politique est possible. Il est possible et urgent de faire autrement. Parce qu’autrement, si à l’issue de cette année, que d’ailleurs Nicolas SARKOZY, de façon assez malhonnête attribue à des chocs extérieurs, il a identifié quatre chocs, en particulier la hausse du coût de l’énergie.

On ne peut pas le nier !

On ne peut pas le nier, mais tous les pays sont confrontés à la hausse du coût de l’énergie. Or l’Allemagne par exemple est en excédent commercial, on pourrait prendre plein d’autres exemples dans lesquels les pays prennent à bras le corps leur talent, leur potentialité, la France en a beaucoup. Je reviens d’Inde et je puis vous dire que nous n’avons aucun complexe à faire par rapport aux centres de recherches indiens et qu’au contraire, la France devrait aider les petites et moyennes entreprises innovantes à nouer des partenariats avec les grands pays émergents, donc il y a du potentiel.

Il dit, faisons le bilan dans cinq ans, au terme de mon quinquennat, on ne peut pas réformer un pays, qui sur des dossiers importants n’a pas bougé depuis plus de trente ans en un an.

La France a besoin de réformes, mais où sont-elles aujourd’hui, qu’est-ce que c’est qu’une réforme ? Une réforme c’est prendre des décisions pour que cela aille mieux, pas pour que cela n’aille plus mal. Une réforme c’est faire des choses avec les gens et pas contre eux. Or c’est ce qui est aujourd’hui en train de se passer, c’est de la brutalité, c’est beaucoup d’arrogance, contrairement à ce qui a été dit. Moi j’ai vu un Nicolas SARKOZY parfois méprisant à l’égard des Français, je viens de le souligner sur l’éducation. Il a dit des monstruosités sur la laïcité, une fois de plus, en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie et pas les enseignants – mais dans une société ce sont tous les adultes qui donnent du sens à la vie aux plus jeunes. Il a dit aussi des choses aberrantes sur la Chine, il a osé dire, pour se justifier qu’il se couche devant la Chine, disons les choses très clairement, il a osé dire que la Chine aidait le Darfour. Mais comment est-ce que la France qui est au Conseil de sécurité, est-ce que ce n’est pas inquiétant qu’un président de la République et membre permanent du Conseil de Sécurité ignore à ce point que chaque fois qu’il y a eu des résolutions contre le Soudan, la Chine a voté contre. Et donc, même sur la politique étrangère il ne nous a pas rassurés, au contraire c’est extrêmement inquiétant.

Il y a quelques mois, Ségolène ROYAL, vous reconnaissiez à Nicolas SARKOZY l’énergie dont il faisait preuve pour occuper la fonction présidentielle. Plus rien ne trouve grâce à vos yeux, donc, après douze mois de gouvernement et de présidence ?

Mais je crois qu’il est en train de payer et la France avec et c’est ça qui est grave, c’est pour ça, je crois qu’il faut que, à la fois l’opposition et les Français continuent à faire pression sur le gouvernement pour que la politique change et qu’il y ait de vraies réformes. Il est en train de payer la masse des mensonges qu’il a proférés pendant la campagne présidentielle. J’ai là sous les yeux un certain nombre de promesses. Souvenez-vous, plus 25 % immédiatement de l’augmentation des retraites. Travailler plus pour gagner plus, je propose la propriété pour tous, la crise du logement n’a jamais été aussi grave qu’aujourd’hui. L’allocation adulte handicapée, plus 25 %, on attend toujours. Le remboursement des soins d’optiques,

Il vous dit, rendez-vous dans cinq ans !

Attendez, le remboursement des soins d’optique, il avait dit exactement : les remboursements pour lunettes et le prothèses dentaires, on ne peut pas dire que c’est du confort. Le 5 février 2007, il avait dit : « on ne peut pas se trimballer avec une dent qui manque et c’est pareil pour les lunettes, ce n’est pas une question de mode, c’est une question de nécessité et je vais porter les remboursements à 50 % » et là le gouvernement est en train de faire le contraire, c'est-à-dire de diminuer les remboursements. Donc je crois que la situation est grave et hier, finalement, on a eu quelqu’un qui était satisfait de lui. Il a même osé dire, que cela allait mieux pour les Français, mais autour de nous, on ne voit que des Français qui disent que cela va plus mal. Moi je vais vous dire, qu’est-ce que c’est que gouverner ? Gouverner d’abord, c’est prévoir, c’est donner du sens aux choses. Hier on n’a eu aucun sens donné à la politique globale. Gouverner, c’est ensuite dire la vérité, il y a eu beaucoup de contrevérités qui ont été dites hier. Et enfin gouverner, c’est rectifier son action lorsque l’on fait des erreurs. Il a reconnu ses erreurs, c’est un truc de communication, si ce n’était pas un truc de communication,

Mais pourquoi est-ce un truc de communication Ségolène ROYAL ?...Vous, vous ne reconnaissez jamais vos erreurs ?

Si, je reconnais des erreurs, mais j’en tire les conséquences, c’est à dire que je rectifie les choses, je réajuste ce que je dis ou ce que je fais. Donc ce qu’on attend quand on reconnaît des erreurs, ce n’est pas seulement une opération de communication pour que ce matin les gens puissent dire : ah, eh bien il a reconnu ses erreurs, il est plus modeste qu’avant. Non, c’est d’aller jusqu’au bout de cette logique et c’est de reconnaître effectivement que dans le fameux paquet fiscal, au lieu de le diminuer… Ecoutez, moi j’ai proposé que le paquet fiscal avec les 15 milliards, on double la prime pour l’emploi pour les 8 millions de salariés – lui, il vient de dire le contraire, on va supprimer la prime pour l’emploi pour 4 millions de salariés, c’est quand même très grave.

Pour financer le Revenu de solidarité active.

Il fait de la redistribution entre les précaires et entre les gens modestes, au lieu de reprendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres, c’est ça que les gens attendent. Vous savez je l’ai entendu, il a défendu le bouclier fiscal, mais qu’est-ce que c’est que le bouclier fiscal ? Il y a même une personne qui a reçu un chèque de ristourne de 7 millions et demi d’euros, il y a eu 350 millions d’euros rendus à 15 000 contribuables, les plus riches. Donc, il faut arrêter ça, il faut cesser de redonner, cette année en 2008, 15 milliards au plus favorisés et encore en 2009, 15 milliards au plus favorisés. Parce qu’il faut que les Français comprennent bien que ces fameux cadeaux fiscaux, c’est tous les ans. Donc, il faut récupérer ces moyens là, pour les remettre là où c’est nécessaire, c'est-à-dire sur le pouvoir d’achat des salariés et sur l’innovation dans les entreprises. Je le répète une autre politique est possible !

Etes-vous candidate au poste de première secrétaire du Parti socialiste Ségolène ROYAL, c’est le ton qui est le vôtre ce matin ?

Vous savez, je pense qu’honnêtement, compte tenu des difficultés aujourd’hui que connaissent les Français et cela dans tout le pays, parce qu’il y a quelque chose de profond qui est en train de se déliter et en particulier la question des services publics. Vous savez, moi je préside une région d’1.600.000 habitants, qui est une région moyenne, donc représentative, donc, parlons concret quand même. Parce qu’il m’a semblé aussi que Nicolas SARKOZY était très éloigné des préoccupations..

Je vous pose concrètement la question, puisque, vous avez que l’intervention de hier soir et que la politique qui était menée impliquait de nouveaux devoir pour l’opposition, est-ce que vous êtes prête à assumer cette part là de responsabilité, que vous définissez vous-même pour l’opposition ?

Vous savez, le premier devoir de l’opposition, des élus d’opposition qui sont sur le territoire c’est d’essayer d’amortir les chocs d’une mauvaise politique, aujourd’hui et de quelque chose qui détruit des solidarités profondes. Vous savez dans la région que je préside, juste… cela va être très rapide ! Ecoutez-moi, il y a la suppression de neuf tribunaux d’instance et de deux tribunaux de commerce. Il y a la suppression de onze plateaux de chirurgie dans les hôpitaux, des villes petites et moyennes. Il y a quarante écoles qui vont fermer en milieu rural et écoutez-moi, il y a soixante quatorze suppressions de formation professionnelle pour les lycéens. Aujourd’hui les lycéens bloquent les lycées, pourquoi ? Parce qu’ils veulent travailler, il y a la suppression du Brevet d’enseignement professionnel, ce qui est grave pour les entreprises et ce qui est grave pour les jeunes. Eh bien moi, je dis qu’il est possible de faire autrement et la responsabilité de l’opposition aujourd’hui et même des français, vraiment, c’est d’exiger autre chose. C'est-à-dire qu’on cesse de casser ce qui fonctionne bien dans le pays, qu’on réforme l’Etat pour déployer les énergies qui sont sur le territoire et il y en a. Qu’on donne du potentiel aux Français qui veulent aller de l’avant et aux entreprises qui veulent aller de l’avant. Et je pense que comme ça, la France pourrait remonter la pente.

Dernière question, je vous la repose très rapide Ségolène ROYAL, votre responsabilité à vous, au sein de l’opposition, n’est-ce pas de dire aujourd’hui, oui je suis candidate à ce poste là, de première secrétaire pour faire marcher l’opposition comme j’estime qu’elle doit marcher aujourd’hui face à la politique de ce gouvernement et de ce président ?

Ecoutez, je pense qu’il ne faut pas réduire la politique à des candidatures, à des postes, parce que cela serait totalement décalé avec ce que la France connaît aujourd’hui. J’ai été candidate à l’élection présidentielle et donc je sais, pour avoir parlé aux Français, avoir convaincu 17 millions de Français qu’il y a une autre vision de la France, qu’il y a d’autres valeurs à mettre en mouvement – qu’il y a un potentiel formidable qui est aujourd’hui freiné et cassé par des réformes injustes et inefficaces. Et je le dis, le plus clairement, le plus fermement possible, parce que ma responsabilité c’est d’entretenir l’espérance aussi. C’est de dire aux Français que ce n’est pas possible de continuer comme ça pendant quatre ans. Et donc on va tout faire pour que de vraies réformes arrivent pour amortir les chocs sur les territoires que nous dirigeons, que nous gouvernons,

Ma question est simple Ségolène ROYAL, pourquoi vous ne voulez pas y répondre, oui ou non ?

Parce que je pense que ce n’est pas le moment et que c’est décalé par rapport au temps. Mais il ne vous a pas échappé, Nicolas DEMORAND, que j’assume mes responsabilités de leader politique, celles que j’ai eues et donc celles qui me donnent en effet des devoirs par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. Et c’est vrai que pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que cela passe vite, il faut s’y prendre tôt, parce que c’est un travail important. Parce que la France dans quatre ans, ne sera plus la même que celle qu’elle est aujourd’hui. Et pour cette échéance là, ce n’est un secret pour personne que je m’y prépare, bien évidemment.

Merci Ségolène ROYAL et à tout de suite, on vous retrouve dans Interactive.

publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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