Dimanche 22 juin 2008

Tous à la Maison de la Chimie


Chères amies, chers amis,

Je vous invite à une grande réunion de présentation de la contribution que nous soumettrons très prochainement aux militants du Parti socialiste. Elle se tiendra le Samedi 28 Juin de 10h à 13h à la Maison de la Chimie 28 rue Saint Dominique, Paris 7ème (Métro/RER Invalides, Bus n°63/69/83/93)

Notre contribution, notamment alimentée par les 2 500 textes que vous avez envoyés sur le site « Congrès utile et serein » ainsi que les compte-rendus de plus de 200 débats dans toute la France, nous permettra de poursuivre un débat riche et utile lors du Congrès du mois de novembre.

Nous comptons sur votre présence à tous !

À très bientôt,

Ségolène Roya l!!

Source : Désirs d'avenir

Ségolène Royal sur la déclaration de principe du PS

Lire en ligne : Déclaration de Ségolène Royal sur la Déclaration de principe du Parti socialiste.

Je sais qu’il y a bien du scepticisme autour de cette démarche, et ce n’est pas l’adoption unanime d’un texte qui suffira d’ailleurs à le lever, chacun le sait.

Mais je veux vous convaincre que cet exercice n’est pas anodin.

Ce texte, c’est en quelque sorte la carte d’identité du Parti socialiste. C’est celui qui permet à chaque militant, chaque adhérent, de répondre aux questions simples qui nous sont parfois posées : Qu’est-ce qu’être socialiste ? Pour qui, pour quoi luttez-vous ? Comment vous situez-vous par rapport au capitalisme et à l’économie de marché ? Quel est votre idéal ? Quels sont vos moyens d’actions ?

Ces derniers temps, les socialistes pouvaient donner l’impression qu’il y avait autant de réponses à ces questions (pourtant anciennes) que de dirigeants ! Il n’est donc pas inutile d’y mettre bon ordre, d’actualiser nos valeurs, nos références, nos principes.

Il y a dans cette nouvelle déclaration de principe des avancées qui méritent d’être soulignées. Les idées font leur chemin car, avec ce texte, bien des acquis de la campagne présidentielle font leur entrée dans la carte d’identité de notre parti.

En voici quelques exemples parmi d’autres :

- L’écologie : La déclaration de principe dit que le socialisme moderne a pour tâche essentielle, avec l’émancipation sociale, la sauvegarde de la planète et l’invention d’un nouveau modèle de développement, en rupture avec le productivisme qui a longtemps fait partie des références à gauche. Certes, il était temps. Mais c’est la première fois que l’environnement acquiert cette place centrale dans une déclaration de principe socialiste.

- Le PS réaffirme qu’il incarne une critique du capitalisme plus que jamais d’actualité à l’heure de la mondialisation et de la financiarisation. Ici, rien de neuf, mais cela va mieux en le disant ! Surtout, la déclaration clarifie ce que nous opposons au capitalisme : une économie sociale et écologique de marché, combinant secteur privé dynamique et secteur public efficace.

- La démocratie est affirmée comme une fin et un moyen dans ses quatre piliers : démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative.

- Et puis, de nombreuses références sont inscrites dans notre déclaration de principe pour la première fois : la place centrale du travail et le refus de l’assistance, une conception exigeante de la citoyenneté comprenant droits et devoirs, la sécurité des biens et des personnes pour tous, notre définition de la Nation française, le féminisme, des affirmations telles que « le PS est un parti décentralisateur » qui hier auraient soulevé de longs débats...

- S’y ajoute le respect des règles et des militants et l’exigence que les décisions collectives soient respectées.

Bien sûr, cette nouvelle déclaration ne clôt pas notre débat de congrès, elle l’ouvre. Elle n’est pas un aboutissement de la rénovation, mais un point de départ. Mais que tout cela soit désormais inscrit dans le patrimoine commun des socialistes, et qu’ils se rassemblent autour de lui, oui, je m’en félicite.

Ségolène Royal

Source : Désirs d'avenir

Chers amies, chers amis

J’ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne sur internet de notre nouveau site Désirs d’avenir. L’adresse ne change pas, vous la connaissez : www.desirsdavenir.org.

Mais ses nouvelles fonctionnalités, nouveaux habits et ses nouvelles couleurs sont plus adaptés aux enjeux qui sont les nôtres aujourd’hui. Outre les caractéristiques principales qui demeurent (actualités, discours de Ségolène, débats participatifs, etc.), vous trouverez quelques nouvelles fonctions.

Les comités locaux disposent désormais de leur propre agenda, qu’ils peuvent mettre en ligne eux-mêmes. Ainsi, les animateurs locaux pourront signaler les événements et les débats dans les régions, les départements, les territoires.

Autre nouveauté, les adhérents et les inscrits qui postent leur contribution ou leur commentaire pourront ajouter une photo à leur profil et visionner, sur la même page, tous les textes qu’ils ont écrits.
Cela ajoutera peu plus de convivialité, en quelque sorte, pour que ce site Internet continue à être une réelle communauté de rencontres et d’échanges.

Vous découvrirez également un nouvel onglet, entièrement dédié à nos « Jeunes d’avenir », qui, eux aussi, disposent dorénavant des mêmes outils que le site de Désirs d’avenir. Ils nous rejoignent en page d’accueil et géreront eux-mêmes les débats qu’ils souhaitent lancer.

Enfin, vous trouverez, en Une, directement sur la page d’accueil le blog de Ségolène Royal. En plus de la lettre d’informations qu’elle vous fait déjà parvenir régulièrement, vous pourrez ainsi visiter le site pour lire les récits de déplacements, ses interventions, ses argumentaires, ses réflexions et ses commentaires de l’actualité.

J’espère que ce nouvel outil nous permettra de mieux échanger, de mieux nous connaître. Utilisez-le, visitez-le et
enrichissez-le de vos contributions car il est fait pour vous.

Amitiés,

Jean-Pierre Mignard
Président de Désirs d’avenir

Source : Désirs d'avenir

Déclaration de Ségolène Royal sur la Déclaration de principe du Parti socialiste

Chers amis,

Demain, lors de la Convention nationale, les socialistes vont adopter leur nouvelle déclaration de principe.

Je sais qu’il y a bien du scepticisme autour de cette démarche, et ce n’est pas l’adoption unanime d’un texte qui suffira d’ailleurs à le lever, chacun le sait.

Mais je veux vous convaincre que cet exercice n’est pas anodin.

Ce texte, c’est en quelque sorte la carte d’identité du Parti socialiste. C’est celui qui permet à chaque militant, chaque adhérent, de répondre aux questions simples qui nous sont parfois posées : Qu’est-ce qu’être socialiste ? Pour qui, pour quoi luttez-vous ? Comment vous situez-vous par rapport au capitalisme et à l’économie de marché ? Quel est votre idéal ? Quels sont vos moyens d’actions ?

Ces derniers temps, les socialistes pouvaient donner l’impression qu’il y avait autant de réponses à ces questions (pourtant anciennes) que de dirigeants ! Il n’est donc pas inutile d’y mettre bon ordre, d’actualiser nos valeurs, nos références, nos principes.

Il y a dans cette nouvelle déclaration de principe des avancées qui méritent d’être soulignées. Les idées font leur chemin car, avec ce texte, bien des acquis de la campagne présidentielle font leur entrée dans la carte d’identité de notre parti.

En voici quelques exemples parmi d’autres :

-      L’écologie : La déclaration de principe dit que le socialisme moderne a pour tâche essentielle, avec l’émancipation sociale, la sauvegarde de la planète et l’invention d’un nouveau modèle de développement, en rupture avec le productivisme qui a longtemps fait partie des références à gauche. Certes, il était temps. Mais c’est la première fois que l’environnement acquiert cette place centrale dans une déclaration de principe socialiste.

-      Le PS réaffirme qu’il incarne une critique du capitalisme plus que jamais d’actualité à l’heure de la mondialisation et de la financiarisation. Ici, rien de neuf, mais cela va mieux en le disant ! Surtout, la déclaration clarifie ce que nous opposons au capitalisme: une économie sociale et écologique de marché, combinant secteur privé dynamique et secteur public efficace.

-      La démocratie est affirmée comme une fin et un moyen dans ses quatre piliers : démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative.

-      Et puis, de nombreuses références sont inscrites dans notre déclaration de principe pour la première fois : la place centrale du travail et le refus de l’assistance, une conception exigeante de la citoyenneté comprenant droits et devoirs, la sécurité des biens et des personnes pour tous, notre définition de la Nation française, le féminisme, des affirmations telles que « le PS est un parti décentralisateur » qui hier auraient soulevé de longs débats...

-      S’y ajoute le respect des règles et des militants et l’exigence que les décisions collectives soient respectées.

Bien sûr, cette nouvelle déclaration ne clôt pas notre débat de congrès, elle l’ouvre. Elle n’est pas un aboutissement de la rénovation, mais un point de départ. Mais que tout cela soit désormais inscrit dans le patrimoine commun des socialistes, et qu’ils se rassemblent autour de lui, oui, je m’en félicite.

Source : Désirs d'avenir

Le mépris du dialogue social : les syndicats trahis

À Paris, le gouvernement a d’abord incité les syndicats à négocier. Alors la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont accepté, à titre expérimental, d’assouplir les règles relatives aux contingents d'heures supplémentaires. On leur a promis de reprendre leurs propositions dans la loi. En récompense : une trahison ! Dans le projet dévoilé en fin de semaine dernière par le gouvernement, on découvre la possibilité, contestée par les syndicats, de déroger aux 35 heures.

François Chérèque s’estime « trompé par le ministre du Travail », tandis que Bernard Thibault s’offusque de la méthode et du contenu du projet de loi relatif au temps de travail, qui « modifie autoritairement les 60 articles du code du travail ». « C’est gravissime », juge-t-il à raison.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, à Bruxelles, le gouvernement français a lâché nos voisins espagnols, belges, grecs ou hongrois qui ont vivement critiqué, d’une seule voix, l’autorisation de pousser la durée maximale du travail à 60, voire 65 heures, dans l’Union européenne.

Voilà le résultat d’une politique gouvernementale qui méprise le dialogue social. Non seulement c’est gravissime pour les garanties collectives, mais c’est aussi une forme de sabotage de toute tentative future de réforme. Aucune réforme n’est juste et efficace si elle ne respecte pas le dialogue social et si elle le décrédibilise comme l’a fait le gouvernement.

Si la loi n’est pas fidèle à l’accord et étend de nouvelles dérogations aux 35 heures, quel crédit les syndicats pourront-ils apporter encore à une négociation ?

Source : Désirs d'avenir

Nouveau design pour le site de Desirs D'avenir !

http://desirsdavenir.org

Ségolène Royal critique "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant"

Ségolène Royal, a critiqué samedi devant des militants socialistes à Bordeaux "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant", à propos notamment de la flambée du prix des carburants.
Si "les caisses sont vides" c'est "parce qu'ils les ont vidées", a Ségolène Royal, qui a jugé que l'on était face à "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant", particulièrement face à la hausse des prix de l'énergie.

Dans ce cadre, elle a appelé à "prélever les profits de Total, qui sont un bien collectif", afin d'investir "80% de ces profits dans les énergies renouvelables" et de "préparer l'après-pétrole".

"Notre principale priorité, ce doit être de s'opposer de toutes nos forces" à la politique menée par le gouvernement, a également affirmé Ségolène Royal, qui a en outre jugé que "sur la scène internationale Nicolas Sarkozy ne fait pas particulièrement honneur à la France".

A propos du processus de désignation du prochain Premier secrétaire du Parti socialiste, qui doit intervenir lors du congrès du PS en novembre à Reims, Ségolène Royal a jugé que le "calendrier est extrêmement long, sans doute trop long".

"Nous avons besoin d'un leader, d'une équipe, d'un projet", a-t-elle poursuivi, ajoutant que "malheureusement, les socialistes allaient devoir attendre le mois de novembre".

En début d'après-midi, la présidente de la région Poitou-Charentes s'était également rendue dans le Lot-et-Garonne, dans le cadre d'un déplacement sur le thème du grand âge et de la maladie d'Alzheimer.

Source : Désirs d'avenir

Voir loin : l’après-pétrole

Face à ce constat dramatique sur nos ressources énergétiques, le sursaut est impérieux. Comment se fait-il que les éoliennes aient été inventées par des Français, expérimentées dans les années 1950 dans la Beauce et que la France n’en construise pas – ou très peu ? Comment se fait-il que notre pays ne produise quasiment pas d’énergie solaire ou géothermique ?
Il faut une réelle mobilisation nationale. Car c’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Elle était prévisible, nous n’y sommes pourtant pas prêts. Il va falloir nous adapter beaucoup plus vite que ce qu’on croit à une nouvelle manière de nous éclairer, de nous chauffer, de nous déplacer.

En attendant de pouvoir généraliser des solutions alternatives au pétrole, nous devons tenter de corriger les inégalités qu’entraîne la hausse du prix du baril. Surtout, sans attendre l’après-pétrole, nous devons investir dès maintenant et massivement dans les énergies renouvelables et changer nos modes de consommation. J’ai dit samedi à Bordeaux que l’État, géré actuellement par la droite, était irresponsable, impotent, imprévoyant. Comment peut-on rester à ce point immobile face à une révolution énergétique de cette nature ?

Que la France seule ne soit pas en mesure de faire baisser le prix du brut, soit. Mais que le gouvernement français n’ait pas les moyens de corriger les conséquences néfastes de ces prix exorbitants sur la vie quotidienne des Français, je n’y crois pas. Il faut arrêter d’insinuer que l’État ne peut rien.
Transformer nos modes de vie pour les rendre moins gourmands en énergie et plus autonomes, dans les campagnes ou même dans les villes, c’est possible. Les incitations fiscales pour forcer les entreprises génératrices de profits à investir dans des solutions écologiques, c’est possible.
L’entreprise Total, quatrième producteur mondial de pétrole et première entreprise de France, a encaissé plus de 12 milliards de bénéfices en 2007. Ses profits croissent évidemment à mesure que le prix du pétrole explose. Il faut donc organiser une meilleure redistribution des bénéfices et inciter les compagnies pétrolières à investir dans les énergies renouvelables. J’ajoute que le Royaume-Uni taxe déjà de cette manière British Petroleum.

L’idée de taxation des méga-profits réalisés par Total que j’ai avancée dernièrement a été reprise par les autres dirigeants socialistes. Bertrand Delanoë d’abord, dimanche, a appelé à « taxer Total ». Stéphane Le Foll, lundi, a même rappelé que le géant pétrolier « a profité du poids de la diplomatie française » pour ses implantations internationales. Nous sommes sur la même longueur d’onde pour mieux répartir la richesse de notre pays.

C’est ainsi que je conçois le Parti socialiste. Révoltés par les injustices grandissantes dont souffrent les Français, unis autour des mêmes propositions, confiants en la possibilité d’une autre politique, nous, socialistes, parviendrons à combattre une droite qui n’a pas compris que le monde change.

Source : Désirs d'avenir

Ségolène Royal critique "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant"

Ségolène Royal, a critiqué samedi devant des militants socialistes à Bordeaux "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant", à propos notamment de la flambée du prix des carburants.

Si "les caisses sont vides" c'est "parce qu'ils les ont vidées", a Ségolène Royal, qui a jugé que l'on était face à "un Etat impotent, impuissant, irresponsable, imprévoyant", particulièrement face à la hausse des prix de l'énergie.

Dans ce cadre, elle a appelé à "prélever les profits de Total, qui sont un bien collectif", afin d'investir "80% de ces profits dans les énergies renouvelables" et de "préparer l'après-pétrole".

"Notre principale priorité, ce doit être de s'opposer de toutes nos forces" à la politique menée par le gouvernement, a également affirmé Ségolène Royal, qui a en outre jugé que "sur la scène internationale Nicolas Sarkozy ne fait pas particulièrement honneur à la France".

A propos du processus de désignation du prochain Premier secrétaire du Parti socialiste, qui doit intervenir lors du congrès du PS en novembre à Reims, Ségolène Royal a jugé que le "calendrier est extrêmement long, sans doute trop long".

"Nous avons besoin d'un leader, d'une équipe, d'un projet", a-t-elle poursuivi, ajoutant que "malheureusement, les socialistes allaient devoir attendre le mois de novembre".

En début d'après-midi, la présidente de la région Poitou-Charentes s'était également rendue dans le Lot-et-Garonne, dans le cadre d'un déplacement sur le thème du grand âge et de la maladie d'Alzheimer.

Source : Désirs d'avenir

La gauche américaine bouge, la droite française piétine


Les 35 heures

J'estime que la droite a trahi la parole donnée aux partenaires sociaux, qui avaient signé un compromis historique. Pour se réformer de façon juste et durable, la France a besoin du dialogue social entre organisations représentatives, c'est-à-dire d'une vraie démocratie sociale. Aujourd’hui plus que jamais. Et c’est cette condition que le gouvernement vient de mettre à mal.

Le 10 avril dernier, la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont conclu un accord inédit sur les nouvelles règles du dialogue social en France. Pour démocratiser le dialogue social, les partenaires sociaux estiment que tout accord devrait être désormais signé par des syndicats représentants une majorité des salariés concernés. Symbole de ce compromis historique, la CGT et la CFDT avaient même accepté qu'un accord majoritaire assouplisse, à titre expérimental, les règles relatives aux contingents d'heures supplémentaires.

C'est cette avancée fondamentale de la démocratie sociale que la droite a piétiné en permettant à des organisations minoritaires d'assouplir les contingents d'heures supplémentaires fixés par la loi. Un sacrifice de l’intérêt général pour donner des gages à une droite aux abois. Au final, un formidable gâchis.

L’éducation et les annonces de Nicolas Sarkozy

Dans l'éducation, les coup durs sont déjà donnés. 11 000 postes supprimés en 2007/2008, 20 000 suppressions prévues pour l'année prochaine. La vraie « réforme » de l'éducation de Nicolas Sarkozy est à observer de ce côté-là, beaucoup plus que dans ses dernières annonces.
Les intentions et les promesses de réforme sont souvent floues et n'engagent que ceux qui y croient encore. « Imaginer un lycée beaucoup plus souple. » Pourquoi pas ? Mais qui peut nous dire comment le gouvernement va traduire ce vœu pieu en actes concrets ?

Sur la formation des enseignants, les annonces ont, pour une fois, été précises. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu supprimer les IUFM sans le dire explicitement, pour faire des économies. La formation des enseignants se ferait donc à l'université, tout simplement. Sans aucun enseignement qualifiant. L'inquiétude des professeurs et de ceux qui souhaitent le devenir est légitime.

Je continue de prétendre qu’une autre politique éducative est possible.

Les émeutes de la faim

La crise alimentaire dans le monde est sans précédent. Elle touche des centaines de millions personnes dans les pays les plus pauvres de la planète.

Les causes sont bien connues : hausse de la demande des grands pays émergents, développement de l'élevage au détriment des cultures, hausse du prix de l'énergie, accidents climatiques...

Les propositions de Nicolas Sarkozy ne sont pas à la hauteur du drame actuel et de la capacité d'initiative de la France : une meilleure coordination des organisations internationales, même si elle est indispensable, est nettement insuffisante.

Je rappelle que l'aide publique au développement a diminué depuis un an, repassant en dessous du seuil de 0, 5 % de la richesse nationale, cela sous les coups de butoir d’une politique étrangère incohérente et au mépris des engagements pris par la France il y a quelques années.

Il nous faut commencer par respecter nos engagements internationaux pour l'aide publique au développement, sous forme de subventions « cash » et non pas de simples annulations de dette.

Je propose aussi qu'on étudie un mécanisme de stabilisation des prix agricoles dans les pays pauvres, sous la responsabilité de la Banque mondiale. La crise actuelle nous montre que nous ne pourrons nous passer plus longtemps d'une politique agricole mondiale.

Ségolène Royal

Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association  Désirs  d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion 

Si vous souhaitez soutenir l'association Désirs d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/pdf/bulletin.pdf

Source : Désirs d'avenir

Déclaration de Ségolène Royal sur les primaires américaines

Je suis très heureuse du beau succès de Barak Obama à l'issue des élections primaires américaines et je tiens à lui adresser mes félicitations les plus chaleureuses. Je l’avais soutenu dès le départ, avant même qu’il ne devienne favori. C'est un choix historique, celui d'un porteur d'espoir qui a prouvé, durant ces primaires âprement disputées, qu'il incarnait pour son pays un formidable désir de changement et d'avenir. Il incarne l’Amérique d’aujourd’hui etde demain, l’Amérique métissée. Il a massivement mobilisé les jeunes, de toutes origines.

Aux Etats-Unis, le 4 Février dernier, je me suis mêlée à la foule d'un de ses meetings à Boston et j'ai vu la ferveur que suscitait son message auprès d'Américains de tous âges et de toutes origines, fraternellement unis.

De tous les procès instruits contre lui, Barak Obama a su faire une force sans jamais se laisser aller à répondre aux coups bas. Sa campagne populaire et citoyenne, son parti-pris de rassembler, sa capacité à faire bouger les lignes sans sectarisme, sa fermeté sur des valeurs fondamentales ont réconcilié avec la politique beaucoup de ceux qui s'en étaient détournés, à commencer par les plus jeunes.

A l'inverse de tant de responsables politiques qui se disent expérimentés, il a eu, sur l'intervention américaine en Irak, un jugement lucide et c'est, pour en finir avec les errements des années Bush, un atout de poids.

Je lui souhaite aujourd'hui d'avoir, pour l'épauler dans la campagne qui s'ouvre, un Parti soudé à ses côtés car c'est une des conditions de la victoire.

Source : Désirs d'avenir

Revue de presse des régions lors des déplacements de Ségolène Royal


© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Lorraine / Société

Ségolène Royal met la pression

Tournée des syndicats, visite de Corus rail à Nilvange, prise de parole sur le piquet de grève CGT du site de Gandrange… Cette nouvelle irruption de la socialiste a fait un tabac.

L'adversaire de Nicolas Sarkozy a exigé hier, en Moselle, le respect des engagements pris par l'Etat et par l'industriel dans la restructuration de l'aciérie de Gandrange.

Tournée des popotes syndicales, visite de Corus rail à Nilvange, prise de parole sur le piquet de grève CGT du site de Gandrange… Comme attendu, cette nouvelle irruption de la socialiste dans le dossier de « la délocalisation de confort » opérée par MittalArcelor a fait un tabac. S'immergeant dans cette France du labeur et de la crise, première étape sur le chemin de la conquête du PS, l'ex-candidate à l'Elysée s'ancre dans le pays réel. Celui auquel l'actuel locataire de l'Elysée avait promis de revenir, d'ici fin juin, graver dans le marbre les promesses de Lakshmi Mittal sur la revitalisation de la filière. Une pilule qui ne passe pas. Le cédétiste Edouard Martin l'a rappelé hier avec émotion, à l'intention de Royal alors en mairie de Fameck. « La plaque de marbre attend toujours dans le garage. Et ça n'est pas une plaque funéraire. On n'a pas le droit de jouer avec nous. Attention à la "Gandrangite" qui ronge cette vallée ! Elle symbolise le manque d'anticipation des industriels. D'ici 2012, les effectifs baisseront de 40 % et on n'a toujours pas mis en place les outils pour opérer les transferts de compétences. Chaque semaine qui passe est une semaine perdue. On est en danger de mort. »Au diapason, Ségolène Royal ne mégote pas son soutien. Elle le fait à la manière d'un Besancenot. Prudente, elle se garde d'ailleurs de tout coup de griffe à l'endroit du postier de la LCR, qui lui a grillé la politesse à Gandrange (lire ci-contre). Daniel, militant rallié au ségolénisme, s'en charge pour elle, remonté par cette singulière concordance de calendrier : « C'est Sarko qui a mis un billet de train dans la poche de Besancenot. Sa pire crainte, c'est un nouveau duel contre Ségolène, il préférerait affronter Delanoë, alors il nous balance Besancenot dans les pattes. » Voilà pour l'explication, livrée brute de décoffrage dans la chaleur et le vacarme de la grande halle de Corus rail.

En opposante acharnée, Royal étrille l'impuissance du gouvernement. « Ce que je retiens de cette journée, c'est ce manque d'anticipation. On mesure à quel point il est nécessaire de prendre en compte l'expertise des salariés. Il faut accorder par la loi un pouvoir d'alerte aux syndicats. Cette méthode a fait ses preuves dans d'autres pays européens, où, je le répète, un site industriel ne pourrait pas fermer dans de telles conditions, dans un secteur d'activité ­ l'acier ­ en croissance de 5 % par an. »

A celle qui réclame le remboursement des aides publiques et le respect des engagements pris en matière de reclassement, Jean-Pierre Masseret suggère un état des lieux des sommes versées. Mais déjà son homologue de Poitou-Charentes embraye à l'intention des représentants de salariés : « C'est vous qui défendez le fleuron de l'industrie française, en lieu et place de l'Etat qui devrait pourtant être au corps à corps avec cette réalité sociale et industrielle. Au lieu de sa scandaleuse désinvolture, le président de la République devrait incarner l'avant-garde de ce combat », conclut l'oratrice dans un vibrant élan de patriotisme économique.

Entre deux appels à la mobilisation, Royal retrouve ses réflexes de candidate. Le temps d'un déjeuner avec le maire de Metz, suivi de son soutien apporté à Clément Arnould, premier adjoint de Fameck en lice pour la cantonale partielle en remplacement de Gérard Lamm, elle sonde les coeurs et les reins pour la nouvelle partie qui se joue. Celle-là la concerne au premier chef. Pour être chef. Mais sans bataille de chefs. A ce qu'elle promet.

Xavier BROUET.


© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Metz / Actualité

« Ségolène me porte chance ! »

Dominique Gros maire de Metz et Michel Liebgoitt (député) accueillent Ségolène Royal en gare de Metz.

Pour la seconde fois en trois mois, Dominique Gros a accueilli sur ses terres Ségolène Royal. Non plus en qualité de candidat aux municipales, comme au mois de février, mais ceint de l'écharpe de premier magistrat. Le maire est donc allé quérir l'ex-candidate à la présidentielle (et désormais candidate à la tête du parti socialiste) en gare de Metz, hier à midi. « Que voulez-vous, elle me porte chance ! », s'est enflammé Dominique Gros, qui avait convié son hôte à un déjeuner à l'hôtel de ville, auquel participaient également les députés Aurélie Filipetti et Michel Liebgott, le patron du PS en Moselle Jean-Marc Todeschini, le président de la Région Jean-Pierre Masseret, et le sénateur de Paris David Assouline. Au menu : saumon fumé et volaille aux morilles, arrosés d'un petit vin d'Alsace. Selon l'un des participants, il ne fut « nullement question » de la guerre des chefs au PS mais seulement de l'avenir du site de Gandrange et… de la politique de Sarkozy. La victoire de la gauche à Metz fut, tout de même, évoquée entre la poire et le fromage.


© Le Républicain Lorrain, Mercredi le 21 Mai 2008. / Thionville / Actualité

Ségolène, la sidérurgie et la politique

Celle qui brigue la tête du Parti socialiste était là pour « comprendre, entendre et écouter » comme l'a indiqué Clément Arnould. /

Hayange, Gandrange, Fameck… Ségolène Royal, accompagné des ténors locaux du Parti socialiste, a passé sa journée dans les Fensch et Orne Vallées…

18h30 tapantes, Ségolène Royale est entrée espace Victor-Hugo à Fameck. Pour l'accueillir, une nuée de photographes, plutôt qu'une foule en délire. Rayonnante, à peine marquée par cette folle journée frappée du sceau de la sidérurgie et du développement économique, celle qui brigue la tête du Parti socialiste a pris place sur une tribune fortement chargée d'élus. Tous socialistes, forcément. Composée d'une majorité de femmes… incontestable signe des temps.

A ses côtés, quelques hommes tout de même. Dont Michel Liebgott, député-maire de Fameck et, l'autre star de la soirée, Clément Arnould. L'actuel candidat à la cantonale partielle du canton de Fameck, arrivé largement en tête du premier tour (47,72 %) devant son challenger UMP Rémy Sadocco (23,76 %). Le tout avec une abstention record de près de 75 %… autre signe des temps.

Car hier, finalement, il n'y avait pas tant de monde que ça. Une petite centaine de curieux, jeunes, couples, familles avait certes fait le déplacement, arrivant au compte goutte salle Victor-Hugo, portable bien en main pour ne pas rater la photo. Carnet et stylo déjà sortis pour oser l'autographe. Le discours de Ségolène sur la sidérurgie en danger, les délocalisations, l'amendement Gandrange que les députés PS vont tenter de faire passer… a bien peu passionné les foules. Ségolène joue de son image. Hier, elle donnait le sentiment d'en avoir été victime, même si Clément Arnould affirmait qu'elle était là pour « comprendre, entendre et écouter » la problématique liée au monde industriel et notamment la sidérurgie. « Elle est aussi venue rencontrer le public. Il n'y a qu'elle qui peut rassembler avec un message novateur, capable de trouver une majorité élargie ».

Source : Désirs d'avenir

Ce que j’ai toujours dit sur la question du libéralisme et ce que je redis


Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :

CITATIONS

1) « Dimanche + », le 25 mai 2008

«(…) Il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres et en l’occurrence, je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redéfinir le contenu du mot socialisme, c'est-à-dire pour l’adapter aux défis du temps présent qui n’existaient pas au XIXe siècle. Les déplacements massifs de population, le réchauffement planétaire, les grandes pandémies, les masses financières qui se déplacent à l’échelle planétaire à la recherche de placements spéculatifs, la crise alimentaire qui est due à la spéculation sur les denrées alimentaires.

Donc ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est comment, avec de nouvelles règles et de nouveaux principes,on garantit à chacun l’accès au bien public collectif, c'est-à-dire manger, se loger, s’éduquer, se soigner et travailler ou être utile aux autres. Donc dès lors que l’on pourra garantir à chacun, d’abord en France mais aussi à l’échelle planétaire, ces fondements même de la dignité humaine, alors le socialisme aura réalisé un idéal (... ). »

« (…) Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! (…) »

« (…) Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays, par rapport aux Etats-Unis. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts et d’écrasement des bas salaires, d’insécurité, de creusement des inégalités et donc de violence, qu’il fournit de la violence (…). »

(…) Ce qu’a dit Jaurès sur la question est très important parce que c’est très moderne. Ça reste très moderne, parce qu’il avait déjà intégré cet héritage-là, des droits et des libertés individuelles, au socialisme… mais agrandi à la dimension sociale de l’homme. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il nous manque dans le monde dans lequel nous sommes, par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros, qu’est-ce qui nous manque ? Il nous manque du social, et les socialistes ne sont pas pour le social contre l’économique, ils pensent que l’un ne va pas sans l’autre (…). »

2) Le Point du 27 mars 2008

« De quel libéralisme parle-t-on ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose ». La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! »

« Mais si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, du laisser-aller, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là (…). »

« La bonne question est : que fait-on pour que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers, mais pour qu’ils servent au bien-être de tous ? Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple qu’il était impossible de conditionner les aides aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l’ai fait en Poitou-Charentes et nous sommes aujourd’hui l’une des régions mieux placées en termes de créations d’entreprises ! »

3) Maintenant, Ségolène Royal répond à Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, mars 2007

"Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même (…).

(...) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale."

COMMENTAIRES

Suite à ce que j’ai dit, voilà ce que je voudrais rajouter :

Sur le « libéralisme »

Une chose est de « ne pas jeter l’opprobre » sur le mot, mot qui a eu un sens face aux despotismes et au totalitarisme, notamment collectiviste, une autre est d’en faire aujourd’hui son étendard et de se l’approprier au point d’affaiblir le socialisme.

Le mot « libéral » a un sens, et ce sens, c’est celui que nos adversaires lui ont donné. Le libéralisme a été préempté par une droite dure et, aujourd’hui, c’est le mot d’un capitalisme inquiétant, même lorsqu’il n’est pas accompagné du terme d’ « ultra ».

Les libertés politiques et les droits de l’homme sont intégrés dans le socialisme démocratique depuis bien longtemps. Il est donc inutile de se dire libéral. C’est une source de confusion et c’est dangereux.

La modernité politique ne passe pas par l’acceptation d’un libéralisme qui, à force de déréglementation, symbolise la perte de repères et l’écrasement de la personne humaine. Elle passe par la définition d’un socialisme du 21ème siècle, qui aille au-delà de simples ajustements à la marge des méfaits du libéralisme.

Notre désaccord avec la droite porte sur la protection des libertés et la définition de nouveaux droits, mais aussi sur la politique économique et sociale (paquet fiscal, franchises médicales, casse de l'éducation nationale, abolition des 35h, retraites…).

Se dire libéral et socialiste, c’est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l’individu, de la liberté ou de l’efficacité économique et qu’il a besoin pour cela de l’apport du libéralisme. Or rien n’est plus faux.

Car être socialiste, c’est :

- voir que les services collectifs rendent les individus plus forts et d’une certaine façon plus libres (comment être libre quand on n’arrive pas à se loger, à se nourrir, ou quand on sort du système scolaire sans qualification ?) ;

- mettre les sécurités et la solidarité au service de la libération des énergies et de la prise de risque (comment avoir l’esprit d’entreprise quand on vit dans l’incertitude et la précarité ?);

- faire de la lutte contre les inégalités un moyen pour que chacun contribue à la richesse du pays et à sa compétitivité (comment se priver du dynamisme des jeunes des quartiers populaires ?) ;

Le socialisme n’a pas besoin de se dire libéral. En luttant contre les inégalités, il réalise, lui, la promesse de liberté que ne tient pas le libéralisme. Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint.

Sur la question du Parti et des alliances

Nous voulons d’abord un parti fort car ouvert sur la société, ferme sur ses convictions et ses valeurs.

Le parti socialiste doit être un centre de gravité pour la gauche. Une fois qu’il aura réaffirmé ses valeurs et défini son projet, tous ceux qui partageront ses ambitions, à gauche comme au centre, pourront nouer des alliances avec lui.

Source : Désirs d'avenir

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Dimanche 1 juin 2008
Jeunes d'avenir 86

Bonjour à tous, 

Nous vous annonçons la création de "Jeunes d'avenir 86", groupe dépendant de l'association Désirs d'avenir, qui se veut être un lieu de débats et de réflexions sur les problématiques de société liées à la jeunesse.

 

Notre première réunion aura lieu en Juin 2008 , nous vous donnerons bientôt le nom de la salle où se tiendra cette réunion, nous vous invitons à venir et à inviter des gens autour de vous à participer à cette première réunion qui se déroulera autour du thème de

La Précarité chez les jeunes (santé, logement, travail)

Nous vous invitons à venir nombreux et nombreuses à ce premier rendez-vous souhaité par Ségolène Royal dans le cadre des réflexions pour la rénovation de la gauche.
 

Nous attendons votre réponse, bien à vous, Arnaud Fage et Sebastien Affre (co-animateurs départementaux)

Envoyez nous rapidement vos coordonner sur mon mail pour que nous puissions vous contacter

arno.fage@gmail.com

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Dimanche 1 juin 2008

«Nous ne devons pas rester entre nous»


Interview de "Libération"

Ségolène Royal confie à «Libération» son état d’esprit et sa conception du Parti socialiste.

Comment expliquez-vous la brusque accélération de votre confrontation avec Bertrand Delanoë ?


Ce n’est pas une confrontation. Et d’ailleurs, je n’ai pas l’intention de me laisser enfermer dans un duel. En même temps, un débat est légitime dès lors qu’il correspond à de vrais choix.

Pourquoi avoir insisté sur vos différences concernant la question du libéralisme ?

Parce qu’il me semble utile de répondre sincèrement aux questions qui ont été posées à ce sujet. Les choses sont claires. Les libertés sont depuis longtemps intégrées au socialisme Mais aller jusqu’à dire comme l’a fait Bertrand : "je suis libéral", je crois que ça conduit à la confusion. Je pense qu’il y a déjà tellement à faire pour inventer le socialisme du XXIe siècle qu’il n’est pas utile d’aller prendre le vocabulaire et le concept de nos adversaires. Le débat central, c’est celui sur la démocratie, car comme disait Jaurès, le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout.

Pourquoi avoir souligné la proximité du maire de Paris avec Lionel Jospin ?

Elle est réelle. Cette proximité avec l’auteur du livre qui s’appelle l’Impasse est-elle dénuée de signification ?

Que répondez-vous à ceux qui agitent le spectre d’un congrès de Rennes ?

Ce qui était abominable au congrès de Rennes, c’est que les militants se sifflaient, et ne s’écoutaient pas. Avec Bertrand et j’en suis sûr tous les autres dirigeants, nous sommes suffisamment responsables pour faire en sorte que le débat se fasse dignement et que les militants puissent voter sereinement. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet.

Selon les «reconstructeurs», il faut absolument éviter la confrontation Delanoë-Royal…

Une fois de plus, ce n’est pas une confrontation. On ne peut pas empêcher des responsables socialistes de soumettre un texte aux militants ! Ceux-là, au fond, veulent que rien ne bouge, que tout reste comme avant. Si on craint le débat, d’ailleurs, où va-t-on ? Les socialistes peuvent être fiers de débattre publiquement de leur orientation politique. Quel autre parti en France le fait de façon aussi démocratique ? Aucun. Moi je veux un congrès serein et utile et je ferai tout pour cela.

Vous avez annoncé, le 16 mai, votre intention de prendre la tête du parti. Pourquoi cette date ?

C’était le juste moment. Mais je n’ai pas dit «prendre», au contraire, je veux offrir. Et faire, dans la cohérence de la campagne présidentielle des socialistes, une offre politique tournée vers l’avenir et sereinement soumise au vote des militants. C’est ne rien faire qui serait surprenant de ma part.

Ceux que vous avez soutenu vous soutiennent-ils à leur tour pour le congrès ?

Je n’ai jamais conçu la politique comme un troc. Les élus sont libres de leur choix. J’ai donné beaucoup de temps et d’énergie aux candidats aux municipales, quelle que soit leur sensibilité. Jamais je n’ai demandé en contrepartie un soutien pour le congrès. C’est ma façon de rendre ce qui m’a été donné et c’est toujours un honneur d’être sollicitée.

Vous ne semblez pas bénéficier de la même dynamique que lors des primaires de 2006. L’attentisme des grandes fédérations ne vous inquiète-t-il pas ?

Mais je ne suis nullement inquiète. Je travaille et ce sont les militants qui décideront. Ce qui est important, c’est de comprendre que nous, socialistes, et plus largement la gauche, nous sommes regardés par tous les Français inquiets de subir les crises et les dégâts de la politique de la droite. Ils se demandent si une autre politique est possible. Ce que j’affirme. C’est cela le véritable enjeu du congrès et celui de la mutation du parti. Les bons résultats des municipales ne doivent pas occulter la très forte abstention. Il y a un rejet de la droite, mais pas encore d’adhésion aux socialistes. Le travail à fournir est donc considérable.

Depuis le deuxième tour de la présidentielle, le temps n’a-t-il pas joué contre vous ?

La dynamique de la campagne présidentielle aurait pu, c’est vrai, être utilisée plus vite et plus fort par le PS pour engager le congrès, c’est-à-dire le débat d’idées dans la foulée des municipales. Mais inutile de polémiquer. Maintenant, il faut regarder devant.

Le calendrier du PS n’était-il pas conçu, justement, pour vous bloquer la route ?

La question n’est pas de savoir si ce calendrier est bon ou mauvais pour moi, mais pour le parti et, au-delà, pour notre capacité à répondre aux préoccupations concrètes qui tenaillent les Français. Et aujourd’hui, avec autant de candidats au premier secrétariat qu’à la Villa Médicis, nous donnons un spectacle un peu baroque ! Pendant ce temps-là, la droite démantèle les fondamentaux de la société française : durée du travail, santé, éducation, dans un contexte de très grave creusement des inégalités.

Qu’est-ce qui doit changer en priorité au PS ?

Nous ne devons pas rester entre nous. Les Français et en particulier les 17 millions d’électeurs qui ont voté pour nous à la présidentielle ont le droit de savoir comment s’organise la principale force d’opposition et de proposition du pays. Or, force est de constater que les procédures sont très complexes. Il y a urgence à les reconnecter avec la réalité. Quand je suis allé hier matin à La Rochelle revoir les pêcheurs pour m’assurer que les aides d’urgence de la région étaient bien versées aux familles en grande détresse, je me disais intérieurement qu’il faut vraiment que ce congrès empoigne à bras-le-corps le traitement de toutes les crises qui sont beaucoup plus profondes qu’on veut bien le dire.

Quel doit être le rapport du parti à ses militants ?

Le PS doit devenir le parti de toute la société française. Je pense que l’esprit d’innovation dont il a fait preuve dans la désignation interne en incitant de nombreux électeurs de gauche à nous rejoindre par une adhésion à 20 euros, a contribué fortement à nous ouvrir. Nous nous fixons l’objectif d’un parti à 700 000 adhérents. La question est de savoir comment y parvenir, comment être plus attractif, comment devenir le parti de toute la société. Je pense en particulier à tous les jeunes des quartiers populaires qui ont massivement voté à gauche à la présidentielle. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d’adhérer au PS. Il nous manque des employés, des ouvriers, des femmes et la France métissée à l’égard de laquelle je me sens une responsabilité particulière. Car c’est d’abord en pensant à tous ces jeunes plein d’espoir dont les regards qui m’imprègnent ne sont pas prêts de s’effacer, que je m’engage dans ce congrès.

La pratique, dans les sections et les fédérations, est pourtant loin de celle d’un parti de masse…

Mais les fédérations ne demandent que cela, j’en suis sûr. Enormément d’idées remontent des militants dans la consultation participative que nous avons lancée : simplifier les adhésions, déléguer aux fédérations des travaux thématiques et la responsabilité de certains sujets, ouvrir nos débats aux sympathisants, organiser des consultations régulières. Nul ne doit plus se méfier des nouveaux adhérents, au contraire.

Votre méthode de préparation du congrès, justement, avec une consultation militante, a été vivement critiquée…

Ce ne sont pas quelques critiques isolées qui font la pluie et le beau temps. Je ne connais aucun militant qui refuse d’être consulté ! J’apprécie aussi beaucoup que 25 premiers fédéraux se soient associés dès le départ à cette méthode participative. Par ailleurs, tout le monde sait qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait d’écouter et de fixer une ligne.

Quel est selon vous le problème numéro un du parti ?

Ce n’est pas en termes de problèmes que doit se poser la question. Je ne me situe pas en critique du passé. J’ai même eu l’occasion de dire que la direction actuelle avait préservé l’unité du parti contre vents et marées, ce qui est la condition sine qua non pour continuer à construire. Notre défi principal, redisons-le, c’est d’augmenter assez fortement le nombre et la diversité des adhérents. La société a changé, le rapport des citoyens aux institutions a changé, donc il est évident que les formes de militantisme aussi évoluent.

Y aurait-il un problème d’autorité au Parti socialiste ?

Comment nier que les citoyens, pas seulement les socialistes, sont secoués par les trop fréquentes cacophonies ? Et surtout par le non-respect du vote des militants. Aujourd’hui, il y a des propos trop choquants - comme comparer le parti à une pétaudière - qui peuvent être dits dans une impunité totale. Il ne s’agit pas de caporaliser le parti, c’est un problème d’autodiscipline, mais aussi de droits et devoirs. Et je sais que de nombreux militants ne sont pas choqués, bien au contraire, lorsqu’on parle de sanctions quand leur vote est bafoué.

Quelles sanctions imagineriez-vous ?

C’est l’investiture donnée par le PS qui permet d’être élu grâce au vote des militants et donc ce que les militants donnent, ils doivent pouvoir le reprendre si les règles adoptées collectivement ne sont pas respectées.

Comment envisagez-vous votre rôle de premier secrétaire ?

C’est d’abord avec une équipe l’incarnation d’un projet politique, d’un parti uni et renouvelé. C’est aussi préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales européennes et régionales, notamment par la mise en valeur des actions menées par nos élus sur les territoires. On entend dire que ces batailles seront difficiles, c’est vrai et c’est pourquoi le congrès doit être réussi pour donner un véritable élan. Il faut donner de la visibilité à une équipe associant des responsables nouveaux mais aussi expérimentés, en harmonie avec les groupes parlementaires.

Vous évoquez un «collectif», mais vos concurrents vous critiquent sur votre pratique présumée solitaire de la politique…

On ne peut pas me reprocher à la fois d’être trop solitaire et trop participative ! Je suis entourée d’une très bonne équipe avec des fidélités au long cours. Les milliers de militants de Désirs d’avenir sont à 80 % membres du PS. Ma démarche participative prouve mon souci de l’écoute et du collectif. Ma conception de la politique est tout le contraire d’un exercice solitaire dont on voit bien d’ailleurs l’inefficacité et même le danger avec l’exemple omnipotent de Nicolas Sarkozy.

Au cas où vous ne seriez pas majoritaire, envisageriez-vous une motion de synthèse avec d’autres personnalités ?

La motion que nous présenterons sera soumise aux militants. C’est en fonction de leur choix et du contenu des différents projets que l’on pourra voir ce qui aura de la cohérence pour répondre aux attentes de la gauche et pour engager l’élan d’une alternance politique utile au pays.

Source: Désirs d'avenir

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Vendredi 30 mai 2008

Interview de Ségolène Royal sur France Inter


OLIVIER DE LAGARDE

Nous sommes en direct à proximité du bureau du boulevard Raspail à Paris. Bonjour Ségolène ROYAL.

SEGOLENE ROYAL

Bonjour.

OLIVIER DE LAGARDE

Présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, ancienne candidate à la présidence de la République ; candidate officielle à la direction du PS, on va y venir dans quelques minutes ; mais commençons par la prestation radiophonique de Nicolas SARKOZY ce matin. Sur la question du pouvoir d’achat et du prix des carburants, Nicolas SARKOZY a proposé de consacrer les recettes supplémentaires de TVA générées par la hausse des carburants à un fonds destiné à alléger la facture des plus modestes. Ca c’est une bonne idée pour vous ?

SEGOLENE ROYAL

J’allais dire il est temps… Ca fait des mois que nous souffrons de la hausse des prix du carburant, des mois que je demande la baisse de la fiscalité sur le prix de l’essence. Vous savez que sur un litre d’essence, on paie 60% d’impôt, donc c’est un système qui ne va pas. Il y avait avant un système automatique qui permettait de baisser l’impôt lorsque le prix de l’essence augmentait, donc directement à la pompe, l’essence était moins chère. Il y a une autre solution, encore faut-il voir quand est-ce qu’elle sera mise en œuvre, à quel moment les gens vont récupérer cette prime à la cuve etc…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous pensez que c’est un effet d’annonce ?

SEGOLENE ROYAL

Vous savez, on a tellement été échaudé par les annonces par rapport aux résultats ; s’il y a des mesures qui vont dans le bon sens, tant mieux mais actuellement tant qu’elles sont verbales… j’attends de voir. Il y aurait eu un système beaucoup plus simple qui aurait consisté à baisser la fiscalité sur le prix de l’essence pour qu’à la pompe, l’essence soit moins chère parce que je vois que Nicolas SARKOZY est allé à Rungis ; il était attendu aussi auprès des pêcheurs, vous savez qu’il leur avait fait beaucoup de promesses, ces promesses n’ont pas été tenues, donc il y a une situation dramatique. J’ai montré l’autre jour une fiche de salaire d’un pêcheur qui en dix jours de mer a gagné cinq euros, vous m’entendez ? 5,80 euros en dix jours de mer, c'est-à-dire en plus un métier difficile et dangereux. Il y a les ouvriers de Gandrange qui sont toujours frappés par une délocalisation, là aussi qui attendent toujours que les promesses qui ont été faites du maintien de l’usine d’ARCELOR MITTAL soient effectivement concrétisées. Donc attention à ces annonces qui ne sont pas suivies d’effets.

OLIVIER DE LAGARDE

Alors autre annonce ou plutôt confirmation, Ségolène ROYAL, la durée hebdomadaire légale du travail restera à 35 heures ; c’est quelque chose auquel vous étiez attachée ?

SEGOLENE ROYAL

Je crois que dans le contexte actuel de montée de la précarité, du chômage à temps partiel, des bas salaires, je pense que c’était une provocation que d’annoncer qu’en plus la durée du travail allait augmenter alors même qu’il y a tant de salariés qui subissent le chômage partiel et qui voudraient bien travailler plus longtemps à commencer par les caissières de supermarchés où là aussi Nicolas SARKOZY avait promis de résoudre leurs problèmes – je vois que les grandes surfaces n’ont jamais gagné autant d’argent et le problème du salaire et de la précarité des caissières n’est toujours pas résolu.

OLIVIER DE LAGARDE

Parlons un petit peu du Parti socialiste, si vous le voulez bien, et de ce débat que vous avez eu finalement à distance avec Bertrand DELANOË au sujet du libéralisme. Vous avez déclaré, je vous cite : « Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques. Je ne pourrai jamais dire, comme a dit Bertrand DELANOË, je suis libérale. » Alors, en attendant ça, j’ai tout de même sursauté, j’ai repris mon numéro du POINT daté du 27 mars où vous déclariez, je vous cite là encore : « Le libéralisme politique est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme démocratique, ce sont tous ceux qui, à gauche, savent combien les libertés politiques sont fragiles. » Finalement, vous dites la même chose que Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Non. Pas du tout. Au contraire, vous venez exactement de lire ce que j’ai dit, il faut lire la phrase qui suit et qui dit…

OLIVIER DE LAGARDE

Ah, j’ai tout lu !

SEGOLENE ROYAL

Non, non, la phrase qui suit, qui est dans ce livre que vous venez de citer. Je dis ensuite : « L’idéologie du libéralisme économique du laisser-faire, du laisser-aller, qui permet la loi du plus fort, qui permet d’écraser les plus faibles, celle-ci ne convient pas. » Ce que je veux dire par là…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais c’est ce que dit également Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Je crois que la question que vous posez est une question extrêmement importante, qui ne se résout pas à un dialogue entre deux personnes. Je crois que les Français ont le droit de savoir au nom de quoi la politique agit et au nom de quelles valeurs. Les valeurs qui sont les miennes sont les valeurs du social, mais un social modernisé bien sûr, qui n’est pas opposé à la performance économique. Au contraire, je pense, contrairement à ce que dit le libéralisme économique, qui aujourd’hui a fait autant de dégâts, écoutez, on apprend aujourd’hui, ce matin, que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs rémunérations de plus 58 %, attendez, plus 58 % ! Il n’y a jamais eu autant de misère et de précarité en France. Attendez, voilà, le libéralisme économique…

OLIVIER DE LAGARDE

J’entends bien…

SEGOLENE ROYAL

Attendez. Donc, ce n’est pas la peine d’aller chercher des mots qui correspondent à des idéologies qui font aujourd’hui tant de dégâts dans le monde, y compris le problème du réchauffement planétaire…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous avez des valeurs qui sont différentes de celles de Bertrand DELANOË aujourd’hui ? Vous avez vraiment cette impression là ?

SEGOLENE ROYAL

Ce que je pense… Une fois de plus, ce n’est pas le problème, ne réduisons pas ce sujet à un débat entre deux personnes. Ce que je pense aujourd’hui, c’est qu’il y a déjà tellement à faire pour redonner au socialisme tout son sens, toute sa modernité, toute son efficacité. Je pense, moi, que le socialisme peut être une idée neuve aujourd’hui pour le 21ème siècle. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais eu autant besoin de social. Pourquoi ? Parce que je pense que les valeurs humaines doivent l’emporter sur les valeurs financières. Pourquoi ? Parce que je pense que la question éducative est une question majeure et qu’un pays n’a pas le droit d’en rabattre sur ses exigences éducatives. Donc, ce n’est pas la peine d’entraîner une confusion idéologique en allant chercher un mot qui appartient à nos adversaires politiques, qui appartient à la droite et dont l’application a fait autant de débats. Mais il ne faut pas confondre ça avec les libertés individuelles qui, comme je l’ai écrit dans le passage que vous citiez tout à l’heure, ont toujours fait partie du socialisme. JAURES – parce que vous l’avez cité – disait : « Le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout. » Aujourd’hui…

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL…

SEGOLENE ROYAL

Juste un mot, parce que c’est important que les Français se saisissent aussi des débats d’idées…

OLIVIER DE LAGARDE

Ce qui est important, c’est que les Français saisissent la différence que vous avez par rapport à Bertrand DELANOË. Vous êtes tous les deux finalement en compétition pour prendre la direction du Parti socialiste, on a l’impression que finalement c’est juste une question de personnes, que sur le fond, vous êtes d’accord.

SEGOLENE ROYAL

Non, monsieur. Je viens de vous expliquer le contraire. Je crois que les Français n’ont que faire
aujourd’hui des préparations du congrès du Parti socialiste. Donc, quand…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous présentez une motion antilibérale au congrès ?

SEGOLENE ROYAL

Je pense que ce qui est important, c’est de redonner du sens à la politique et que, aujourd’hui, l’angoisse que nous avons, c’est de savoir si la politique sert encore à quelque chose, si la politique est honnête, si elle est sincère. Quand l’actuel président de la République a promis de résoudre les problèmes du fait de sa seule élection et que l’on voit aujourd’hui le résultat, ça met en cause tous les responsables politiques. Parce qu’à un moment, les gens qui souffrent, qui ont peur, qui ont peur d’être tirés vers le bas, la France qui a du mal à valoriser ses atouts alors que nous en avons, les réponses concrètes que nous amenons sur nos territoires, moi en tant que présidente de région, je viens de créer le micro crédit pour aider les familles qui ont du mal avec leur pouvoir d’achat, où je paye le permis de conduire à des jeunes qui n’ont pas le premier euro pour accéder au permis de conduire. Parce que je pense qu’il y a des solutions concrètes qui peuvent résoudre les problèmes en répartissant mieux l’argent public et les richesses, tout en agissant au nom d’un certain nombre de valeurs. Ces valeurs-là sont celles du socialisme et du social. Il n’y a pas besoin de se laisser entraîner dans une confusion pour faire moderne.

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL, vous êtes candidate officiellement à la direction du Parti socialiste. Vous vous êtes déclarée également favorable à ce que le futur premier secrétaire soit le candidat du parti à la présidentielle ; est-ce à dire que si vous échouez dans votre conquête du parti, vous ne serez pas candidate ?

SEGOLENE ROYAL

Je n’ai jamais dit cela. J’ai dit que chaque étape doit être respectée. Aujourd’hui je respecte déjà les militants puisque j’ai lancé une consultation sur justement le contenu de ce projet politique que nous devons présenter au mois de novembre prochain, à la fois sur le site désir d’avenir et sur un site spécial…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais vous ne vous êtes pas engagée dans des primaires avant l’heure ?

SEGOLENE ROYAL

Non je suis engagée dans le respect des militants, le sérieux de la démarche ; comment est-ce qu’on rend à la politique ses lettres de noblesse dans un contexte où nous doutons tous de l’efficacité de la politique et comme moi je crois que la politique a encore quelque chose à faire et même beaucoup à faire pour changer le désordre des choses, pour faire en sorte que les injustices reculent et je crois que la force de la France, c’est à la fois sa diversité, ce sont ses talents, ce sont ses petites et moyennes entreprises qui aujourd’hui ont perdu le moral et il n’y a aucune raison que la France soit dans cet état, que d’autres solutions existent, qu’une autre politique est possible sans renier les convictions profondes qui sont celles des socialistes parce que les socialistes considèrent qu’il n’y a pas à opposer les services collectifs et l’épanouissement individuel, au contraire ; les services collectifs sont au service de l’épanouissement individuel, qu’il n’y a pas à opposer le social et l’économique, au contraire, c’est parce qu’il y aura des salariés bien payés, bien protégés, bien formés et respectés que les entreprises seront compétitives et ça c’est le contraire de ce que pense le libéralisme et parce qu’il y a une autre façon de produire, de répartir les richesses.

OLIVIER DE LAGARDE

Merci Ségolène ROYAL, ancienne candidate à la présidence de la République, invitée de FRANCE

Source : Désirs d'avenir

Contribution de Ségolène Royal aux 4èmes rencontres Europe-Amériques sur la démocratie participative"

4èmes Rencontres Europe-Amériques sur la démocratie participative 23 mai 2008 Maison de la Région Poitou-Charentes

Bonjour à toutes et à tous.

Et merci à vous, Richard Descoings, d'être fidèle à ce rendez-vous annuel pour lequel, une fois encore, les équipes de Sciences Po et de la Région se sont mobilisées ensemble. Je suis heureuse de vous souhaiter la bienvenue en Poitou-Charentes pour ces 4èmes Rencontres sur la démocratie participative qui, cette année, s'ouvrent à des chercheurs des 3 Amériques : celles du Sud, du Centre et, pour la première fois, du Nord. Merci aux scientifiques de nos deux continents de nous apporter l'éclairage de leurs travaux. Et merci aux élus et aux responsables gouvernementaux venus de Suède, de République dominicaine et de Catalogne de verser à la réflexion commune les démarches de démocratie participative qu'ils conduisent dans leurs pays respectifs.

S'il est une mondialisation féconde et toujours heureuse, c'est celle de la circulation des idées et des initiatives qui visent à associer plus directement nos concitoyens aux choix qui les concernent. Permettez-moi de remercier aussi deux fidèles de ce rendez-vous annuel, dont les analyses nous empêchent, au cas où nous en aurions la tentation, de nous endormir sur nos modestes lauriers participatifs : Yves Sintomer, qui nous rejoindra cet après-midi, et Loïc Blondiaux qui, lui, est déjà parmi nous. Leurs réflexions nous accompagnent depuis longtemps.

1) 1ères Rencontres 2005 : le Budget Participatif des Lycées

Je me souviens de nos 1ères Rencontres, en juin 2005. La nouvelle majorité régionale était élue depuis moins d'un an.

Nous avions pris devant les électeurs l'engagement de mettre la démocratie participative en pratique, non pas comme un petit supplément d'âme sur des sujets périphériques mais comme une démarche permanente appliquée aux priorités de l'action régionale.

Nous avons présenté, dans cet hémicycle, le Budget Participatif des Lycées créé quelques mois plus tôt et le choix qui était le nôtre: commencer par le coeur de métier historique des Régions françaises, les lycées, et un domaine qui engage, en Poitou-Charentes, presque le quart du budget régional.

Notre conviction était que la participation des citoyens ou des usagers d'un service public ne doit pas être une vague consultation aux règles floues et aux conséquences opérationnelles incertaines. Cette forme de démocratie doit donner à ceux qui acceptent de s'y engager un vrai pouvoir d'influer sur les politiques conduites en leur nom et, dans le cas des Budgets Participatifs, d'orienter la dépense publique.

Ce n'est pas la même chose, en effet, de concéder à la marge une petite enveloppe ou de permettre de peser sur les orientations budgétaires d'une collectivité. C'est pourquoi nous avons décidé d'affecter chaque année à notre Budget Participatif la somme globale de 10 millions d'euros.

Ce processus est expliqué dans le petit dossier qui vous a été remis. J'en soulignerai simplement 3 caractéristiques, à mes yeux essentielles :

– Premièrement, sa dimension doublement « inclusive », comme disent les chercheurs : dans chaque établissement, les Assemblées du budget participatif sont ouvertes à tous (élèves, personnels, parents) et, sur l'ensemble du territoire régional, toutes les filières d'enseignement (général, technologique, professionnel, agricole et adapté), tous les milieux sociaux, toutes les zones d'habitation (urbaines, péri-urbaines et rurales) sont concernées.

– Deuxièmement, l'attention portée à ce qui est le plus difficile : la qualité de la délibération, en petits groupes (propices à l'expression de chacun, même les moins habitués à prendre la parole) et en séances plénières (moment d'échange des arguments et de mutualisation des préoccupations dans une perspective de construction de l'intérêt général) ;

– Troisièmement, le pouvoir effectivement partagé de décider puisqu'au terme du processus, les participants votent sur les projets qu'ils ont eux-mêmes proposés et estiment prioritaires (chacun dispose de 10 bulletins qu'il peut répartir à son gré) ; la Région s'engage à financer non pas toutes leurs propositions mais celles arrivées en tête, ce qui correspond en général aux 3 premiers projets qui ont recueilli le maximum de suffrages dans chaque lycée.

Aujourd'hui, ce Budget participatif, généralisé à tous les établissements de la région, est entré dans les moeurs. L'expérience concrète a eu raison des craintes, des réticences et des résistances qu'il a suscitées lors de sa création.

La participation augmente régulièrement, preuve sans doute que l'appétit participatif vient... en participant et au vu des résultats.

2) 4èmes Rencontres 2008 : Ateliers Participatifs et Jurys Citoyens

Je sais que l'expression « jury citoyen» est souvent mal comprise, en France, à cause de son rapport avec les jurys d'Assises et peut laisser croire qu'il y a là un pouvoir de condamnation. C'est pourquoi nous les appellerons Ateliers Participatifs d'évaluation citoyenne.

Nous voilà maintenant en 2008 et je suis heureuse, à l'occasion de ces 4èmes Rencontres, de vous annoncer que nous venons de franchir un nouveau pas en mettant en place ces Ateliers Participatifs tirés au sort et chargés d'évaluer l'efficacité des politiques régionales dans différents domaines où la Région intervient.

C'est, là aussi, un engagement que nous avions pris devant les électeurs.

Nous avons tenu parole avec le souci d'avancer sans précipitation mais avec détermination, de l'amont (les décisions) à l'aval (leur évaluation). En prenant le temps de caler à chaque fois une méthodologie qui tire les leçons d'expériences menées ailleurs (c'est pourquoi ces Rencontres annuelles nous sont si précieuses) et s'efforce de répondre aux attentes des citoyens dans le contexte qui est le nôtre, en liant étroitement ces deux préoccupations pour moi indissociables : l'approfondissement politique de la démocratie et l'efficacité de l'action publique.

3) L a remise en cause de nos façons de travailler

Cela suppose d'accepter l'impact en retour de la démocratie participative sur nos façons de travailler. Ce choc-là n'est pas le moindre ! Pour les élus comme pour les fonctionnaires. Il a bousculé l'idée que chacun se faisait de l'exercice de son mandat ou de son métier.

Nous avons été confrontés à une obligation de transparence et de reddition des comptes que je crois salutaire mais qui constitue une petite révolution culturelle, parfois vécue comme déstabilisante. Chacun, cependant, s'est peu à peu aperçu de l'intérêt qu'il y avait à pouvoir s'appuyer sur l'intelligence collective des citoyens. Les préjugés et les préventions ont battu en retraite. Et c'est pour moi une grande satisfaction de découvrir que, de lui-même, tel ou tel service de la Région prend aujourd'hui l'initiative d'une démarche participative qui lui semble aller de soi.

Ces citoyens que certains disaient trop ignorants pour juger en connaissance de cause, trop égoïstes pour se hisser au niveau de l'intérêt collectif, trop naturellement dépensiers pour optimiser la dépense publique, trop ceci ou pas assez cela,

eh bien ils se sont révélés à l'usage fort sensés, fort responsables, capables de poser des questions très pertinentes et d'effectuer des choix judicieux.

Mieux : nous leur devons une véritable « opération vérité » sur nos procédures et le chiffrage des opérations qui nous incombent. Je ne réduis bien sûr pas la démocratie participative à une simple technique managériale mais elle nous aide beaucoup à faire qu'« un euro dépensé soit un euro utile ». L'argent public, fruit de l'impôt, est celui des citoyens. Ce n'est donc que justice qu'ils puissent participer plus directement aux choix et aux évaluations concernant son utilisation.

4) Légitimité politique et expertise d'usage des citoyens

Budget Participatif ou Atelier Participatif d'évaluation citoyenne, c'est la même conviction qui nous anime : les citoyens ont une légitimité politique à s'occuper des affaires communes non seulement lors des rendez-vous électoraux mais pendant toute la durée d'une mandature. Ils ont en outre une expérience concrète de ce qu'ils vivent quotidiennement, une expertise d'usage que des traditions politiques jacobines, un certain tropisme technocratique et une conception souvent frileuse de la démocratie nous ont, en France, trop longtemps dissuadés de mobiliser.

Lorsque les citoyens sont placés dans les conditions d'une délibération de qualité (c'est le point central et l'objet de vos travaux d'aujourd'hui), lorsqu'on ne cherche pas à les transformer en tenants d'une expertise savante, lorsqu'on leur donne les moyens de produire un avis éclairé, leur apport est un formidable enrichissement de l'action publique.

5) Pour des politiques publiques réactives

Au fil d'une assez longue expérience politique, j'ai souvent constaté que des politiques publiques animées des meilleures intentions pouvaient rater leur objectif, ne pas atteindre ceux auxquels elles étaient destinés ou les enferrer dans la situation dont elles devraient les aider à sortir ou encore s'accompagner d'effets pervers non pris en compte à l'origine. Les signaux d'alerte ne fonctionnent pas toujours et elles continuent sur leur lancée jusqu'à la prochaine échéance électorale comme s'il s'agissait de tankers trop lourds à manier pour qu'on rectifie le cap en cours de traversée.

Ma conception de l'action publique est à l'inverse. Il faut, bien sûr, fixer un cap et des objectifs auxquels mesurer les résultats. Mais, de nos jours, les politiques publiques doivent être plus réactives. Elles doivent pouvoir être ajustées, chemin faisant, aux attentes des citoyens et être rectifiées dans une temporalité plus brève que l'écart entre deux mandats.

L'expertise technique est nécessaire mais elle doit pouvoir être croisée avec l'expertise citoyenne. La modernisation de l'action publique comme la revitalisation de la démocratie sont à ce prix. C'est pour cela que nous mettons en place des Ateliers Participatifs Citoyens qui évaluent nos politiques dans différents domaines : les bourses d'aide à la création d'activités et d'emplois, la lutte contre le changement climatique, les actions variées mises en place dans les lycées, le micro-crédit régional, l'installation des jeunes agriculteurs, etc.

6) Un faux procès en populisme

Je me souviens d'avoir parlé pour la première fois des Jurys Citoyens en 2002, à la tribune de l'Assemblée nationale. Dans l'indifférence générale. En 2004, nous avons intégré ce projet dans notre programme régional pour la mandature. Mais lorsqu'en 2006, je les ai à nouveau évoqués, quel tollé !

Je vous fais grâce de tous les noms d'oiseaux dont on m'afffubla alors mais je ne résiste pas au plaisir de vous citer cet extrait d'une des charges les plus virulentes : « Depuis plusieurs années, on cherche par tous les moyens à donner le pouvoir à des non élus pour éviter et contourner le suffrage uninversel. Des peureux et des battus, des riches, des prétentieux, certains intellectuels, des ratés et j'en passe, veulent gouverner sans l'onction du peuple. C'est contraire aux principes fondamentaux de la République. On sait bien que tout cela déborde très vite sous la pression des petits justiciers de chef-lieu de canton qui crient plus fort que les autres. Pourquoi aussi ne pas embarquer les élus sur un cheval et les emmener dans la pampa pour les pendre haut et court, comme au bon vieux temps du Far West ? Trêve de plaisanteries : la démocratie est fragile et doit rester à l'abri des gadgets ».

Sur tous les tons, on instruisit contre moi un féroce procès en populisme (mais les Français, eux, trouvèrent majoritairement l'idée intéressante). Pourtant, le meilleur moyen de contrer le populisme qui instrumente les peurs et les ressentiments de ceux qui se sentent délaissés et méprisés, c'est justement d'ouvrir plus largement les portes de la démocratie en donnant aux citoyens un pouvoir accru de contrer le désordre des choses et d'influer sur le destin collectif.

Le populisme se méfie comme de la peste des citoyens informés et éclairés, capables de confronter leurs arguments dans le respect mutuel. C'est le sentiment d'impuissance qui alimente le populisme. Et c'est le sentiment d'appartenance constructive à une collectivité qui tient compte de leur avis qui renforce l'attachement des citoyens à la démocratie et désamorce la peur de l'autre.

Le lieu de la politique, c'est la société. Dans l'espace politique doivent s'articuler le particulier et l'universel. Alors oui, le meilleur antidote à la démagogie populiste, cette promesse fallacieuse de fusion au rabais, c'est une démocratie participative bien pensée et loyalement mise en pratique, qui redonne du poids à la parole de ceux qui peuvent la prendre et de ceux qu'on invite à la prendre.

7) Démocratie participative et démocratie représentative : mieux exercer son mandat

J'entends dire, parfois, que la démocratie participative nierait la compétence et ferait bon marché de la responsabilité élective. Quel contre-sens ! La démocratie participative n'est pas l'ennemie de la démocratie représentative mais son renfort, son complément, son aiguillon indispensable.

Ici, en Poitou-Charentes, ces confusions nous font sourire car les élus régionaux savent bien, d'expérience, que, loin de les dessaisir, le Budget Participatif et les Ateliers Participatifs d'évaluation citoyenne les aident à mieux exercer leur mandat et à agir plus juste.

Je ne crois pas, chers amis venus de Suède, de République dominicaine et de Catalogne, que vous viviez la démocratie participative que vous mettez en pratique comme un amoindrissement de vos responsabilités. Chez vous comme chez nous, les élus qui s'engagent dans ces démarches ne sont pas masochistes mais soucieux de renouer avec la force originelle de la démocratie : le droit égal de tous à prendre part aux affaires communes.

8) Tirage au sort : mieux refléter la diversité sociale

J'ajoute que mon expérience personnelle de responsable politique m'a très tôt convaincue de ce que nombre d'enquêtes de terrain mettent également en évidence : les dispositifs participatifs fondés sur le volontariat tendent à rassembler en priorité ceux qui ont l'habitude de s'exprimer, ceux sont assurés de leur compétence culturelle, technique ou civique, ceux qui ont le temps. Généralement sous-représentés : les femmes salariées qui ont de jeunes enfants (du fait de la double journée qui pèse prioritairement sur leurs épaules), les salariés de toutes origines qui sont les moins qualifiés, les jeunes aussi.

J'en ai tiré deux leçons :

– la plupart des gens n'ont pas de temps à perdre dans des réunions sans enjeux ou des simulacres de participation où ils ne peuvent peser sur rien d'essentiel ;

– le tirage au sort permet, s'il est bien fait, de corriger cette sous-représentation structurelle de catégories entières de la population, à commencer par les milieux populaires.

Je suis donc très heureuse que, dans l'Atelier Participatif Citoyen chargé d'évaluer nos politiques régionales de lutte contre le changement climatique, se soient mêlés (grâce à un tirage au sort appuyé sur les données socio-démographiques régionales de l'INSEE) des actifs et des chômeurs, des retraités et des mères au foyer, des salariés du public et du privé, des ouvriers et des cadres, des enseignants et des artisans, venus de nos différents territoires urbains et ruraux.

9) L 'espoir que ce ne soit pas pour rien

J'ignore, à ce stade, ce qu'il nous en dira dans l'Avis qui sera remis publiquement aux élus régionaux le 23 juin et les propositions qu'il formulera. Car la Région, initiatrice et organisatrice de cet Atelier Citoyen, a pris soin de ne pas assister à ses discussions et à ses délibérations pour ne pas les influencer.

Ce que je sais c'est ce que les participants nous ont dit de l'expérience qu'ils ont vécue : leur étonnement d'avoir été contactés et d'être pris au sérieux, l'envie suscitée lorsqu'ils en ont parlé autour d'eux, leur prise de conscience de problèmes dont ils n'étaient pas familiers, l'effort fait par chacun pour s'approprier un sujet complexe et tenir un rythme de travail intensif, leur volonté d'élaborer ensemble un Avis motivé et sérieux, dans une ambiance où la parole de chacun était respectée.

Leur espoir, surtout, que ce ne soit pas pour rien : que la Région tienne parole en leur donnant clairement les raisons pour lesquelles, le cas échéant, elle refuse certaines de leurs propositions et en leur indiquant précisément les conséquences concrètes qu'elle tire des propositions qu'elle retient pour améliorer ou réorienter ses politiques.

La démocratie participative est exigeante. Elle ne s'accommode pas de faux-semblants. Si l'on ne tient pas compte du travail demandé aux citoyens, non seulement on ne les y reprendra plus mais l'effet boomerang de leur déception peut saper durablement les bases de leur adhésion démocratique.

Qu'on ne s'étonne pas, alors, que l'abstention augmente car, comme le disait Albert Hirschmann, quand la prise de parole est réputée inutile, la défection devient l'attitude rationnelle.

Quand je vois nos amis brésiliens qui, dans leur Constitution de 1988 et le Statut de la Ville adopté en 2001, ont donné force de loi à la gestion participative, quand je vois l'élaboration participative du projet de statut de la Catalogne ou la loi sur la démocratie participative adoptée par la Toscane, je me dis qu'il nous reste, en France, bien du chemin à parcourir.

10) 2002 : 1ère occasion manquée

C'est pourquoi je voudrais élargir mon propos à ce que je tiens pour quelques rendez-vous manqués de mon pays avec la démocratie participative. Et cela malgré les expériences qui, depuis quelques années, se développent à l'initiative d'élus motivés. Depuis un quart de siècle, nous avons décentralisé, hardiment au début des années 80, plus confusément au début des années 2000. Il le fallait. Cela n'a pas toujours été fait dans l'équité financière ni avec un grand souci de cohérence et de solidarité territoriale. Et cela n'a que très peu contribué à