Jeudi 31 janvier 2008

Message de Ségolène Royal

Chers Amis,

Après Florence le week-end dernier où j'ai participé à une réunion du Parti démocrate italien que préside le charismatique maire de Rome Walter Veltroni, je me suis rendue dans ma région, puis hier matin à Argenteuil où j'ai rencontré le personnel de l'hôpital .

Dimanche dernier, j'avais participé à l'émission « Vivement dimanche » qui a battu des records d'audience (6 millions de téléspectateurs). À une question de Michel Drucker sur ma séparation d'avec François Hollande, j'ai répondu très simplement avec pudeur et sans hypocrisie, afin de clore définitivement un sujet qui a déjà fait l'objet de trop nombreuses polémiques.

Ces derniers jours, j'ai dénoncé la multiplication des taxes voulue par Nicolas Sarkozy alors qu'augmentent le coût des transports, du logement et de l'énergie. Après avoir regretté de ne pas avoir instauré de TVA dite « sociale », « Monsieur Taxes » entend maintenant créer une « taxe sur les séjours hôteliers », impose les scandaleuses franchises médicales, veut augmenter l'impôt sur les produits pétroliers, et songe à reprendre les propositions du rapport Attali tendant à augmenter la CSG et la TVA ! Si j'ai pu reconnaître l'intérêt de nombreux points de ce rapport, je refuse l'idée selon laquelle on devrait, sans débat, l'adopter en bloc. L'augmentation des impôts indirects ne fait pas partie des mesures que j'approuve.

Je constate chaque jour en discutant avec les habitants (dans ma région, comme à Argenteuil où j’étais encore hier matin) à quel point les Français peinent à joindre les deux bouts. Ils sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants ainsi qu'en témoignent les chiffres de l'Insee publiés mardi : le moral des Français n'a jamais été aussi bas.

Le scandale de la société générale n'arrangera rien. J'ai dénoncé hier l'inertie des autorités de régulation et de l'État dans cette affaire. Alors que des signaux avaient été envoyés dès l'automne, ni la commission bancaire, ni même le gouvernement n'ont réagi. On aurait pu dès le mois de novembre réunir tous les présidents des banques françaises pour évaluer ensemble les risques à venir et s'y préparer de manière efficace.

Je crois maintenant qu'il faut une grande réforme du secteur financier en France et en Europe, imposer une plus grande transparence, moraliser les pratiques des banques. Il est temps de mettre fin aux scandales du « crédit revolving » et des tarifications abusives.

J'aurai l'occasion de traiter prochainement de ces questions lors de mon déplacement la semaine prochaine à l'Université Harvard aux États-Unis où j'effectuerai, à l'invitation de l'économiste Philippe Aghion, un cycle de conférences.

Aujourd'hui, il faut continuer à nous concentrer sur la bataille des municipales pour que nos idées et nos valeurs soient défendues au niveau le plus proche des Français.

À très bientôt,
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Ségolène Royal rencontre le personnel de l'hôpital

Ségolène Royal s'est mêlée mercredi au personnel de l'hôpital d'Argenteuil (Val-d'Oise), très revendicatif, lors d'une visite de soutien au candidat PS aux municipales dans cette commune de plus de 100.000 habitants au nord-

ouest de Paris.

Ségolène Royal a discuté avec des syndicalistes mécontents des restrictions de crédits, devant les grilles de l'établissement. Ségolène Royal a pris l'exemple de la perte de près de 7 milliards d'euros par la Société Générale pour souligner, dans cette cité défavorisée, que
"les moyens existent". "Sept milliards dilapidés, c'est plus de la moitié du déficit de la sécurité sociale!"

"Simplement, l'argent est très mal utilisé. Les petits et les moyens paient pour les carences et l'irresponsabilité des puissants, qui sont en plus en connivence".

Beaucoup en ont profité pour faire passer un message à la responsable PS.
"Y a trop de travail à l'hôpital, trop de chômage à l'extérieur", scandaient trois salariés syndiqués. "On crève la dalle à Argenteuil, on manque d'emplois, de logements, de tout", lui a dit un autre. "On nous a oubliés!", déclarait un troisième.

Le secrétaire du syndicat CGT de l'établissement, André Bouabdallah, a réclamé
"des moyens" pour l'hôpital.

Le président Sarkozy, c'est "Monsieur taxes"

Ségolène Royal a qualifié Nicolas Sarkozy de
"Monsieur taxes", mercredi à Argenteuil, citant la TVA, la taxe sur les produits pétroliers et les franchises médicales, "une taxe sur la santé".

"Il faut arrêter avec toutes ces taxes nouvelles, il faut que M. Sarkozy, Monsieur taxes, arrête avec tout cela, baisse la TVA, rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros. Ca suffit, ce règne de l'argent fou d'un côté et la diminution du pouvoir d'achat de l'autre"

"Non seulement, (M. Sarkozy) nous dit que les caisses sont vides - on sait que c'est lui qui les a vidées - mais en plus, c'est Monsieur taxes, Monsieur taxes tous azimuts"
, a insisté Mme Royal en évoquant "la TVA qui augmente, l'impôt sur les produits pétroliers qui augmente puisque les prix des carburants augmentent, et les franchises médicales, c'est-à-dire une taxe sur la santé".

par Arnaud Fage publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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Lundi 28 janvier 2008
Chers amis,

Aujourd'hui, en guise de lettre d'information, il m'a semblé vraiment intéressant de vous transmettre une lettre qui, parmi le très abondant courrier reçu, m' a particulièrement frappée tant elle décrit  avec des mots simples et justes, révoltés et dignes, l'inquiétante montée des précarités, à comparer avec l'invraisemblable scandale de la Société Générale et les mesures particulièrement injustes de Nicolas Sarkozy sur le paquet fiscal.

Ségolène Royal

--


Madame,
 
Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.
 
Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?
 
La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité,  les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.
 
Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.
 
Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.
 
Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.
 
Monsieur Georges P.

 
--

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par Arnaud Fage publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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Samedi 26 janvier 2008
"Connivence des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre"


Ségolène Royal s'exprimait à la Bellevilloise

Ségolène Royal a dénoncé samedi matin à Paris une "connivence" entre les puissants et "ceux qui jonglent avec les milliards", à propos de ce qu'elle a qualifié d'"invraisemblable scandale de la Société Générale".

Ségolène Royal s'exprimait à la Bellevilloise, devant quelque 500 militants de Désirs d'avenir.

Ségolène Royal a pointé "cette espèce de connivence, en haut, des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre, à survivre".

"Il faut un rétablissement moral à partir de ce scandale, au moins que la leçon en soit tirée et que les banques, grâce à une loi bien claire, cessent de se faire du beurre sur le dos des plus modestes", a poursuivi Mme Royal. "Faisons très rapidement la réforme que je réclamais depuis longtemps: rémunérer les comptes de petits épargnants".

Evoquant les municipales, elle a affirmé: "c'est dans les collectivités territoriales que nous allons pouvoir faire un rempart contre la politique de la droite, celle qui met les valeurs financières au-dessus de toute valeur humaine".

"Cette invraisemblable scandale nous montre à quel point le capitalisme est devenu incompétent, irresponsable, intolérable, désinvolte", a lancé Ségolène Royal.

Avant de s'envoler pour Florence, où se tenait une réunion du nouveau parti démocrate (centre gauche), Ségolène Royal a été ovationnée par ses partisans, réunis sur le thème de la Ville, avant de futurs débats sur le développement durable puis la démocratie participative.

Ségolène Royal veut "que l'Etat recadre les banques"

Ségolène Royal "choquée par le scandale de la Société générale", a demandé vendredi à Chartres "que les 7 milliards d'euros soient remboursés aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

"Quand les Français ont un compte bancaire excédentaire en début de mois et le terminent à découvert, les pénalités tombent. Les banques s'enrichissent sur le dos des plus modestes. Je demande à ce que les 7 milliards d'euros soient remboursées aux familles qui sont plongées dans l'endettement".

"Ces 5 milliards d'euros, plus les 2 millions perdus dans les subprimes représentent un tiers du déficit de la sécurité sociale", a-t-elle aussi déclaré.

Rappelant qu'elle avait proposé durant la campagne présidentielle une réforme du système bancaire, Ségolène Royal s'est dite choquée que la démission du PDG de la société générale n'ait pas été acceptée par le conseil d'administration réuni en urgence.

"Est-ce parce que Daniel Bouton est l'ancien directeur de cabinet d'Alain Juppé?", s'est-elle interrogée.

Ségolène Royal a déclaré qu'elle voulait "que l'Etat recadre les banques", après l'annonce par la Société Générale de pertes colossales dues à une "fraude" massive.

"Ca paraît invraisemblable. Voilà des patrons qui sont grassement payés pour contrôler où va l'argent des petits épargnants. Et ils découvrent que l'on peut détourner cinq milliards. C'est dire leur désinvolture à l'égard des autres"

"Je veux que l'Etat recadre les banques, réglemente leurs activités pour qu'elles fassent ce pourquoi elles sont payées, c'est-à-dire prêter de l'argent aux ménages, aider les entreprises pour qu'elles créent des emplois".

Pour Ségolène Royal, "face à de tels comportements, l'Etat doit être fort. Il faut une transparence sur l'utilisation des fonds bancaires. Il y a un déficit de politique, d'autorité, de volonté de réglementation".

"Le rapport Attali a le mérite d'être là"

Ségolène Royal a reçu mercredi des mains de Jacques Attali le rapport de la commission qu'il présidait, et jugé que le rapport avait le "mérite d'être là".

"Ce rapport a le mérite d'être là, a-t-elle déclaré dans son QG du Bd Raspail. Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de regarder les propositions mises sur la table". "Je pense que tout ce qui va dans le sens du déblocage de ce qui freine l'initiative doit être pris en considération", a jugé la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes. "La France a besoin de réformes. Ce rapport a été fait pour aider la France et moi, je veux aider la France". Elle a salué notamment "le contrat d'évolution", une des mesures du rapport Attali qui permettra d'offrir une rémunération aux chercheurs d'emploi en formation. "Quand on commence son emploi, il faut avoir des perspectives", a-t-elle commenté.

Elle a promis à son auteur de le regarder "attentivement", avant de saluer "l'expertise" et "le désintéressement" de Jacques Attali qui se trouvait à son côté.

L'ancien conseiller de François Mitterrand, de son côté, a affirmé : "La gauche, c'est ma famille. Il est légitime de remettre de ce rapport à celle qui incarne l'opposition", a jugé l'économiste qui avait été un partisan de Ségolène Royal durant la campagne présidentielle.

Après cette remise officielle devant les micros et caméras, Mme Royal et M.Attali se sont isolés durant un bref moment. Jacques Attali a proposé de remettre son rapport au groupe PS, à la direction du Parti et à Mme Royal qui a accepté la première, a-t-elle affirmé.

Message de Ségolène Royal

Chères amies,

Chers amis,

Je suis allée fêter hier les 5000 entreprises qui ont été créées dans la Région Poitou-Charentes grâce à la Bourse Tremplin pour l'Emploi. Ce dispositif a été mis en place en 2004 quand je suis arrivée à la présidence de la Région.

J'avais souhaité à l'époque que soient aidés les porteurs de projets qui entendent valoriser concrètement leurs talents et leurs compétences en se mettant à leur propre compte. Je voulais que soient notamment soutenus ceux et celles qui mettent en place des services de proximité qu'il s'agisse de commerces, d'ateliers d'artisan, de sociétés d'aide à la personne, de services aux entreprises, d'entreprises du bâtiment et des travaux publics, de sociétés travaillant sur l'image ou sur les technologies de l'information et de la communication.

Cette idée, qui avait germé au fil des rencontres sur les territoires avec des porteurs de projets, des créateurs d'entreprise, des artisans ou des commerçants, était fondée sur plusieurs constats:

* Créer son activité revient à créer son emploi, voire même à générer plusieurs emplois sur un même territoire. Le développement économique de la Région Poitou-Charentes repose sur ce tissu important de TPE, qui contribuent largement à l'activité et à l'attractivité du territoire.

* Au moment où l'Etat se désengage des territoires, rapatrie les services publics dans les grandes agglomérations, et contribue à une désertification à la fois dans les milieux ruraux et dans les quartiers, il devenait impérieux d'accompagner les créateurs d'entreprises pour conserver des services de proximité. La population, notamment les plus fragiles, en a tellement besoin!

* Les créateurs d'entreprises se heurtaient toutefois à de grandes difficultés pour mener à bien leur projet: peu d'accès à l'information, manque de fonds financiers pour obtenir le soutien essentiel des banques, peu d'accompagnement dans l'élaboration du projet, peu de suivi une fois la création effective... De nombreux créateurs devaient renoncer à leurs projets, et quand ils parvenaient, grâce à leur énergie et à leur persévérance, à créer leur entreprise, celle-ci était souvent fermée dès les premières années de son activité.

La Bourse Tremplin pour l'Emploi a été mise en place pour remplir ces objectifs et pour donner le coup de pouce nécessaire aux créateurs d'entreprises pour démarrer leur activité et la développer de manière pérenne: il s'agit d'une aide directe de 1000 à 10000 euros au créateur d'entreprise. Cette bourse est accordée par un jury composé d'élus, d'experts et de partenaires intervenant dans différents domaines (économie, comptabilité, finance, emploi, culture, sport, social...).

Afin d'accompagner chaque porteur de projet durant les différentes étapes de son parcours, 34 « Ateliers de la Création » ont été instaurés par la Région dans chaque Pays ou Agglomérations maillant ainsi tout le territoire régional.

Aujourd'hui les résultats sont là, et j'ai pu le vérifier en écoutant les témoignages touchants et optimistes des créateurs qui se sont lancés dans l'aventure grâce à cette aide régionale. Plus de 500 personnes étaient présentes hier pour échanger, écouter, raconter leur propre expérience, s'informer également des nouveaux dispositifs que met en place la Région pour améliorer encore le soutien aux créateurs d'entreprises.

Des créateurs d'entreprises sont venus sur scène témoigner de leur parcours comme Michael, l'un des premiers bénéficiaires de la Bourse Tremplin pour l'Emploi, qui a créé son activité de maréchal ferrand depuis 2005 et entend aujourd'hui développer encore son métier, ou Isabelle, reconnue travailleur handicapée, qui vient juste de monter sa société de service à la personne et souhaite l'étendre rapidement à l'ensemble du département.

Un film video sur cette fête des 5000 Bourses Tremplin pour l'Emploi est en ligne sur le site de la Région Poitou-Charentes: www.poitou-charentes.fr. Vous y retrouverez mon intervention et des témoignages des bénéficiaires de cette aide.

Des solutions pragmatiques et efficaces existent pour un développement économique et durable de nos territoires, puissent d'autres s'en inspirer...

A bientôt

"L'impression d'une fin de règne"


Ségolène Royal au Grand Jury (LCI/RTL)

Jean-Michel APHATIE

Bonsoir. Bienvenue dans le grand studio de RTL pour cette nouvelle édition du « Grand Jury », dont vous êtes l'invitée, Ségolène ROYAL. Bonsoir.

Ségolène ROYAL

Bonsoir.

Jean-Michel APHATIE

Vous répondrez aux questions de Pierre-Luc SEGUILLON de LCI et d'Yves THREARD du FIGARO. Nous allons, tout au long de cette émission, parler de l'action du président de la République, du gouvernement. Mais avant de nous engager dans cette discussion. Revenons sur la journée d'aujourd'hui que vous avez vécue, c'était les forums de la rénovation du Parti socialiste, consacrés aux socialistes et à l'individu. Tous les dirigeants du Parti socialiste étaient là, et la surprise ce matin, c'est d'avoir vu arriver le directeur général du FMI, Dominique STRAUSS-KAHN qui, voilà, a participé ou a écouté du moins les socialistes débattre des questions qui étaient les leurs, et on pensait qu'elles ne le concernaient plus tellement ; avez-vous été surprise, Ségolène ROYAL, de voir Dominique STRAUSS-KAHN dans votre assemblée ce matin ?

Ségolène ROYAL

Oui, j'ai été surprise, agréablement surprise d'ailleurs, compte tenu en plus de la visibilité de Dominique STRAUSS-KAHN maintenant au niveau international, c'est une fierté pour les socialistes d'avoir un socialiste…

Jean-Michel APHATIE

Mais est-ce que c'est la place du directeur général du Fonds monétaire international d'être dans un colloque du Parti socialiste ?

Ségolène ROYAL

Mais je crois que c'est à lui de le définir, il l'a d'ailleurs très bien expliqué, ça n'est pas parce qu'il est à la tête du FMI qu'il cesse d'être un militant socialiste. Et j'ai trouvé cette présence amicale et bienvenue.

Pierre-Luc SEGUILLON

Est-ce que cette présence amicale et bienvenue vous fait penser que Dominique STRAUSS-KAHN reste un atout important pour les socialistes pour l'échéance de 2012 ?

Ségolène ROYAL

Dominique STRAUSS-KAHN est un atout pour les socialistes. Les échéances de 2012 ne sont pas notre préoccupation actuelle.

Pierre-Luc SEGUILLON

Je vous posais cette question parce que pour le moment, il est au FMI, mais il pourrait en revenir, le moment venu, bien sûr…

Ségolène ROYAL

Ecoutez, les échéances de 2012 ne sont pas nos préoccupations actuelles. Et heureusement, les Français vivent aujourd'hui une forme de désillusion profonde, qui fait place d'ailleurs à une forme d'exaspération. Je m'en rends compte tous les jours, puisque je me déplace beaucoup pour soutenir les candidats aux élections municipales, donc au contact de la population, essayer de comprendre et de voir ce qui est vécu. Nous attendions beaucoup d'un certain nombre de promesses, on y reviendra sans doute…

Jean-Michel APHATIE

On va y venir…

Ségolène ROYAL

Et aujourd'hui, la désillusion est très, très profonde, et je dirais même, les frustrations sont très profonde
s, notamment parmi les couches les plus précarisées de la société, et en particulier…

Voir la suite sur le lien ci-dessous

 

par Arnaud Fage publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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Jeudi 17 janvier 2008

« Donnons un bon avertissement » au pouvoir et refusons « l'irréversible » en Iran

Message de Ségolène Royal 

Chers Amis,

Après Saint-Bieuc samedi dernier, ville où Danielle Bousquet est en campagne, je me suis rendue hier à Strasbourg aux côtés de Roland Ries. Là encore, l’atmosphère était très chaleureuse ; et là encore, j’ai vu un parti socialiste en ordre de bataille, pleinement mobilisé pour reprendre la ville à la droite.

À cette occasion, nous avons tous deux déploré les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy. Car avec lui, plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent. Après avoir traité de l'économie solidaire dans un restaurant coopératif, nous avons rappelé l'absence de baisse du chômage, qui ne cesse de toucher très fortement les jeunes.

Nous avons également mis en cause le recul de l'État sur les solidarités essentielles, avec en particulier l'instauration des franchises médicales. Dans le quartier sensible du Neuhof, Roland Ries m’a fait rencontrer une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère : magnifique initiative, source de sociabilité et de convivialité, dans un quartier délaissé par l’équipe municipale en place. Merci aux bénévoles, aux animateurs, aux travailleurs sociaux d’entretenir ainsi l’espoir !

Avec des personnes âgées, nous avons participé à un thé dansant qui se tenait dans le quartier Hautepierre : j’ai senti le mécontentement de beaucoup contre un gouvernement qui avait promis d’augmenter le minimum vieillesse et les petites retraites, et qui n’a encore rien fait. Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ferait une lecture nationale des résultats aux élections locales. Face à la politique du pire, nous devons donner lui un bon avertissement en votant massivement pour les candidats de la gauche !

Dans la matinée, je m'étais rendue sur le site de Sony France à Ribeauvillé, dans le Haut Rhin, où 230 emplois sur 719 sont menacés. Les salariés sont frappés par leur cinquième plan social en l’espace de quelques années, résultat d’un manque complet d’anticipation des mutations industrielles.

A la fin des mes entretiens avec les syndicats et la direction, je suis sortie de l’usine où m’attendait une centaine d’ouvriers. La presse, qui n’avait pas eu l’autorisation d’entrer, a calmement forcé le barrage et pu rencontrer les salariés du site.

J’ai rappelé les exigences suivantes : la France devait enfin se doter d’une véritable politique industrielle, notamment en matière de sous-traitance ; il n’y aurait pas de fatalité à la désindustrialisation si tout était fait pour pousser les entreprises à innover et anticiper ; il fallait que l’Europe trouve les moyens de se protéger et de s’organiser ; enfin, la formation tout au long de la vie ne devait pas rester une incantation, mais devenir une réalité !

Merci à tous ceux qui m’ont accueilli avec tant de gentillesse et qui m’ont accordé leur confiance ! Je leur souhaite bon courage dans leur lutte ! Je suivrai ce dossier attentivement et écrirai dans les prochains jours à la direction de Sony-Europe.

Dans le train du retour, j’ai appris en lisant le journal Le Monde que la France allait installer une base navale à Abou Dabi, en face des côtes iraniennes. C'est une décision lourde de sens qui a été prise en catimini par le chef de l'État, sans débat au Parlement, en nous plaçant devant le fait accompli.

Quel signal souhaite ainsi envoyer Nicolas Sarkozy ? Cherche-t-il à être le meilleur élève de la « classe Atlantique », au moment où le Royaume-Uni fait entendre sa différence ? Cherche-t-il à provoquer sciemment l'irréversible en créant les conditions d'une montée des extrêmes dans la région ? Comment justifier ces positions « bottées » au moment où il dissémine les centrales nucléaires un peu partout au Moyen-Orient ? Où est la cohérence ?

La fermeté face à l'Iran est une nécessité. J'ai été la première à avertir des dangers de la politique d'enrichissement d'uranium menée par Téhéran. Mais cette fermeté doit être efficace et ne pas conduire à l'escalade, ainsi que l'ont compris aussi bien les candidats démocrates à l'élection présidentielle américaine que l'ancien secrétaire d'État républicain James Baker.

L'Iran doit se conformer à ses obligations internationales, mais jamais la politique du « bâton » n'a réussi à créer les conditions de la sécurité et de la stabilité. Plutôt que de se lancer dans une surenchère suiviste de G. W. Bush, la France doit faire entendre la voix de la raison et proposer à l'Iran les voies d'une sortie par le haut.

Il est encore temps d'éviter le pire : offrir à l'Iran de s'intégrer pacifiquement à la communauté internationale, ainsi que le préconise le rapport Baker. Et puisque le président de la République est prêt à « discuter avec tout le monde », qu'il aille à Téhéran avant qu'il ne soit trop tard, ainsi que Nixon l'avait fait avec la Chine !

À très bientôt,

Amicalement,
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Venez nombreux au
Grand Débat avec Ségolène Royal

Samedi 19 janvier 2008, à 14 heures 30,
à la Maison de la chimie (28 rue Saint Dominique - 75007 Paris – M° et RER Invalides)

Interviendront aussi :
Vincent Peillon, Manuel Valls, Gaëtan Gorce, Pierre Moscovici, Marisol Touraine, et en modérateur François Rebsamen.
 


 


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Trois questions à Marc Lazar

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Marc Lazar est professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences po. 

Vous avez consacré un ouvrage « au moment Berlusconi », peut-on parler de similitudes avec la présidence Sarkozy ? Si oui, lesquelles ?

Sarkozy a des points communs avec Il Cavaliere. L’importance qu’il accorde à sa propre personne, le soin apporté à la médiatisation, son effort constant pour présenter une image « people » de lui-même, sa capacité à imposer son propre agenda politique, son style percutant de communication, sa propension à la séduction, son activisme débridé, son aptitude à construire un ensemble de valeurs plus ou moins cohérent mais qui séduit, l’édification d’un bloc électoral fondé sur deux grands piliers, d’un côté, les chefs d’entreprises, les professions autonomes et libérales et les personnes à hauts revenus, de l’autre, des catégories populaires faiblement instruites et politisées, inquiètes des transformations de monde moderne qui les marginalisent, terrifiées par l’insécurité et apeurées par l’immigration. Mais les différences sont légion. Le contexte politique et institutionnel de la France et de l’Italie ont peu de choses en commun. Sarkozy est un vrai professionnel de la politique et non point un chef d’entreprise au cœur d’un conflit d’intérêt qui joue de l’antipolitique tout en ayant vite appris les ficelles du métier politique. Il ne possède pas ses propres chaînes de télévision ni un grand groupe de communication et éditorial, fut-il en liaison étroite avec les patrons de puissants médias. Il n’est pas milliardaire même s’il est décomplexé envers l’argent et s’il entretient des rapports privilégiés avec certains milieux d’affaires. Il dispose d’un parti héritier d’une longue tradition mais qu’il a fait évoluer. Il n’a pas de coalition puisqu’il a quasiment unifié les droites, terrassé le Front National en lui reprenant quelques-uns de ses thèmes et satellisé une partie des centristes. Il est un acteur politique expérimenté, rude dans la confrontation avec l’adversaire mais sachant le prendre à contre-pied, par exemple en ouvrant son gouvernement à des personnalités de gauche ce qui sème la zizanie chez les socialistes. Nicolas Sarkozy n’est pas le Silvio Berlusconi français et la gauche commettrait une erreur supplémentaire si elle se contentait de stigmatiser le président français en le qualifiant ainsi au lieu de chercher à comprendre sa force (mais aussi ses faiblesses), sa complexité et surtout les ressorts de son dynamisme.

S Berlusconi et N Sarkozy plongent-ils aux mêmes racines idéologiques?

Plus que d’idéologie bien structurée autour de noyaux doctrinaux identifiables, il vaut mieux parler de tentatives d’imposer des formes d’hégémonies culturelles autour de quelques idées et valeurs afin de cimenter la formation de bloc sociaux (pour parler comme Antonio Gramsci) tout en désignant des ennemis. A cet égard, les comparaisons sont suggestives. Berlusconi a essayé, et essaye toujours, de se présenter, d’un côté, comme le parangon de libéralisme économique, de la liberté, de la modernité, de l’individualisme et en adepte de l’Europe. D’un autre côté, il se veut le protecteur des « petites gens », le hérault des traditions (celles de l’Eglise et de la famille par exemple), le défenseur de l’identité nationale voire le promoteur de la fierté italienne (le premier parti qu’il a fondé en 1994 s’appelait symboliquement Forza Italia) et le critique de l’Europe. Le premier type de discours s’adresse surtout aux Italiens du Nord (les entrepreneurs, les artisans, les commerçants, les professions libérales, les salariés du privé à revenus élevés), le second à ses autres électeurs, plus populaires, répartis sur tout le territoire. Pour conquérir le pouvoir en 1994 et 2001, l’ambivalence de ces discours a payé. Mais durant sa législature de cinq ans entre 2001 et 2006, il a du faire des choix (souvent motivés également par la volonté de satisfaire ses propres intérêts personnels) qui ont satisfait une partie de ses électeurs et déçu une autre. Sarkozy a lui aussi mis ensemble des références diverses et variées empruntées aux trois droites qu’il veut unifier et aux électeurs composites qu’il a rassemblés. Nombre de thèmes déclinés par Berlusconi se retrouvent dans les discours de Sarkozy (sans que cela ne signifie en aucune mesure qu’il les lui a empruntés) mais selon des caractéristiques françaises forgées par l’histoire avec, par exemple le poids de l’Etat dans notre pays, la puissance de l’idée nationale, l’importance de la mission que se donne la France, la vigueur de la question laïque, le rôle que joue l’éducation dans notre société etc. Ajoutons que Sarkozy a voulu relancer une sorte de grand récit national qu’il prétend incarner et qui n’a pas d’équivalent en Italie. En revanche, Berlusconi et Sarkozy ont besoin d’adversaires qu’ils combattent résolument : les communistes, les juges et les intellectuels pour l’Italien, mai 68, la « gauche » libertaire et certains journalistes pour le Français.

Peut-on estimer que l’émergence de ces deux hommes aux plus hautes fonctions est l’expression d’une crise de nos démocraties, d’une crise des gauches ?

Les contextes politiques sont à la fois semblables et différents. Nos deux pays connaissent un profond malaise démocratique avec un rejet de la politique, une méfiance envers les institutions ou encore une détestation des élites. Mais l’Italie vit depuis les années 90 une crise politique sans équivalent dans les autres principaux pays européens, et cela la spécifie. Berlusconi s’est présenté comme l’antipolitique qui réglerait les problèmes politiques italiens mais est devenu un acteur politique comme un autre. Pour éviter la banalisation, il a besoin de manière récurrente de verser dans l’outrance et la provocation. Sarkozy a, selon moi, voulu répondre au malaise français en redonnant comme il ne cesse de le dire « le goût de la politique », en suscitant de nouvelles passions, en pratiquant la fameuse « triangulation », enfin en se présentant comme un leader qui assume l’autorité et la décision même si ses premiers mois de présidence montrent que la rhétorique de la rupture ne saurait occulter la continuité avec les gouvernements Chirac, sa prudence, ses hésitations, voire ses retournements (ce qui explique aussi le début de la fin de son état de grâce). De ce point de vue, chacun à leur façon et en l’occurrence selon des modalités différentes, Berlusconi et Sarkozy sont, à la fois, le produit de la crise des démocraties et des acteurs de celle-ci. Ils profitent également des difficultés importantes de la gauche qui connaît une crise multidimensionnelle : sociologique, stratégique, programmatique, identitaire et de leadership. A cet égard, une différence de fond surgit. La gauche italienne, par deux fois, a été battue deux fois par ce redoutable adversaire qu’est Silvio Berlusconi (en 1994 et en 2001), mais elle a réussi aussi, dans un contexte extrêmement difficile, à vaincre deux fois (en 1996 et en 2006) ; notamment (et pas exclusivement) grâce sa stratégie d’alliance avec une partie du centre. En outre, depuis peu, elle a forgé un nouveau parti, le Parti démocratique, qui résulte, entre autres, de la fusion de formations venues de la gauche (communiste puis de type social-démocrate) et de la Démocratie chrétienne. Que fera la gauche française pour l’emporter face à Sarkozy en 2012 ? La question est ouverte et ne peut que susciter une autre réflexion comparative sur les itinéraires et les choix actuels des gauches des deux côtés des Alpes.

Marc Lazar est professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences po. Il est cette année « visiting professor » à la Luiss (Libera Università degli studi sociali) de Rome. Il a récemment publié :
L’Italie à la dérive. Le moment Berlusconi, Paris, Perrin, 2006 et avec Gianfranco Baldini, La Francia di Sarkozy, Bologne, Il Mulino, 2007. 

par Arnaud Fage publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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Mardi 15 janvier 2008

"Donner un bon avertissement" au pouvoir.


Ségolène Royal, à Strasbourg pour soutenir le candidat PS, évoque l'enjeu des municipales.

Ségolène Royal dénonce "les lendemains qui pleurent" à cause "des promesses non tenues" du candidat Nicolas Sarkozy, appelant les électeurs à donner "un bon avertissement au pouvoir" lors des élections municipales en mars.

"
Combien de personnes retraitées et âgées y ont cru et ont dès lors voté pour lui", s' interroge-t-elle.

"
Plus que les lendemains qui déchantent, ce sont les lendemains qui pleurent",affirme-t-elle, soulignant que le chômage n'a pas non plus reculé pour les jeunes et que lorsque l'Etat recule sur les solidarités essentielles comme la franchise médicale, il faut donner "un bon avertissement".

Ségolène Royal s'est exprimée devant des élus et des candidats socialistes aux municipales dans un restaurant coopératif où elle a évoqué l'économie solidaire.

Elle a ensuite rencontré dans le quartier sensible du Neuhof une association d'aide à l'insertion des femmes d'origine étrangère.

En fin d'après-midi, elle a dédicacé son livre "Ma plus belle histoire, c'est vous" dans une librairie du centre ville.

Dans la matinée, la présidente de Poitou-Charentes s'était rendue sur le site haut-rhinois de Sony France à Ribeauvillé où 230 emplois sur 719 sont menacés pour y rencontrer la direction puis les syndicats.

Elle rappelle à cette occasion qu'elle désire pour la France "
une politique industrielle et de la sous-traitance".

"
En France, les entreprises de sous-traitance sont pressurisées par les grands groupes, mais il n'y a pas de fatalité: il faut que les chefs d'entreprise rendent des comptes et Nicolas Sarkozy doit se mobiliser".

Interview de Ségolène Royal sur Europe 1

Jean-Pierre Elkabbach :
Ségolène Royal bonjour.

Ségolène Royal : Bonjour.

Je vous remercie d'être en direct sur EUROPE 1 et avec nous pendant 20 minutes. Nous sommes à la mi janvier. Je pense qu'il est encore temps, qu'est-ce qu'il faut vous souhaiter pour 2008 ?

Ce qu'il faut me souhaiter pour 2008, c'est pas pour moi personnellement mais c'est d'avoir la capacité de m'engager avec d'autres pour incarner avec les socialistes et la gauche de nouvelles façons d'agir et de nouvelles raisons d'espérer et d'entreprendre.

Donc vos souhaits sont politiques d'abord ?

Bien sûr parce que vous m'invitez en tant que personnalité politique.

C'est un ensemble que je reçois avec plaisir. Pour les municipales presque chaque jour, vous allez sur le terrain, vous allez soutenir des candidats. Est-ce que vous dites aux électeurs, votez contre tel candidat ou maire UMP ou votez contre SARKOZY ?

Vous savez je suis moi-même une élue de terrain depuis 20 ans d'une circonscription rurale, aujourd'hui présidente de la région Poitou Charentes et je crois la politique, c'est d'abord cela, c'est d'abord recueillir la confiance de ses concitoyens pour gérer un territoire et pour mettre en place des politiques efficaces. Donc un scrutin local comme les municipales, c'est d'abord choisir un bon maire soit parce qu'il a un bon bilan, soit parce qu'il a un bon projet, parce qu'il a un bon comportement politique. Bref parce qu'il est capable de défendre son territoire et d'y améliorer la vie des gens.

Donc vous restez au niveau local ?

Je pense que c'est la principale motivation et en même temps, tous ceux qui disent que les élections municipales ne sont pas politiques ne disent pas vraiment la vérité. Pour plusieurs raisons. D'abord c'est le président de la République lui-même qui a dit qu'il voulait faire de ces élections municipales un enjeu national.

Son Premier ministre disait hier, c'est pas tout à fait un test national, je ne …. pas les municipales

Enfin il a, en politique….

Pour vous-même.

… il faut dire les choses et s'y tenir. Donc ce que j'observe c'est qu'ils ont dit tous les deux qu'il s'agissait d'un test national. Qu'est-ce que c'est qu'un test national ? C'est un moment électoral où quand on va mettre son bulletin dans l'urne, on va dire si oui ou non on est content de la politique nationale. Alors c'est très simple, si nous sommes contents de la politique qui est conduite soit, mais si nous pensons que les promesses et notamment celles sur lesquelles les Français ont voté majoritairement pour Nicolas SARKOZY et en particulier quand il a promis qu'il serait, par exemple, le président du pouvoir d'achat ou par exemple qu'il allait augmenter de 25% le minimum vieillesse des petites retraites ou par exemple qu'il allait demander, je cite textuellement ses engagements de campagne, qu'il allait demander aux entreprises d'augmenter les salaires, si on pense qu'il n'a pas fait tout cela, alors il ne faut pas voter pour les candidats UMP. Sinon qu'est-ce qui va se passer au moment des résultats ? Nicolas SARKOZY dira, ben vous voyez vous êtes contents de ce que je fais, donc je continue à la fois dans l'inaction et dans la précarisation et ça, ce n'est pas possible.

Donc, en votant contre tel ou tel maire UMP ou candidat UMP, on vote contre Sarkozy ?

Je pense, puisque la lecture des résultats, et c'est Nicolas SARKOZY lui-même qui a nationalisé le scrutin, la lecture des résultats sera faite par lui, comme cela, donc il faut que les électeurs, en effet, soient conscients de la façon dont les résultats des municipales seront lus. Et en même temps, je le redis, un scrutin municipal, et vous savez, les électeurs ne s'y trompent pas, ils ne veulent pas pareil aux municipales, aux cantonales, aux législatives et aux présidentielles, ils savent parfaitement quels sont les enjeux des scrutins et donc c'est d'abord de soutenir de bons maires, et quand je vois en effet le travail considérable que font les maires socialistes, puisque c'est là où je me déplace, où les candidats socialistes par rapport à leur programme, il y a en effet des différences notables entre les différents projets, même s'il y a des maires de droite qui font des bonnes choses dans leurs communes, ne schématisons pas les choses. En même temps, je pense que les options des maires socialistes, dont des options qui sont, qui portent un certain nombre de valeurs auxquelles nous tenons.

Vous allez sur le terrain. Est-ce au nom du Parti socialiste ou avec un mandat ou une mission du PS ? En fait la question c'est qui conduit la campagne municipale du PS ?

Mais ce sont les candidats d'abord qui conduisent leur campagne. IL y a 36 000 candidats.

Puisque c'est une élection nationalisée.

Oui mais une élection nationalisée, je viens de le dire.

A tendance locale.

Je ne vais pas me répéter mais une élection nationalisée du fait même de la déclaration du Premier ministre et du président de la République et puis parce que toute élection est politique. D'ailleurs ceux des candidats UMP, ils sont nombreux, je le vois sur le terrain qui disent mais ces élections ne sont pas politiques, c'est qu'ils ne sont pas bien fiers du bilan actuel de leur président de la République. C'est ça qui est étonnant.

A partir de quel score ou de combien de mairies gagnées ou gardées vous estimerez que c'est une victoire ou votre victoire ?

Je ne sais pas parce que c'est une question un peu arithmétique. Moi je vais là où les candidats me demandent de venir les soutenir. Beaucoup notamment de communes périphériques des grandes villes, là où les familles ont beaucoup de difficultés compte tenu de la hausse des prix, en particulier. Vous savez ce que je vois, y compris dans ma propre région avec la hausse du coût de l'énergie en particulier, quand il y a des familles à revenu moyen où les deux parents travaillent et où les deux parents doivent avoir une voiture, il y a une dégradation dramatique du niveau de vie parce qu'il faut rogner sur tout. Je vois aussi des personnes âgées qui ne font plus qu'un repas par jour avec la hausse du prix de l'énergie et qui choisissent de ne plus se chauffer toute la journée. Donc la réalité du pays, je crois, est grave aujourd'hui. Il faut s'en rendre compte. Et tout cela est en train d'immerger dans les élections municipales. C'est pour ça aussi qu'elles sont politiques.

Est-ce qu'on doit dire la réalité du pays parce que c'est un problème de croissance planétaire, l'augmentation du prix de l'énergie et des matières premières c'est un problème mondial, ou est-ce que c'est un problème mondial avec une couleur nationale ? Parce qu'il y a des problèmes qui sont mondiaux aujourd'hui.

Ecoutez, pendant la campagne présidentielle on a entendu le candidat Nicolas SARKOZY nous dire qu'il allait provoquer un choc de croissance, aller chercher la croissance avec ses dents, que le contexte mondial n'était pas une raison suffisante pour expliquer l'inaction des politiques. Et je crois qu'il doit maintenant passer aux actes. Qu'est-ce qui s'est passé depuis 7 mois comme réforme fondamentale pour faire avancer le pays ?

On va le voir tout à l'heure mais on a l'impression que c'est une réédition ces municipales, une réédition de 2007. Est-ce que pour vous, c'est le premier tour de la revanche ou de la reconquête ?

Non c'est ni une revanche ni une reconquête puisque chaque époque apporte ses questions nouvelles et ses problèmes nouveaux. Les questions qui se posent aujourd'hui, 7 mois après l'élection présidentielle, ne sont plus les mêmes puisque le pays a déjà bougé. L'inaction a aggravé un certain nombre de situations. Donc moi ma préoccupation en tant que responsable politique, c'est de faire en sorte que la France se réforme, que les choses aillent mieux. Je ne souhaite pas que le pays aille plus mal. Donc avec le poids de ma parole politique, ma préoccupation c'est de faire en sorte que le pays avance et que les réformes, les bonnes réformes soient effectivement faites. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.



Alors l'actualité est en effet forte. On va en prendre quelques thèmes. L'évolution du contrat de travail.

Après quatre mois de négociation, vous avez vu que les syndicats et le MEDEF se sont mis d'accord sur un projet de 24 pages. Ils estiment faire progresser en France la flexi-sécurité. Vous en souteniez le principe avec votre collaboratrice et amie Dominique MEDA, est-ce que c'est un progrès ce qui s'est fait et est-ce que vous pensez que les syndicats doivent conclure l'ensemble par une signature ?

C'est aux organisations syndicales de le dire. Vous voyez ce que je trouve bien, c'est qu'il y ait un dialogue social. Il vient tard, il ne porte pas malheureusement sur tous les sujets sociaux comme l'a dit François CHEREQUE hier. C'est une toute petite partie des réformes dont le pays…

Il a dit que c'était équilibré, modeste. C'était dans une émission de EUROPE 1.

Oui mais il a dit aussi que c'était une toute petite partie de réforme dont le pays a besoin.

Mais on a compris que lui penchait plutôt vers la signature. Il attend jeudi.

Laissons les organisations syndicales.

Mais votre avis à vous ?

Attendez, laissons les organisations, les partenaires sociaux libres de conclure car ce qui est insupportable, c'est de négocier sous le poids du chantage. Comme l'a fait Nicolas SARKOZY en disant, attention si vous ne signez pas, il y aura une loi. Et comme l'ont dit les leaders syndicaux, ce ne sont pas des petits garçons et des petites filles. Je reprends leur expression. Donc responsabilisons et respectons les organisations syndicales. Si elles pensent que ce contrat est équilibré et je pense qu'il y a des choses qui sont bonnes dans cette démarche-la mais il faut les expérimenter et voir si elles sont effectivement efficaces.

Mais pour vous politique, est-ce que c'est une bonne arme, une des armes contre le chômage et pour l'emploi ?

Je ne crois absolument pas que ce soit ce contrat-la qui va permettre de lutter contre le chômage. Il va permettre pour certaines entreprises, ce que j'appelle une certaine agilité des entreprises sans précariser les salariés mais dans une toute petite partie de l'économie. Moi ce que je pense, c'est qu'il faut, la charrue est mise un peu avant les bœufs. Autrement dit, le dialogue entre les partenaires sociaux serait beaucoup plus efficace si il y avait aussi une réforme du syndicalisme, si il y avait beaucoup plus de salariés qui adhèrent à une organisation syndicale, si les syndicats étaient partout, dans toutes les entreprises. Et on pourrait voir ainsi comme dans les pays du Nord de l'Europe par exemple, des réformes se faire, des réformes fondamentales parce que les entreprises ont à la fois besoin d'agilité sans que cette agilité ou cette flexibilité ou cette souplesse ne soit payée par une précarisation des salariés. Donc il faut à la fois tenir à la fois la sécurisation des salariés d'un côté et en particulier par la Sécurité sociale professionnelle, ce qui manque dans le projet de contrat, qui n'aborde…

Il y a une sécurisation des parcours professionnels dans l'accord.

Qui est très marginale. Ce qu'il faut aujourd'hui c'est créer un véritable service public de l'emploi et pas un service public du chômage. C'est-à-dire qu'il y ait un texte qui fasse la fusion ANPE UNEDIC, j'anticipe peut-être une de vos questions, je pense que ça va dans le bon sens. Il faut passer d'un service public du chômage à un service public de l'emploi mais qui intègre en plus et ça c'est pas encore engagé, la formation professionnelle tout au long de la vie, la sécurisation des parcours professionnels. C'est un chantier considérable et qui doit absolument s'accélérer.

Mais on laisse les syndicats en parler. Mais vous avez noté vous-même et vous l'avez dit que c'est un début de dialogue social même si il est tardif. Il se met en route. L'Europe, elle fait du mal et du tort au Parti socialiste. Si vous étiez député, est-ce que vous iriez au congrès de Versailles, est-ce que vous voteriez la révision préalable de la Constitution ? Et après est-ce que vous voteriez le traité de Lisbonne ?

On sait bien que l'Europe est un sujet très passionnel pour les socialistes. Moi je crois qu'il faut dépasser l'antagonisme entre le oui et le non. Il ne faut pas que les socialistes se disputent à nouveau sur cette question de la procédure. Je crois que toute cette énergie qui est perdue dans les polémiques devrait être investie très rapidement dans le travail et dans la définition et…

Concrètement ça se traduirait de quelle façon ?

Attendez laissez-moi terminer, dans le travail, parce que c'est très important je crois. Ce qui est important ce sont les intérêts du pays, c'est comment la France avance dans une Europe qui se débloque. Donc les socialistes ont des choses à dire par rapport à cela et ce qui est important, c'est que nous investissions nos intelligences collectives dans la définition concrète du contenu de l'Europe. Quelle Europe sociale ? Comment est-ce que l'on fait pour unir nos moyens européens, pour investir dans la recherche et dans l'innovation ? Comment est-ce qu'on ne se laisse pas dépasser par l'Inde, par la Chine et même par l'Amérique latine qui devient extrêmement dynamique ? Donc le monde bouge, l'Europe doit se structurer, doit bien fonctionner, donc le mini traité ou le traité simplifié va permettre à l'Europe même si il n'est pas totalement satisfaisant, de mieux fonctionner à 27 et donc il faut adopter ce traité simplifié. Mais ce qui est surtout très important, c'est de dire très rapidement quel contenu donner à l'Europe et quelles actions concrètes vont nous permettre de relancer la croissance européenne. C'est ça qui est important.

Mais on le fait mieux si on est dans l'Europe et si on a dit oui à l'Europe ?

Bien sûr. Il faut dire oui à l'Europe sans arrière pensée, tout en étant conscient que le texte aurait pu être meilleur mais c'est par l'action politique, par le combat politique au Parlement européen, par les parlementaires européens, au Parlement français, sur les territoires parce que nous gérons les fonds européens dans nos régions. Et c'est là qu'il faut donner un contenu à l'Europe.

Est-ce que pour vous Tony BLAIR reste une référence ?

Vous savez moi ce que je crois, c'est qu'on ne peut jamais schématiser ou simplifier ou réduire des enjeux politiques contemporains à une seule personne. Il y a eu des choses, vous vous souvenez quand j'étais la première à dire que Tony BLAIR n'avait pas tout…

Oh la la qu'est-ce que vous avez pris.

Qu'est-ce que j'ai entendu ! Ca me fait drôle d'entendre aujourd'hui…

Est-ce que vous le répétez aujourd'hui ?

Oui bien sûr. Il a fait des choses bien.

Hier, Bertrand DELANOË se disait concerné par les propos de Tony BLAIR, il a ajouté qu'il ne pensait pas avoir autant de points d'accord avec lui, et vous, avec Tony BLAIR, aujourd'hui ?

Oui, je n'ai pas, d'ailleurs, entendu Bertrand DELANOË, au moment où je disais que Tony BLAIR n'avait pas tout faux. Il n'avait pas tout faux, c'est vrai, mais en même temps, il succédait à 11 ans de thatchérisme, donc c'était assez simple aussi. Il avait fait… par exemple, il a créé un salaire minimum, il a doublé l'allocation de paternité, il a fait des choses.

Il l'a dit au conseil national de l'UMP. Justement qu'est-ce que ça vous a fait ou comment vous jugez sa présence aux côtés de Nicolas SARKOZY, au conseil de l'UMP dont a parlé tout à l'heure Catherine NAY ?

Juste pour terminer. Il a aussi voté pour la guerre en Irak, là je ne m'y reconnais pas. Il est très pro BUSH, là je ne m'y reconnais pas non plus. Donc on ne peut pas prendre globalement le bilan de Tony BLAIR. Mais il a…

Mais il reste une référence ?

Il est une référence, je vais vous dire, sur un point, même si c'était plus facile à faire comme je viens de le dire à l'époque parce que la droite que nous avons aujourd'hui en France est sans doute plus maligne et plus habile que ne l'était Margaret THATCHER et moins dogmatique aussi, en tous cas apparemment. Il a transformé son parti et je crois que le travail que nous avons à faire est de même nature que celui qu'il a fait en transformant le Labour en New Labour.

Alors le 3 janvier sur FRANCE 2, on a compris que vous étiez candidate à la direction du Parti socialiste. Depuis, jusqu'à samedi soir toujours sur FRANCE 2, vous paraissez faire marche arrière. Est-ce que vous êtes allée trop loin ou trop vite ?

Non je ne fais pas marche arrière mais je dis, mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

Je vous demande de dire ce que vous voulez dire.

Oui. Je pense qu'on est aujourd'hui dans une étape, les élections municipales qui sont aussi une étape politique.

Mais le 3 janvier aussi on l'était.

Et le 3 janvier aussi. Nous sommes aussi dans une étape de reconstruction idéologique, programmatique de la gauche. Ca c'est la vie politique et la vie de toute organisation politique et c'est pas facile ma mission parce que vous avez observé quand pendant 6 mois je me suis tue, on m'a dit mais pourquoi Ségolène se tait ? Est-ce qu'elle est malade, est-ce qu'elle est épuisée ? Est-ce qu'elle est déprimée ? Est-ce qu'elle a fondu comme un bonhomme de neige ? J'ai même entendu ça.

Et vous étiez quoi ?

J'avais décidé à mon rythme de quitter…

D'assumer ou d'accepter ce qui s'était passé en mai ?

Non ce n'est pas ça. J'avais décidé à mon rythme de quitter le terrain de jeu et en même temps de continuer à travailler. Je n'ai pas cessé de travailler, de réfléchir, de rencontrer les…

Mais est-ce que là maintenant vous hésitez ou vous y allez à la direction du Parti socialiste ?

Il y a deux choses. C'est un aboutissement la direction du Parti socialiste, ce n'est pas un préalable.

Donc ça passe par les municipales ?

Ca passe par, non ça passe par les municipales au sens où dans les élections municipales il y a aussi des valeurs qui émergent. J'étais à Saint Brieuc par exemple soutenir une candidate Danielle BOUSQUET qui a fait toute sa campagne avec des forums participatifs donc il y a une vision aussi de la politique et des relations entre les dirigeants et ceux qui apportent leur suffrage. Il y a des projets des maires socialistes contre le chômage des jeunes. On note deux problèmes aujourd'hui en France. La question du chômage des jeunes, la question du chômage des seniors. Et d'ailleurs aujourd'hui ces problèmes-la ne sont pas pris à bras le corps par le pouvoir. Et sur les territoires, ils sont pris à bras le corps par les communes, par les départements et par les régions pour maintenir le lien social là où le recul de l'Etat fragilise le lien social.

Mais ce matin et alors que vous allez sans doute soutenir quelqu'un dans la journée ou demain, quelle est votre intention ? Diriger le moment venu le PS et quand ?

Mon intention elle est très simple, c'est de mettre le potentiel politique que je représente au service du collectif. C'est-à-dire qu'on voit bien et vous avez la gentillesse de m'inviter, il y a longtemps que je ne suis pas venue sur EUROPE 1.

C'est de la faute à qui ?

Donc vous voyez, une nouvelle étape. Mais c'était volontaire.

Mais vous étiez où ? Vous pouviez venir.

Une nouvelle étape s'ouvre. Et donc ce que je veux mettre, ce potentiel politique et les idées, un certain nombre d'idées qui ont été portées pendant la campagne présidentielle, que les Français ont entendues, j'ai fait bouger un certain nombre de lignes politiques et donc mon objectif, c'est de rassembler tous ceux qui le veulent pour que nous continuions à travailler. C'est de faire émerger, de pousser en avant une nouvelle génération des futurs dirigeants pour préparer une alternative. C'est de continuer à travailler sur le fond des choses pour apporter…

Mais à côté du PS ou à la tête du PS ? Pace que ce n'est pas clair.

Mais ce n'est pas clair, mais les choses se clarifieront au fur et à mesure.

Mais dans votre tête à vous ?

La politique n'est pas quelque chose de schématique. Moi je m'adapte au contexte actuel.

Mais par exemple est-ce que vous pourriez accepter qu'on trouve un dirigeant qui rassemble, si il y en a un, qui prépare la suite, qui ne soit pas lui-même candidat en 2012 et qui dirige le parti ?

Je pense qu'il n'est pas temps de parler des élections de 2012. Je rencontre beaucoup de Français, qu'est-ce qu'ils disent, qu'est-ce qu'ils me disent aujourd'hui les gens ? Je rencontre énormément de gens aujourd'hui parce que je vais sur les territoires soutenir des candidats, il y a eu toute la période des vœux donc on rencontre beaucoup de citoyens, on les écoute. Ecoutez ce qui est insupportable, c'est d'entendre parler des élections de 2012. Moi-me je n'en parle jamais. Je ne sais pas qui sera candidat en 2012 et pour les gens c'est insupportable. Aujourd'hui c'est le temps de l'action politique donc ma responsabilité c'est de pousser le pouvoir en place à agir correctement pour que la France avance et que les inégalités reculent et que les Français aient le sentiment, contrairement à ce qu'ils vivent aujourd'hui, que le descenseur social, c'est-à-dire que ce sentiment d'être tiré vers le bas s'arrête et que chacun va avoir les moyens de construire sa vie et de progresser dans sa vie.

Donc le pouvoir, le pouvoir actuel en ligne de mire…

Non non, ce n'est pas ce que j'ai dit, le pouvoir…

Non mais c'est la conclusion, c'est-à-dire, ou la conséquence.

Le pouvoir actuel en ligne de mire pour le pousser à agir dans l'intérêt du pays…

Oui c'est ça.

Et parallèlement, un travail de fond pour être capable de proposer une ligne politique claire sur laquelle les militants socialistes auront l'opportunité de se prononcer lors du congrès. Et ensuite je pendrais mes responsabilités, toutes mes responsabilités y compris s'il le faut, on m'a dit que je n'étais pas une femme d'appareil, c'est vrai, je suis une femme concrète, qui aie toujours eu le souci du résultat des actions politiques que je conduisais, que ce soit dans mes responsabilités politiques locales que dans mes responsabilités ministérielles nationales. Mais j'ai compris aussi au cours de la campagne de l'élection présidentielle, que ça ne suffisait pas. On m'a même reproché d'avoir trop de charisme, à quoi ça rime ? Il faut ce lien personnel et chaleureux avec le peuple et ce lien personnel et chaleureux, il est toujours là.

Vous allez l'entretenir, voilà.

Mais j'ai compris aussi qu'il fallait une organisation politique pour faire gagner les socialistes, j'ai compris cela. Eh bien je prendrais toutes mes responsabilités, y compris celle que vous évoquez, si c'est nécessaire, si ça correspond à l'intérêt général de la gauche et donc du pays.

La décision personnelle n'est pas encore prise, vous êtes en chemin mais elle n'est pas prise, c'est ça ?

Elle est prise si les étapes précédentes sont réussies. Vous savez, moi je crois et c'est mon côté peut-être vieille France, que tout se mérite et que les choses doivent se faire modestement, progressivement en travaillant, étape par étape, en travaillant beaucoup et c'est ce que je fais aujourd'hui.

Ségolène Royal, à l'égard de Nicolas SARKOZY, du gouvernement FILLON et le leur majorité, comment doivent se comporter l'opposition et le Parti socialiste ?

L'opposition doit être déterminée parce que ce qui se passe aujourd'hui dans le pays n'est pas bon, les décisions ne sont pas bonnes, on a un pouvoir désinvolte, il faut mettre fin à cette désinvolture…

Oui vous avez dit désinvolte, exhibitionnisme pour SARKOZY qui vit comme un milliardaire…

Oui.

Il y a quelques mois vous refusiez contre votre adversaire, des attaques personnelles, aujourd'hui vous le traitez un peu de tous les noms, qu'est-ce qui a changé depuis ?

Mais ce ne sont pas des attaques personnelles, ce sont des constats politiques. Regardez, je vais vous lire la définition d'exhibitionnisme dans le dictionnaire. Exhiber : se montrer en public de manière ostentatoire, provocante, s'afficher. Est-ce que c'est cela que nous avons sous les yeux ? Oui ! C'est-à-dire que Nicolas SARKOZY a choisi de faire des évènements de sa vie privée, des évènements publics, comme Louis XIV, vous savez le petit matin du roi, le déjeuner du roi, le coucher du roi, les maîtresses du roi…

Oui mais là, c'est un roi qui a été élu !

Donc ça faisait partie de…

Mais…

Attendez, ça ne vous fait peut-être pas plaisir ce que je dis…

Ah mais moi, je m'en fous !

…mais laissez moi aller jusqu'au bout. Donc c'est un peu comme Louis XIV, comme la monarchie, où chaque évènement privé du roi était un évènement politique. Nicolas SARKOZY a choisi, ce ne sont pas les Français qui ont choisi ça, c'est lui qui a choisi de faire des évènements de sa vie privée, des évènements politiques. Comme il est le chef de l'Etat, ces évènements deviennent politiques. On est donc en droit de dire, vous savez, les gens disent bien pire, c'est très réservé…

Qu'est-ce qui disent de pire que vous ?

Sur le comportement actuel, écoutez, c'est une plaisanterie, les gens… vous avez lu la presse étrangère Jean-Pierre Elkabbach…

Oui je la lis beaucoup, même allemande, pas seulement anglais.

C'est très instructif. Alors que dit la presse étrangère ? Elle est extrêmement sévère, elle se demande même si Nicolas SARKOZY a la carrure, elle se demande même s'il ne porte pas atteinte au sérieux…

Mais c'est une question que vous ne vous posez pas ou vous vous la posez vous ? Vous vous dites il est énergétique dans tous les domaines comme dit votre ami Tony BLAIR.

J'écoute ce que dise les gens qui sont très sévères à l'égard de ce comportement, parce qu'on ne peut pas à la fois dire aux Français "les caisses sont vides" après avoir dit pendant la campagne "je vais tout augmenter" et avoir gagné des millions de voix grâce à ça ; aujourd'hui dire "les caisses sont vides et donc je ne peux rien vous donner". Alors attendez, quand il dit "les caisses sont vides", soit il a menti, soit il est incompétent. Mon hypothèse est plutôt la première : il a menti. C'est-à-dire qu'il savait pertinemment…

Que depuis longtemps elles étaient vides…

…puisqu'il est depuis cinq ans au pouvoir…

Depuis longtemps…

…donc il le sait.

C'est le résultat de 25 ou 30 ans.

Ce n'est pas ça. Il était depuis cinq ans au pouvoir, il savait donc pertinemment que les caisses étaient vides. Pourquoi donc pendant la campagne présidentielle, c'est une forme d'imposture, a-t-il promis une augmentation des petites retraites de 25%, pourquoi ? Pour aujourd'hui dire que les caisses sont vides. Donc il a menti, donc il faut aujourd'hui qu'il redise la vérité, qu'il recadre un peut tout cela, que la France récupère la dignité de la fonction présidentielle, qu'on remette le pays sur les rails et qu'on fasse des réformes sérieuses, durables et justes et s'il y a des réformes, je vais vous dire un scoop, s'il y a des réformes sérieuses, durables, justes, correctement négociées, acceptées par les Français parce que précisément elles seront justes et efficaces, eh bien je serais la

première à les soutenir.

La réforme des régimes spéciaux des retraites, ce n'était pas bien ? Les OGM, le traité européen de Lisbonne, les infirmières bulgares, la reprise du dialogue CHAVEZ – URIBE dans l'intention de faire libérer Ingrid BETANCOURT, c'est pas mal ?

Cela fait un vaste catalogue. J'observerai que les réformes, certaines réformes qui ont été annoncées comme étant faites ne le sont pas. La réforme contre la désertification médicale qui a été annoncée, a été retirée. La réforme des retraites a été tellement mal engagée qu'elle a produit du conflit social et des dégâts pour les usagers des transports…

Vous voyez pourquoi il faut que vous reveniez souvent, parce qu'il y a tellement de choses à vous dire… Mais tout à l'heure vous avez parlé du côté ostentatoire…

Mais pourquoi je ne peux jamais terminer mes phrases, mais les Français ont besoin d'écouter…

Mais non, mais parce qu'il y a tellement de choses…

…d'avoir de la pédagogie, de l'explication…

Justement…

…il ne faut pas laisser dire, le pouvoir en place que les réformes sont faites puisqu'elles ne sont pas faites. Moi je réclame les réformes parce que pense que dans un monde qui bouge, on doit bouger et que si les réformes ne viennent pas, ce seront toujours les mêmes qui seront victimes de l'absence de réformes. C'est-à-dire il y a ceux qui s'en sortiront et qui pourront aller de l'avant et ceux qui vont régresser et qui seront tirés vers le bas. Et ça, c'est ce qui est en train de se passer et c'est ça qui est dangereux. Pourquoi c'est dangereux ? parce qu'un pays a besoin de mobiliser toutes ses énergies et tout son potentiel et j'attends en particulier beaucoup du plan sur les banlieues parce que là, il y a une attente considérable et une énergie…

Et vous faites confiance à Fadela AMARA ?

Eh bien j'espère pour elle qu'elle aura les moyens que l'Etat, que le gouvernement va lui donner, les moyens de faire un vrai plan sur les banlieues en appuie sur les maires des banlieues qui savent parfaitement ce qu'il faut…

Donc on va en parler pendant la campagne municipale.

Et j'espère qu'il n'y aura pas une nouvelle Commission et un nouveau rapport qui soit commandé surtout.

Et il y a une question qui monte, qui est un peu embêtante, je vous la pose puisqu'elle est posée de plus en plus souvent à François HOLLANDE qui renvoie vers vous : vous dites que Nicolas SARKOZY a des amis industriels qui ont beaucoup d'argent etc, la question est, pourquoi est-ce Pierre BERGE et pas le Parti socialiste qui finance le bureau du boulevard Raspail de Ségolène Royal ?

Ecoutez, ne faisons pas n'importe quel amalgame. Quand Nicolas SARKOZY utilise pour ses loisirs des moyens d'un milliardaire dont le business dépend de l'action de l'Etat, on sait que monsieur BOLLORE a notamment des intérêts en Afrique très importants, ça n'a rien à voir. Quand un chef d'Etat utilise les moyens d'un milliardaire privé dont l'argent dépend pour une partie de la politique de l'Etat, c'est proprement…

Donc ce n'est pas la même chose ?

Attendez, c'est proprement scandaleux, ça n'existe dans aucun autre pays moderne. Quand au contraire une association se crée pour effectivement créer un lieu de réflexion, de travail et que cette association (où il n'y a d'ailleurs pas seulement Pierre BERGE) met en effet des locaux à disposition pas seulement de moi d'ailleurs, mais de toute une équipe d'experts qui travaillent, qui se rencontrent, qui réfléchissent, ça n'a absolument rien à voir. Et je sais que cet amalgame a été fait. Il y a des règles, il y a des lois qui permettent à des associations de fonctionner, à des dons de se faire, à des structures de réfléchir et c'est tant mieux et il y en a bien d'autres, ce qu'on appelle les "think thank" c'est-à-dire des lieux de réflexion où se rencontrent des experts, des personnes ressources de formations différentes, des chercheurs, des sociologues, des historiens, des savants, des acteurs de terrain, des associations, eh bien je suis très heureuse au contraire, d'avoir ce lieu pour travailler, pour rencontrer

et vous en verrez bien évidemment très prochainement les résultats puisque nous allons écrire, nous allons produire, nous allons organiser des colloques et ça je crois que c'est très important que la société se mette en mouvement.

Et vous ferez participer Edgard MORIN, j'ai noté que, à travers un papier du MONDE, que vous l'invitez à dîner ce soir ou demain…

Mais vous avez accès maintenant, vous espionnez mon agenda privé…

Non non c'est écrit dans LE MONDE noir et blanc, dans le portrait d'Edgard MORIN…

Et ce n'est pas le seul qui je rencontre.

Qui s'est prononcé pour vous, c'est le président SARKOZY qui le reçoit et je n'ose pas dire le pique ou pique quelques-unes de ses idées et vous l'invitez après…

Mais qui vous dit que je ne l'ai pas aussi rencontré avant ?

D'après ce qu'il dit, c'est lui qui ait regretté de n'avoir pas eu la chance de dîner avec vous. Un mot, un mot plutôt sur la stratégie.