Jeudi 28 février 2008

Message de Ségolène Royal sur la Pac
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Les agriculteurs doivent être respectés, ils sont essentiels à la société, ils ont une fonction noble et élémentaire l’alimentation. J’ai le plus grand respect pour eux, je connais les contraintes qui sont les leurs et leur engagement, leur savoir-faire pour l’aménagement et le développement des espaces ruraux.

La politique agricole conduite, ces dernières années, a entraîné une forte diminution de la valeur ajoutée de l’agriculture et de l’emploi.

Une minorité d’agriculteurs (20%) touche 70% des aides agricoles, ils sont également les acteurs de l’agriculture productiviste avec des effets pervers pour l’environnement et la préservation des ressources agricoles et la cause de la diminution des agriculteurs. Les aide de la PAC ne sont plus une aide au maintien de l’emploi et des revenus des agriculteurs mais des rentes financières pour une minorité d’agriculteurs. Je le constate aussi dans ma région ou ce sont majoritairement les plus gros agriculteurs qui investissent dans l’immobilier sur la côte ou dans les principales villes.

Avec les présidents de région Bretagne, Pays de Loire et basse Normandie, nous travaillons depuis plusieurs mois à une autre politique agricole commune.

Nous souhaitons une répartition des aides plus équitable entre les agriculteurs nous souhaitons engager une modulation importante des aides du premier pilier vers le second destiné à soutenir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement avec un plafonnement des aides par agriculteur. Ceci doit permettre de maintenir les emplois agricoles, la préservation des ressources naturelles comme le paysage et l’eau et la valorisation des savoirs-faire locaux sources d’emplois. Nous proposons également une régionalisation des aides de la PAC afin d’adapter au mieux le soutien public aux besoins et spécificités du territoire et en corrélation avec la fluctuation des prix des productions (céréales, viandes, ...).

Notre proposition s’engage à garantir la souveraineté alimentaire des peuples. Les excédents agricoles des occidentaux ne doivent plus déréguler l’économie vivrière des pays du sud.

Un agriculteur Biologique d’Echiré en Deux-Sèvres dans ma région a été contaminé par un maïs OGM. Après les tests engagés par la région, les résultats se sont avérés positifs sur sa récolte, ceci a été confirme le 8 février dernier, les risques de pollution génétique sont bien réels.

De plus, Jeudi soir à Poitiers, la Région Poitou-Charentes parrainait la projection exceptionnelle du film le « Monde selon Monsanto », avant sa diffusion sur Arte le 11 mars à 20h50. Une projection devant 200 spectateurs, en présence de Marie-Monique Robin (sa réalisatrice originaire de Poitou-Charentes qui a obtenu le Prix Albert Londres). Ce film démontre clairement le système MONSANTO et l’incidence des OGM sur la dépendance des agriculteurs en inde qui se retrouvent massivement en faillite suite à l’implantation de Coton OGM. Le développement massif des plantes OGM et leur traitement par le Round Up READY de MONSANTO, ont des incidences dramatiques sur la santé des paysans brésiliens et Paraguayens. Il est également clairement établi que leur développement entraîne des cancers chez les agriculteurs aux états unis. Que de véritables testes n’ont pas été fait et que l’incidences des effets de la biologie transgénique a été caché par les gouvernements des Etats-Unis.

Ces témoignages sont éloquents et donnent raison à ceux qui se sont battus pour interdire les OGM.

A leur ou la France tergiverse sur les OGM, je demande un engagent claire du gouvernement, après la mise en place de la clause de sauvegarde sur le MON 810, le moratoire doit être activé et la mise en culture d’OGM en plein champ doit-être interdit.

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Mercredi 27 février 2008

"Je demande à Nicolas Sarkozy moins d'impulsivité et moins d'improvisation"

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Ségolène Royal au 20h de France 2

Ségolène Royal était l'invitée de Françoise Laborde sur France 2 mardi 26 février.

Voir la vidéo sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2128

Ségolène Royal à Bordeaux, vidéo

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Ségolène Royal à Bordeaux, le 27 février 2008.

Voir la vidéo sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2129

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Mardi 26 février 2008

"Le dérapage de Nicolas Sarkozy serait passé inaperçu s'il y avait des résultats"
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Ségolène Royal sur RTL

Thomas Legrand : Madame Royal, bonjour.

Ségolène Royal : Bonjour.

Vous êtes en ligne avec nous depuis Bordeaux. Vous êtes venue soutenir Alain Rousset, le candidat socialiste...

Oui, et puis, hier à Périgueux, Michel Moyrand et Alain Savary également, oui.

On va, bien sûr, parler des Municipales. Mais avant, vous avez eu le temps de lire le journal "Aujourd'hui en France", ce matin ?

Oui, vous me l'aviez recommandé. Donc, je l'ai fait.

Voilà. Le Président s'explique, ce matin, sur plusieurs sujets et il y a, bien sûr, son algarade au Salon de l'Agriculture. Il dit : "J'aurais mieux fait de ne pas répondre". C'est un mea culpa. L'incident est clos ?

Vous savez, je pense qu'un dérapage verbal violent comme celui-ci, quand même n'est pas conforme à l'idée que l'on se fait du rôle du Président de la république. Mais ce dérapage serait passé beaucoup plus inaperçu s'il y avait des résultats en Politique. Ce que les gens attendent et comme vous l'avez rappelé, à l'instant, j'en rencontre beaucoup, beaucoup, en ce moment. Ce que les gens attendent, et maintenant avec colère, c'est que le Président de la République soit efficace par rapport à ce qu'il a promis, c'est-à-dire la hausse des salaires, la hausse des petites retraites, et surtout la défense du pouvoir d'achat.

Or, vous savez que les prix flambent. "60 millions de Consommateurs" vient de publier le véritable indice des prix et les produits alimentaires, c'est-à-dire ce qui fait la base de la vie quotidienne. Le droit de pouvoir se nourrir correctement devrait pouvoir quand même continuer à exercer en France. Or, aujourd'hui, c'est le fait maintenant de pouvoir manger correctement plusieurs repas par jour qui est menacé dans beaucoup de familles à revenus moyens et modestes. Et je vois beaucoup de personnes âgées qui ne font plus qu'un repas par jour. Songez que, par exemple, les pâtes ont augmenté de 40%. Donc, c'est ça, je crois qui, aujourd'hui, appelle de Nicolas Sarkozy des actions efficaces.

Justement, ce matin, dans le journal "Aujourd'hui", il dit à propos du pouvoir d'achat. Il reparle des heures supplémentaires, et il dit : ça marche du tonnerre. Donc, ça va venir. Vous avez constaté que ça marchait du tonnerre, vous aussi ?

Je n'ai pas vraiment constaté que ça marchait du tonnerre. Je pense qu'il faudrait que Nicolas Sarkozy reprenne contact avec la réalité de la vie quotidienne. Ce que je vois surtout, c'est que la précarité au travail augmente. Regardez, même un problème aussi facile à résoudre que celui de la rémunération, de la précarité et des contrats à temps partiel des caissières dans les hypermarchés qui n'ont jamais gagné autant d'argent, même ce problème-là, malgré les grèves, les mouvements sociaux, qui n'ont pas été faciles pour les caissières - il y a eu des rétorsions patronales sur elles, sur celles qui se sont arrêtées - même ce problème-là n'est pas réglé.

Est-ce que vous êtes satisfaite sur un autre sujet de la réponse du premier président de la Cour de cassation sur la loi de rétention de sûreté ?

Ecoutez, il y a deux choses dans ce problème pour être très claire. D'abord, être maintenu en prison pour un crime potentiel qu'on n'a pas commis, c'est, en effet, pas possible. Sur le plan juridique, je crois qu'il y a des règles à respecter, sinon laisser les institutions...

L'idée, c'est d'éviter la récidive pour les criminels très dangereux.

Voilà. Alors, j'y viens. La deuxième chose, c'est que, bien sûr, il ne faut pas relâcher des criminels dangereux qui pourraient recommencer à violer. Donc, comment faire ? Il faut - et ça, la loi le permet déjà - obliger les criminels à se soigner. Le problème c'est qu'en prison, il n'y a plus de moyens. D'abord, il y a une surpopulation carcérale, c'est une chose. Et c'est surtout que l'Etat a supprimé et Nicolas Sarkozy y est pour quelque chose, il a été ministre de l'Intérieur pendant très longtemps, il n'y a plus de psychiatres et d'équipe pluridisciplinaire capables de soigner les délinquants sexuels. Vous savez, j'ai été ministre de l'Enfance, donc je suis allée...

Il répond qu'on ne peut pas obliger un délinquant sexuel à se soigner en prison ?

Ecoutez, si c'est bien fait, on peut l'y obliger. Et d'ailleurs, ça existe au Québec et ça réussit. Et moi, je suis personnellement aller voir comment ça marchait dans une prison et j'ai vu des délinquants sexuels, j'ai vu les équipes pluridisciplinaires de psychiatres et de médecins prendre en charge les délinquants sexuels. Ils vont jusqu'à les mettre en confrontation avec des victimes pour qu'ils se rendent compte des dégâts qu'ils ont commis ; et à la sortie de prison, il n'y a plus de récidive. Et en effet, les délinquants sexuels qui ont été condamnés par les juges à l'obligation de se soigner - ça c'est vrai aussi en France - lorsqu'ils ne se soignent pas, ne sortent pas ; mais ils sont accompagnés par des équipes et ils finissent par se soigner pour pouvoir sortir de prison.

Donc, des solutions existent. Le problème, c'est le manque cruel de moyens dans les services publics des soins en prison. Et si on veut être efficace sans piétiner les principes juridiques fondamentaux - parce que sinon, c'est tout l'édifice qui s'écroule...

Il faut plus de moyens en prison ?

Il faut mettre les moyens en prison et ne pas relâcher les délinquants qui ne se soignent pas. C'est très concret.

Madame Royal, pour revenir aux Municipales puisque vous êtes à Bordeaux. Hier, vous étiez à Périgueux. Il se trouve qu'Alain Rousset que vous êtes venue soutenir, est député. Il est aussi président de Conseil régional. Vous êtes une farouche partisane du non-cumul. Vous vous l'appliquez à vous-même d'ailleurs.

Oui.

Mais aujourd'hui, vous êtes quand venue soutenir un "sacré cumulard".

Oui, il n'est pas le seul.

Non, il n'est pas le seul. Mais enfin...

Voilà. Moi je souhaite, bien sûr, que le principe du non-cumul soit un jour inscrit dans notre Droit. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Donc, le cumul il a le droit de le faire, c'est son choix. Voilà, c'est un ami et je vais le soutenir puisqu'il me l'a demandé.

Est-ce que vous avez abandonné cette revendication ? Est-ce que vous lui dites ?

Non. Ecoutez, moi je me l'applique. D'autres se l'appliquent. Jean Yves Le Drian, en Bretagne, se l'est appliqué.

Arnaud Montebourg, votre ancien porte-parole, ne se l'applique pas.

Voilà.

Et François Hollande, non plus.

Voilà, mais ce n'est pas inscrit dans la Loi. Donc, je répète, ils ont le droit de le faire. Tant que ça n'est pas inscrit, et que ça n'est pas obligatoire. Moi, j'aurais fait une réforme des Institutions et je l'aurais inscrit dans la réforme des institutions. Ca sera peut-être un jour une réalité.

Est-ce qu'on peut considérer que votre Tour de France, tour des Municipales, ne ressemble pas un peu aussi à un tour des fédérations, une sorte de pré-campagne pour la succession de François Hollande à la tête du PS ?

D'abord, c'est passionnant ce tour de France parce que vraiment on remet de la hiérarchie dans l'importance des choses. Je voulais dire d'ailleurs à ce sujet que l'autre très grande inquiétude, c'est ce qui va se passer après les Municipales.

Les Français ont bien entendu que Nicolas Sarkozy leur avait dit que les caisses étaient vides, c'est l'augmentation des impôts. Vous savez, il y a déjà eu six impôts créés en huit mois dont les Franchises médicales. Aujourd'hui, on a peur qu'il y ait une CSG après les Municipales ; et puis, il y a l'invention d'une TVA dite "sociale", qui n'a d'ailleurs rien de social, tout cela ajouté à la hausse des prix. Donc, il y a vraiment une profonde inquiétude et parfois même une colère, une angoisse parce qu'on ne sent plus le cap et la cohérence des décisions qui sont prises pour la France.

Et alors les gens se rendent bien compte qu'en votant pour des candidats socialistes, pour des listes de rassemblement de Gauche et puis qui, souvent, s'élargissent à la société civile, aux personnes de bonne volonté, ça va permettre de mettre un rempart dans les collectivités locales, dans les communes appuyées sur des régions qui vont faire en sorte que les dépenses publiques soient correctement maîtrisées et que là où les choses se délitent, par des actions locales, on puisse compenser un certain nombre de dégâts.

Merci Ségolène Royal. Merci. C'était Ségolène Royal qui n'a pas eu le temps de nous répondre sur son tour des fédérations. Mais vous l'avez compris, elle est en campagne électorale.

Ségolène Royal veut une "réforme en profondeur" de la PAC
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Visite du Salon de l'Agriculture

Ségolène Royal a réclamé lundi une "réforme en profondeur" de la Politique agricole commune (PAC), lors d'une visite au 45è Salon de l'Agriculture, demandant une "répartition urgente, plus juste" des aides au profit des éleveurs.

La présidente de Poitou-Charentes, interrogée par la presse, a demandé qu'
"il y ait une répartition urgente, plus juste des aides à l'agriculture".

"Il faut une réforme en profondeur de la politique agricole commune pour que les primes d'aides à l'agriculture ne soient pas concentrées sur ceux qui gagnent les plus hauts revenus - les céréaliers irrigants et les gros propriétaires irrigants - mais qu'elles aillent aux éleveurs, c'est-à-dire ceux qui ont le plus de difficultés".

"Il y a trop d'inégalités entre les éleveurs d'un côté, les céréaliers de l'autre" affirmant que 20% des "agriculteurs les plus riches" percevaient "70% des aides".

"Avec la hausse des prix des céréales, des céréaliers, les gros céréaliers aujourd'hui recueillent des revenus supplémentaires payés par les consommateurs qui souffrent énormément, eux, de la hausse des prix".

Pour réformer la PAC, Ségolène Royal souhaite concentrer
"les aides sur les agriculteurs qui en ont besoin, qui ont des emplois sur la ferme, en intégrant le critère du nombre d'emplois sur les exploitations, en aidant davantage les éleveurs que les gros céréaliers". "S'il n'y a pas une réforme extrêmement rapide et d'abord en France, d'une plus juste répartition des aides à l'agriculture, tous les élevages sont menacés". "Si les élevages disparaissent, c'est l'identité des territoires ruraux de la France rurale qui disparaissent et ca c'est extrêmement dangereux, car la France est forte de ses diversités et de son identité rurale."

Une journée avec Ségolène Royal à Caen, reportage vidéo

Reportage vidéo sur le déplacement de Ségolène Royal à Caen.

Pour voir le reportage, allez sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2122


"Il faut garder sa sérénité et son sang-froid"

En visite au salon de l'Agriculture, Ségolène Royal commente le dérapage verbal de Nicolas Sarkozy.

A propos de l'échange d'invectives entre un visiteur et Nicolas Sarkozy samedi au salon de l'Agriculture, Ségolène Royal recommande de "garder sa sérénité et son sang-froid". Interrogée sur cet épisode dans les travées du parc des expositions de la Porte de Versailles, elle poursuit "Je pense que ce n'est pas une bonne image de la fonction présidentielle".

"
Il faut garder la convivialité. La violence des propos entraîne la violence des comportements".

"
Ca arrive quelques fois des citoyens qui ne veulent pas vous serrer la main, c'est tout. Je dis: c'est votre droit" conclut-elle.

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Dimanche 24 février 2008

Ségolène Royal appelle à "changer d'air" à Nice comme ailleurs

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À Nice pour soutenir les candidats socialistes aux municipales, Ségolène Royal a dénoncé la multiplication d'annonces et de promesses présidentielles non tenues.

À Nice comme ailleurs, à l'occasion du scrutin de mars, "il est maintenant grand temps de changer d'air", a déclaré Ségolène Royal, dans un clin d'oeil à l'intitulé de la liste de gauche "Changer d'ère - Aire d'échange".

"Hausse des prix, vie trop chère, hausse du prix de l'essence, de l'alimentation, impôts, promesses non tenues, on n'en peut plus", a-t-elle estimé lors d'un point de presse place Masséna.

"Trop de familles sont dans les difficultés. On en a assez de cette politique d'improvisation, de désinvolture, d'annonces nouvelles au quotidien sans doute pour faire oublier celles de la veille", a-t-elle insisté aux côtés de Patrick Allemand, tête de liste socialiste.

Pour Ségolène Royal, la France n'a jamais connu un tel désordre, "et Nice un tel affairisme, abus et corruptions en tous genres. Il est temps que cela cesse, cette ville doit retrouver le sens de la morale publique et de la justice sociale".

"Cités d'avenir" : les quartiers avec Ségolène Royal

"Cités d'avenir", déclinaison de "Désirs d'avenir" dans les quartiers, a vu le jour vendredi à Montpellier où sera basé son siège social, en présence de Ségolène Royal.

"Cité d'avenirs" fédérera les initiatives de quelque 200 associations de toute la France, avec un conseil d'administration représentatif de toutes les régions et se veut une force de propositions au service de Ségolène Royal.

"On veut continuer sur la dynamique" de l'élection présidentielle, a expliqué un des fondateurs de Cité d'avenirs, Brahim Abbou.

"A l'époque, 200 associations de quartiers avaient appelé à voter Ségolène Royal dès le premier tour", a-t-il dit. "Il y a un réseau, une volonté de continuer à se réunir, discuter et proposer des actions autour de Ségolène Royal."

Cité d'avenirs a été lancé dans le quartier populaire de La Paillade alors que Ségolène Royal était à Montpellier pour soutenir la candidature d'Hélène Mandroux.

"Je trouve ça formidable que des jeunes se prennent en charge, qu'ils dénoncent un système, qu'il sortent de l'assistanat et se disent: +Comptons sur nos propres forces, demandons-nous d'abord à nous-mêmes ce que nous pouvons faire (dans) nos quartiers avant d'aller demander aux autres ce qu'ils peuvent faire pour nous+".

Texte fondateur de "Cités d'Avenir"

CITE D’AVENIRS : POURQUOI ? COMMENT ?

Durant la campagne présidentielle, nous nous sommes
mobilisés aux côtés de Ségolène Royal car nous nous sommes reconnus dans sa proposition politique, dans sa manière de parler des quartiers populaires et de s’adresser à nous : avec respect, avec conviction et sans démagogie.

De très nombreuses associations ont travaillé pour faire inscrire les jeunes et les moins jeunes sur les listes électorales. Dans nos quartiers, l’abstention a chuté et nous avons massivement apporté nos voix à notre candidate.

Nous avions alors lancé
« L’Appel des quartiers » pour soutenir sa candidature : des centaines d’associations ont répondu présentes et ce fut, en France, une première.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, la déception et la frustration ont été grandes mais nous avons décidé de continuer le combat collectif que nous avions commencé.

Pour la République du respect et l’égalité républicaine, tout reste à faire.

Pour nous, seule Ségolène Royal propose aux habitants des quartiers de sortir des cases convenues et d’exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens.

Nous voulons peser sur les décisions qui nous concernent et sur l’avenir du pays.

Nous refusons l’assistanat : nous voulons créer les conditions qui permettront
à chacun, à chacune de prendre sa vie en mains, à égalité de droits et de devoirs avec tous.

La politique de la France ne se fera plus sans nous, c’est notre premier message.

Nous disons NON à l’assimilation de nos quartiers à la délinquance et aux incivilités.

NON à la violence d’une société verrouillée.

NON à la discrimination, à la stigmatisation, à la pauvreté et à la précarité.

Nous voulons redonner à la démocratie vitalité, intérêt et efficacité.

Nous n’acceptons plus qu’on limite notre parole à de simples « témoignages » :
nous voulons proposer et construire.

Aujourd’hui, nous voulons
nous rassembler pour être auteurs et acteurs d’une harmonie retrouvée dans nos quartiers et dans le pays.

Nous ne voulons plus que les
projets de rénovation de nos quartiers se décident sans nous ou avec des simulacres de participation et que certains maires les utilisent pour chasser les populations les plus en difficulté.

Nous ne voulons plus de démolitions sans constructions préalables avec un cadre contraignant pour le relogement des familles et sans dérive des loyers et des charges. C’est possible comme le montre ce qui a été fait à
La Paillade.

Nous voulons que les moyens de la prévention soient sérieusement réévalués et que, du soutien scolaire à l’accès à la formation et à l’emploi,
l’accompagnement individualisé et l’obligation de résultats deviennent la règle.

Nous ne voulons pas de démonstrations médiatico-policières provocantes et souvent contre-performantes mais une
police de quartier dotée des moyens dont elle a besoin, au service de la population, respectueuse des habitants et garante d’un ordre juste.

Nous ne voulons plus que nos associations galèrent faute de financements stables, de statut du militant associatif et d’évaluation objective de leur utilité sociale.

Nous sommes bien placés pour constater chaque jour les ravages de la pauvreté et de la précarité, la détresse des familles et des personnes âgées qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, celle des femmes qui élèvent seules leurs enfants avec le maigre salaire d’un travail à temps partiel, le manque de logements sociaux accessibles, la justice à deux vitesses et ce désespoir des plus jeunes dont l’avenir, comme le disent les rappeurs d’I Am, se limite
« à la minute d’après le but ».

Luxe insolent des uns, difficultés croissantes du plus grand nombre, fascination pour l’argent facile venue du sommet de l’Etat, autorité parentale sapée par la précarité : elles sont là les causes premières de cette perte de repères dont on nous rebat les oreilles.

Quand le bien commun n’est pas au rendez-vous,

quand les services publics se retirent ou peinent à remplir leur mission,

quand le modèle proposé par la société est celui de la lutte de tous contre tous et de la loi du plus fort,

quand réussir à l’école ne garantit plus un emploi car on n’a pas le bon nom, pas la bonne adresse, pas la bonne couleur,

quand on nous bassine avec l’intégration alors que nous sommes Français et que la République ne tient pas sa promesse d’égalité, alors le doute s’insinue sur ces « double faces » qui nous font la leçon tout en attisant les braises qui couvent toujours dans nos quartiers et qui encouragent la fausse solution du chacun pour soi.

Mais nos quartiers, c’est autre chose que ce qu’ils en disent et cela, Ségolène Royal l’a compris.

Ce sont aussi des solidarités très fortes, une mémoire qui est partie intégrante de l’histoire de France, beaucoup de jeunes qui veulent s’en sortir,beaucoup de parents qui assurent, une vraie richesse humaine et surtout, surtout, l’espoir d’un vrai changement et d’une dignité enfin reconnue.

L’énergie des quartiers est apparue au grand jour pendant la campagne présidentielle.

Beaucoup d’entre nous sont aujourd’hui activement impliqués dans la campagne des municipales et les listes de gauche se sont entr’ouvertes à des candidatures issues des quartiers populaires.

Un grand espoir s’est levé que nous allons travailler à consolider pour construire une alternative crédible aux annonces sans moyens qui, une fois encore, tiennent lieu de politique au gouvernement et nous prennent pour des gogos.

La France a changé. Notre pays est riche de sa diversité : nous voulons qu’il en soit fier. L’avenir ne se fera pas sans nous. Les quartiers populaires, désormais, seront au rendez-vous de toutes les consultations électorales, locales et nationales.

Car, comme le dit Ségolène Royal, ils ne sont pas un problème mais une partie de la solution. Nous avons aimé le message clair et honnête qu’elle nous a adressé. Sa franchise, sa volonté de combattre les inégalités et de mettre les quartiers en mouvement.

Nous ne voulons pas de la victimisation.

Nous voulons
former de futurs leaders politiques locaux et nationaux.

Nous voulons être
un espace de réflexion, de proposition, d’action qui rompe avec des décennies d’instrumentalisation et de mépris.

Le temps où nous n’étions bons que pour la photo de campagne est révolu.

Nous prenons nos affaires en main et c’est pour cela que nous lançons aujourd’hui
Cité d’Avenirs aux côtés de Ségolène Royal.

Parmi nos pistes de travail, voici nos priorités :

-
l’emploi : garantir à tout jeune le droit à un premier emploi et accompagner, par des Bourses Tremplin comme celles mises en place en Poitou-Charentes, du micro-crédit et des prêts bancaires accessibles, les créateurs d’activité issus des quartier ;

- tenir la
promesse scolaire de la République en nous battant notamment pour la création d’un service public de la petite enfance, la scolarisation obligatoire à 3 ans, la généralisation du soutien scolaire gratuit, le rétablissement des postes supprimés dans l’Education nationale par la droite, le renforcement de la présence adulte dans les établissements, la démocratisation de l’accès à la culture et aux séjours linguistiques ;

- contre la
désertification médicale et pour le droit de tous à la santé : Maisons de Santé de proximité, Carte Santé 16-25 ans, contraception gratuite, renforcement de la médecine scolaire et universitaire, défense de l’hôpital public, abolition des franchises médicales ;

-
le travail doit payer : généralisation du Revenu de Solidarité Active à tous les RMIstes qui retrouvent un emploi et, tout simplement, des salaires qui permettent de vivre décemment ; travailler tous pour vivre mieux !

- créer des
« emplois parents » utiles au voisinage ;

- lutter contre toutes les formes de
violences, privées et publiques, pour une justice efficace et impartiale, une police de quartier au service de la tranquillité publique, à l'écoute des besoins des habitants et capable de recadrer les jeunes en apaisant les tensions ; pas de mineurs en prison : des structures adaptées et des sanctions proportionnées ;

- assurer la
sécurité-logement avec notamment la construction à hauteur des besoins actuels de logements sociaux équitablement répartis sur tout le territoire et un plafonnement des loyers en contre-partie des avantages fiscaux pour l’investissement locatif, plan de construction de logements pour les étudiants et les jeunes travailleurs ;

-
pour la diversité et contre les discriminations : renforcement des moyens de la Halde, publication systématique des noms des entreprises et organismes sanctionnés, accès aux marchés publics subordonnés à la promotion de la diversité ;

-
sécurisation des associations qui font un travail utile avec financements pluri-annuels et création d’emplois associatifs ; prise en compte de l'expérience associative dans la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) ;

- développement de la
démocratie participative dans les quartiers, pour donner aux habitants un véritable pouvoir de discussion, de délibération et de décision.

Le réveil électoral des quartiers populaires a surpris : ils n’ont pas l’intention de s’endormir pendant 5 ans !

Nous ne sommes pas un problème mais une partie de la solution !

Construisons avec Cité d’Avenirs le porte-voix et le rapport de forces constructif dont nos quartiers ont besoin mais aussi le pays tout entier !

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Vendredi 22 février 2008

"Il faut que le gouvernement redevienne sérieux."
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Ségolène Royal aux "4 vérités" sur France 2

La République française est laïque et le gouvernement doit mettre un terme aux "dérapages".

"Je pense que ce sont des propos totalement irresponsables (...) La République française qui est une République laïque doit impérativement lutter contre les sectes".

"Il faut que le gouvernement redevienne sérieux. On voit aujourd'hui des dérapages sur tous les sujets. On peut se demander d'ailleurs quelle est la légitimité de l'auteur de ces propos".


Dans un entretien publié par VSD, Emmanuelle Mignon, l'une des principales conseillères du chef de l'Etat, déclare que les sectes sont
"un non-problème en France", évoquant notamment la scientologie. Elle a par la suite démenti avoir tenu ces propos.

"On ne sait plus qui gouverne", a estimé Ségolène Royal. "Est-ce que ce sont les conseillers, est-ce que ce sont les ministres (...) A tous les niveaux de l'Etat, il est temps que l'ordre républicain revienne".

Ségolène Royal dénonce la "désinvolture" du gouvernement
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Chat de Ségolène Royal sur lemonde.fr

Adolphe : Une grande victoire de la gauche aux municipales, cela signifierait quoi pour vous ? Je ne change rien et je commence la guerre avec Bertrand Delanoë ?

Ségolène Royal : Non, je ne suis pas de tempérament guerrier. Je suis très calme. Je fais un tour de France assez fatigant, mais passionnant. J'ai eu plus de 200 demandes de déplacements partout en France.

Je pense qu'on ne peut pas quantifier les choses. Il faut que les gens se rendent compte que tout se délite au niveau national : franchises médicales, improvisations et dérapages sur tous les sujets, problème de pouvoir d'achat non traité.

Les problèmes quotidiens des citoyens seront mieux réglés par des élus de gauche, socialistes, parce qu'ils ont des valeurs, en particulier la défense des services publics, le "vivre ensemble", les politiques économiques tournées vers l'avenir.

Et notamment, comme la quasi-totalité des régions de France sont dirigées par des socialistes, à un moment où l'Etat se désengage de nombreux secteurs, pouvoir travailler en cohérence avec des départements, des villes et des communes change la donne.

Yves : Mais le PS ne saurait gagner que les municipales quand la droite est capable de gagner nationalement ?

Ségolène Royal : Je réponds qu'au contraire, c'est dans une dynamique des élections municipales que le PS pourra se réformer en profondeur, à partir des territoires.

Et donc avancer et préparer un projet alternatif, qui se dessine déjà sur de nombreux territoires. Avec d'autres façons de faire de la politique, en particulier sur le mode d'exercice du pouvoir et sur la démocratie.

Car pour réussir des réformes, il faut des institutions qui fonctionnent bien et une démocratie approfondie. Et aujourd'hui, si le pays est bloqué, angoissé, inquiet, c'est aussi parce que les institutions ne fonctionnent pas et qu'il n'y a pas de démocratie participative.

Georges : Irez-vous soutenir Bertrand Delanoë à Paris ?

Ségolène Royal : S'il me le demande, bien sûr, il n'y a pas de problème.

Je ne pourrai pas aller partout, mais j'envoie des mots de soutien. Les candidats qui ne me sollicitent pas, je ne leur demande rien. Chacun a la liberté de mener sa campagne comme il l'entend.

Ludovic : Si Bertrand Delanoë obtient une victoire éclatante à Paris, ne pensez-vous pas qu'il serait mieux placé que vous pour tenir les rênes du PS ? Pourrait-on imaginer un pacte entre vous : lui les rênes du PS et vous l'investiture pour la présidentielle de 2012 ?

Ségolène Royal : Je ne crois pas que c'est ce qu'attend aujourd'hui le pays. Celui-ci attend une opposition ferme, claire, avec un leadership. Et un projet. Celui-ci a déjà été largement élaboré lors de la campagne présidentielle.

Il faut travailler dans cette continuité. Il faut approfondir les sujets, regarder les défis du temps présent et des années qui viennent.

Je souhaite qu'il y ait le plus grand nombre de militants qui aient la parole. Ils n'ont pas été consultés depuis la fin de la présidentielle. Il est temps de les faire voter et discuter. Il n'y a aucune tragédie, au contraire, c'est aux militants de choisir un projet et un leader.

Elise : D'après vous, doit-on avancer la date du prochain congrès du PS ?

Ségolène Royal : Je pense qu'il ne faut pas que les choses traînent. Les choses s'accélèrent dans la mesure où il y a un vide dans l'autorité de l'Etat, avec cette improvisation permanente, ces promesses non tenues, la gravité de la dégradation du pouvoir d'achat, des annonces tous azimuts démenties le lendemain, des projets concurrents à celui du projet présidentiel. Les gens n'y comprennent plus rien et ne sont pas fiers de ce qui se passe pour l'image de la France. Par conséquent, les socialistes doivent se mettre en ordre de marche.

Lise : Vous en êtes où avec le Modem ?

Ségolène Royal : Si des personnes de bonne volonté se retrouvent sur un projet municipal dirigé par un candidat socialiste, je ne vois que des avantages pour se mettre au service de la population.

Yugs : Etes-vous restée en contact étroit avec François Bayrou ?

Ségolène Royal : Non.

Sarah : Vous souhaitez, Mme Royal, une alliance allant de l'extrême gauche au centre, ce qui est une bonne initiative d'ailleurs, mais comment comptez-vous faire cette alliance, si vous êtes en situation ? Car il y a de nombreux contestataires au sein de votre parti....

Ségolène Royal : Je pense que c'est dans la force du projet que cela peut se faire. Ce ne sont pas des alliances d'appareils auxquelles je pense. Je pense que pour répondre aux défis de notre temps, il faut à la fois de la radicalité sur certains sujets. Je pense par exemple à la réforme des banques.

Et en même temps, il faut tenir compte du besoin de compétitivité de l'économie. Qui est très liée à la sécurisation des salariés, contrairement à ce que fait la droite. Je crois qu'il faut être très offensif dans l'économie de marché pour réussir à la réguler.

Vanessa : Pourquoi donc restez-vous au PS qui est totalement dépassé ? Vous devriez fonder votre propre parti ...

Ségolène Royal : Oui, je sais, beaucoup de gens de gauche m'interpellent sur cette question. Mais je suis au PS, j'en suis une élue depuis vingt ans, j'ai été ministre de François Mitterrand dès 1992. Je me sens appartenir à cette famille politique. En même temps, je suis persuadée que c'est un changement en profondeur qu'il faut si l'on ne veut pas que le PS soit marginalisé.

Paco : Pensez-vous pouvoir travailler un jour avec Dominique de Villepin ? Autrement dit, estimez-vous qu'il y a plus de choses qui vous unissent que de choses qui vous séparent ?

Ségolène Royal : A ce stade, je ne crois pas. Il y a déjà tant à faire pour rassembler les socialistes et la gauche, c'est d'abord en étant au clair avec nos convictions politiques qu'on peut après rassembler éventuellement sur d'autres sujets. Comme sur les questions de la laïcité, de l'indépendance nationale...

Gaccent : Mme Royal, qu'est-ce qui vous a motivé à signer "l'appel à la vigilance républicaine" de l'hebdomadaire Marianne ?

Ségolène Royal : Je trouve que dans le contexte il était opportun. Je pense qu'il reflète aussi l'avis de nombreux électeurs de Nicolas Sarkozy, qui s'estiment trompés par rapport à ce qui leur a été dit.

Quand on met côte à côte ses déclarations avant et après l'élection, c'est une grande désillusion qui est là aujourd'hui. Et il y a un problème de l'incarnation de l'Etat, les gens le disent beaucoup, l'image de la France à l'étranger...

Alexis de Galembert : Que pensez-vous des propos de Mme Mignon sur les sectes ?

Ségolène Royal : Je les trouve scandaleux. Je me suis occupée des sectes quand j'étais ministre de l'enseignement scolaire.

J'ai dû voter une loi pour extirper les enfants de l'emprise des sectes, notamment en prévoyant des inspections scolaires.

Et je pense qu'il faut la plus grande sévérité à l'égard des sectes, car la mise en sujétion psychologique, mentale, financière existe. Et je suis très inquiète de la complaisance à l'égard de l'Eglise de scientologie exprimée par la conseillère du président de la République.

Gonzague : Que pensez-vous des propos de Rama Yade ? Vous ont-ils blessés ?

Ségolène Royal : Ce sont surtout des propos qui doivent être condamnés avec la plus grande sévérité. On sent de la part des membres de ce gouvernement une sorte d'agitation frénétique préélectorale, un désordre des choses qui n'est pas de nature à rassurer les Français.

Ce gouvernement n'est pas sérieux, n'est pas professionnel. Il y a de l'amateurisme, de l'immaturité aussi, de la désinvolture. Il n'y a plus de cap, plus de direction.

Francis : Le gouvernement propose une augmentation de 0,8 % de la rémunération des fonctionnaires. Qu'auriez-vous proposé ?

Ségolène Royal : Comme l'ont dit les syndicats de fonctionnaires : je dis au gouvernement de respecter la parole donnée. Sarkozy a dit pendant la campagne qu'il serait le président du pouvoir d'achat.

Il a vidé les caisses en dilapidant 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux.

Il faut que les augmentations suivent au moins l'indice du coût de la vie. Or la hausse des prix est de 2,8 %, la plus importante depuis quinze ans. Et les produits alimentaires ont augmenté de 10 %. C'est très grave pour le pouvoir d'achat des familles.

Je le vois en tant que présidente de région, j'ai dû augmenter de 20 % le fonds social dans les lycées. Parce qu'il y a de plus en plus de familles en difficulté, y compris des familles à revenus moyens.

De plus, je pense que la droite prépare des impôts après les élections. Ce qui est en préparation, c'est une augmentation de la CSG, et sans doute de la TVA sociale, qui n'a rien de social d'ailleurs. C'est pour cela que les gens ne doivent pas voter à droite.

Amrid : Vous vous êtes engagés pendant la campagne présidentielle à revaloriser le smic à 1 500 euros, avant finalement de nous annoncer que c'était une erreur. Quels sont pour vous les leviers existants pour revaloriser les salaires sans porter atteinte à la compétitivité des produits français sur le marché international ?

Ségolène Royal : Je n'aurais pas dépensé 15 milliards d'euros. Cette somme aurait permis de doubler la prime pour l'emploi, de donner un 13e mois à 8 millions de salariés.

Ensuite, le 2e tiers de ces 15 milliards aurait permis de doubler le budget pour la recherche, l'innovation et l'enseignement supérieur. Ce sont là que se trouvent les ressorts de la croissance.

Nicolas Sarkozy avait promis le choc de la croissance, on a plutôt eu le choc des photos...

Je pense qu'il faut répartir autrement les profits des entreprises entre le capital et le travail. Regardez ce qui se passe dans les entreprises du CAC 40, qui viennent de publier des profits records, et les dirigeants ont augmenté leurs revenus de 40 % en moyenne cette année. Donc ils ne sont pas démunis pour augmenter les salaires.

En revanche, là où il y a des problèmes, c'est sur les entreprises sous-traitantes. Il faudrait une politique industrielle qui régule la répartition des profits sur toute la chaîne de production, et notamment dans les PME qui dépendent des entreprises du CAC 40.

Et enfin, il faut cibler les allègements de charges sur le travail uniquement dans les entreprises qui sont exposées à la concurrence internationale. Parce que, aujourd'hui, la détaxation des heures supplémentaires, ou toutes les aides d'Etat à l'emploi, vont aussi bien à l'hypermarché qui fait des profits considérables, tout en maltraitant les caissières, qu'à une PME qui se bat pour conquérir le marché chinois par exemple. Cette masse d'argent importante doit être concentrée sur les entreprises françaises qui se battent sur les marchés étrangers.

Florent_1 : Que pensez-vous de "l'affaire Ockrent" ?

Ségolène Royal : Je n'ai pas d'avis.

Emmanuel : Que pensez-vous des réformes pénales actuelles et en particulier la rétention de sûreté ?

Ségolène Royal : Je pense que ce sont de très mauvaises réformes qui masquent la misère matérielle de la santé en prison.

Le manque cruel de psychiatres et de médecins pour exécuter les peines de soins. Il y a des délinquants sexuels qui sont relâchés sans avoir été soignés alors qu'ils ont été condamnés à le faire.

Je suis allée voir les expériences au Québec et j'ai vu des expériences très réussies, avec une baisse considérable de la récidive des délinquants sexuels à leur sortie de prison, car ils sont pris en charge par des équipes pluridisciplinaires. Les délinquants sont confrontés à des victimes.

Bien sûr il y aura toujours des délinquants que cela ne touchera pas. Et il n'y a pas de réduction de peine si le condamné refuse de se soigner.

Fredd : pensez-vous qu'en gardant ce cap, ce pouvoir tiendra cinq ans ?

Ségolène Royal : Je respecte les échéances démocratiques, donc le pouvoir est là pour cinq ans. La difficulté, c'est que la France est victime de ce pouvoir. Chaque jour qui passe, le pouvoir accomplit mal ses fonctions, ne mène à bien aucune bonne réforme. La France est en train de reculer. Or d'autres pays avancent : l'Amérique latine, la Chine, l'Inde.

La France ne peut se permettre de prendre du retard.

Alexis de Galembert : Vous ne vous êtes pas présentée aux élections législatives en 2007. Vous ne vous présentez pas aux municipales en 2008. Quelles seront les prochaines élections auxquelles vous vous présenterez ?

Ségolène Royal : On verra le moment venu.

J'avais dans mon programme présidentiel le mandat unique, je voulais aussi consacrer du temps à la réflexion, au PS, donc je me suis appliqué cette règle à moi-même.

Pour les prochaines échéances, on verra. Chaque chose en son temps. Ce sera soit les régionales, soit les législatives. Je ne pense pas encore à la présidentielle de 2012...

J'ai été très contente de dialoguer avec les internautes. Je travaille, j'ai inauguré un nouveau TER de ma région, il y a huit trains dans la région qui rouleront avec de l'agrocarburant. L'excellence environnementale est en mouvement.

J'en profite pour dénoncer la scélérate décision de Jean-Louis Borloo de ne pas donner au Marais poitevin son label de parc régional. Ce n'est pas la peine de faire des Grenelle de l'environnement et de tolérer l'agriculture irriguée dans le Marais poitevin. Je vais saisir le Conseil d'Etat. Mais ce serait plus simple si l'on essayait de gouverner intelligemment.

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