Désirs d'avenir 86000 - Arnaud Fage

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Ségolène Royal appelle à "changer d'air" à Nice comme ailleurs

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À Nice pour soutenir les candidats socialistes aux municipales, Ségolène Royal a dénoncé la multiplication d'annonces et de promesses présidentielles non tenues.

À Nice comme ailleurs, à l'occasion du scrutin de mars, "il est maintenant grand temps de changer d'air", a déclaré Ségolène Royal, dans un clin d'oeil à l'intitulé de la liste de gauche "Changer d'ère - Aire d'échange".

"Hausse des prix, vie trop chère, hausse du prix de l'essence, de l'alimentation, impôts, promesses non tenues, on n'en peut plus", a-t-elle estimé lors d'un point de presse place Masséna.

"Trop de familles sont dans les difficultés. On en a assez de cette politique d'improvisation, de désinvolture, d'annonces nouvelles au quotidien sans doute pour faire oublier celles de la veille", a-t-elle insisté aux côtés de Patrick Allemand, tête de liste socialiste.

Pour Ségolène Royal, la France n'a jamais connu un tel désordre, "et Nice un tel affairisme, abus et corruptions en tous genres. Il est temps que cela cesse, cette ville doit retrouver le sens de la morale publique et de la justice sociale".

"Cités d'avenir" : les quartiers avec Ségolène Royal

"Cités d'avenir", déclinaison de "Désirs d'avenir" dans les quartiers, a vu le jour vendredi à Montpellier où sera basé son siège social, en présence de Ségolène Royal.

"Cité d'avenirs" fédérera les initiatives de quelque 200 associations de toute la France, avec un conseil d'administration représentatif de toutes les régions et se veut une force de propositions au service de Ségolène Royal.

"On veut continuer sur la dynamique" de l'élection présidentielle, a expliqué un des fondateurs de Cité d'avenirs, Brahim Abbou.

"A l'époque, 200 associations de quartiers avaient appelé à voter Ségolène Royal dès le premier tour", a-t-il dit. "Il y a un réseau, une volonté de continuer à se réunir, discuter et proposer des actions autour de Ségolène Royal."

Cité d'avenirs a été lancé dans le quartier populaire de La Paillade alors que Ségolène Royal était à Montpellier pour soutenir la candidature d'Hélène Mandroux.

"Je trouve ça formidable que des jeunes se prennent en charge, qu'ils dénoncent un système, qu'il sortent de l'assistanat et se disent: +Comptons sur nos propres forces, demandons-nous d'abord à nous-mêmes ce que nous pouvons faire (dans) nos quartiers avant d'aller demander aux autres ce qu'ils peuvent faire pour nous+".

Texte fondateur de "Cités d'Avenir"

CITE D’AVENIRS : POURQUOI ? COMMENT ?

Durant la campagne présidentielle, nous nous sommes
mobilisés aux côtés de Ségolène Royal car nous nous sommes reconnus dans sa proposition politique, dans sa manière de parler des quartiers populaires et de s’adresser à nous : avec respect, avec conviction et sans démagogie.

De très nombreuses associations ont travaillé pour faire inscrire les jeunes et les moins jeunes sur les listes électorales. Dans nos quartiers, l’abstention a chuté et nous avons massivement apporté nos voix à notre candidate.

Nous avions alors lancé
« L’Appel des quartiers » pour soutenir sa candidature : des centaines d’associations ont répondu présentes et ce fut, en France, une première.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, la déception et la frustration ont été grandes mais nous avons décidé de continuer le combat collectif que nous avions commencé.

Pour la République du respect et l’égalité républicaine, tout reste à faire.

Pour nous, seule Ségolène Royal propose aux habitants des quartiers de sortir des cases convenues et d’exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens.

Nous voulons peser sur les décisions qui nous concernent et sur l’avenir du pays.

Nous refusons l’assistanat : nous voulons créer les conditions qui permettront
à chacun, à chacune de prendre sa vie en mains, à égalité de droits et de devoirs avec tous.

La politique de la France ne se fera plus sans nous, c’est notre premier message.

Nous disons NON à l’assimilation de nos quartiers à la délinquance et aux incivilités.

NON à la violence d’une société verrouillée.

NON à la discrimination, à la stigmatisation, à la pauvreté et à la précarité.

Nous voulons redonner à la démocratie vitalité, intérêt et efficacité.

Nous n’acceptons plus qu’on limite notre parole à de simples « témoignages » :
nous voulons proposer et construire.

Aujourd’hui, nous voulons
nous rassembler pour être auteurs et acteurs d’une harmonie retrouvée dans nos quartiers et dans le pays.

Nous ne voulons plus que les
projets de rénovation de nos quartiers se décident sans nous ou avec des simulacres de participation et que certains maires les utilisent pour chasser les populations les plus en difficulté.

Nous ne voulons plus de démolitions sans constructions préalables avec un cadre contraignant pour le relogement des familles et sans dérive des loyers et des charges. C’est possible comme le montre ce qui a été fait à
La Paillade.

Nous voulons que les moyens de la prévention soient sérieusement réévalués et que, du soutien scolaire à l’accès à la formation et à l’emploi,
l’accompagnement individualisé et l’obligation de résultats deviennent la règle.

Nous ne voulons pas de démonstrations médiatico-policières provocantes et souvent contre-performantes mais une
police de quartier dotée des moyens dont elle a besoin, au service de la population, respectueuse des habitants et garante d’un ordre juste.

Nous ne voulons plus que nos associations galèrent faute de financements stables, de statut du militant associatif et d’évaluation objective de leur utilité sociale.

Nous sommes bien placés pour constater chaque jour les ravages de la pauvreté et de la précarité, la détresse des familles et des personnes âgées qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, celle des femmes qui élèvent seules leurs enfants avec le maigre salaire d’un travail à temps partiel, le manque de logements sociaux accessibles, la justice à deux vitesses et ce désespoir des plus jeunes dont l’avenir, comme le disent les rappeurs d’I Am, se limite
« à la minute d’après le but ».

Luxe insolent des uns, difficultés croissantes du plus grand nombre, fascination pour l’argent facile venue du sommet de l’Etat, autorité parentale sapée par la précarité : elles sont là les causes premières de cette perte de repères dont on nous rebat les oreilles.

Quand le bien commun n’est pas au rendez-vous,

quand les services publics se retirent ou peinent à remplir leur mission,

quand le modèle proposé par la société est celui de la lutte de tous contre tous et de la loi du plus fort,

quand réussir à l’école ne garantit plus un emploi car on n’a pas le bon nom, pas la bonne adresse, pas la bonne couleur,

quand on nous bassine avec l’intégration alors que nous sommes Français et que la République ne tient pas sa promesse d’égalité, alors le doute s’insinue sur ces « double faces » qui nous font la leçon tout en attisant les braises qui couvent toujours dans nos quartiers et qui encouragent la fausse solution du chacun pour soi.

Mais nos quartiers, c’est autre chose que ce qu’ils en disent et cela, Ségolène Royal l’a compris.

Ce sont aussi des solidarités très fortes, une mémoire qui est partie intégrante de l’histoire de France, beaucoup de jeunes qui veulent s’en sortir,beaucoup de parents qui assurent, une vraie richesse humaine et surtout, surtout, l’espoir d’un vrai changement et d’une dignité enfin reconnue.

L’énergie des quartiers est apparue au grand jour pendant la campagne présidentielle.

Beaucoup d’entre nous sont aujourd’hui activement impliqués dans la campagne des municipales et les listes de gauche se sont entr’ouvertes à des candidatures issues des quartiers populaires.

Un grand espoir s’est levé que nous allons travailler à consolider pour construire une alternative crédible aux annonces sans moyens qui, une fois encore, tiennent lieu de politique au gouvernement et nous prennent pour des gogos.

La France a changé. Notre pays est riche de sa diversité : nous voulons qu’il en soit fier. L’avenir ne se fera pas sans nous. Les quartiers populaires, désormais, seront au rendez-vous de toutes les consultations électorales, locales et nationales.

Car, comme le dit Ségolène Royal, ils ne sont pas un problème mais une partie de la solution. Nous avons aimé le message clair et honnête qu’elle nous a adressé. Sa franchise, sa volonté de combattre les inégalités et de mettre les quartiers en mouvement.

Nous ne voulons pas de la victimisation.

Nous voulons
former de futurs leaders politiques locaux et nationaux.

Nous voulons être
un espace de réflexion, de proposition, d’action qui rompe avec des décennies d’instrumentalisation et de mépris.

Le temps où nous n’étions bons que pour la photo de campagne est révolu.

Nous prenons nos affaires en main et c’est pour cela que nous lançons aujourd’hui
Cité d’Avenirs aux côtés de Ségolène Royal.

Parmi nos pistes de travail, voici nos priorités :

-
l’emploi : garantir à tout jeune le droit à un premier emploi et accompagner, par des Bourses Tremplin comme celles mises en place en Poitou-Charentes, du micro-crédit et des prêts bancaires accessibles, les créateurs d’activité issus des quartier ;

- tenir la
promesse scolaire de la République en nous battant notamment pour la création d’un service public de la petite enfance, la scolarisation obligatoire à 3 ans, la généralisation du soutien scolaire gratuit, le rétablissement des postes supprimés dans l’Education nationale par la droite, le renforcement de la présence adulte dans les établissements, la démocratisation de l’accès à la culture et aux séjours linguistiques ;

- contre la
désertification médicale et pour le droit de tous à la santé : Maisons de Santé de proximité, Carte Santé 16-25 ans, contraception gratuite, renforcement de la médecine scolaire et universitaire, défense de l’hôpital public, abolition des franchises médicales ;

-
le travail doit payer : généralisation du Revenu de Solidarité Active à tous les RMIstes qui retrouvent un emploi et, tout simplement, des salaires qui permettent de vivre décemment ; travailler tous pour vivre mieux !

- créer des
« emplois parents » utiles au voisinage ;

- lutter contre toutes les formes de
violences, privées et publiques, pour une justice efficace et impartiale, une police de quartier au service de la tranquillité publique, à l'écoute des besoins des habitants et capable de recadrer les jeunes en apaisant les tensions ; pas de mineurs en prison : des structures adaptées et des sanctions proportionnées ;

- assurer la
sécurité-logement avec notamment la construction à hauteur des besoins actuels de logements sociaux équitablement répartis sur tout le territoire et un plafonnement des loyers en contre-partie des avantages fiscaux pour l’investissement locatif, plan de construction de logements pour les étudiants et les jeunes travailleurs ;

-
pour la diversité et contre les discriminations : renforcement des moyens de la Halde, publication systématique des noms des entreprises et organismes sanctionnés, accès aux marchés publics subordonnés à la promotion de la diversité ;

-
sécurisation des associations qui font un travail utile avec financements pluri-annuels et création d’emplois associatifs ; prise en compte de l'expérience associative dans la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) ;

- développement de la
démocratie participative dans les quartiers, pour donner aux habitants un véritable pouvoir de discussion, de délibération et de décision.

Le réveil électoral des quartiers populaires a surpris : ils n’ont pas l’intention de s’endormir pendant 5 ans !

Nous ne sommes pas un problème mais une partie de la solution !

Construisons avec Cité d’Avenirs le porte-voix et le rapport de forces constructif dont nos quartiers ont besoin mais aussi le pays tout entier !

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