Désirs d'avenir 86000 - Arnaud Fage

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Interview de Ségolène Royal sur TF1


PATRICK POIVRE-D’ARVOR

Nous avons évoqué donc tous ces sujets sociaux, pardon d’avoir un petit peu chamboulé le déroulement de ce journal, Ségolène ROYAL, ils avaient été évoqués en partie par François FILLON, qui disait qu’il n’y aurait pas de plan de rigueur. Il disait également que s’il y avait glissement du déficit de 2,4 à 2,7 %, c’était pour 0,1 % à cause de la situation internationale et pour 0,2 % à cause en gros du glissement dans les collectivités territoriales. Et là d’une certaine façon il vous visait un peu parce que vous et 19 de vos amis sont présidents de région. Qu’est-ce que vous lui répondez ?


SEGOLENE ROYAL

D’abord moi je n’ai pas augmenté les impôts depuis trois ans, précisément en faisant des économies dans les dépenses inutiles pour qu’un euro dépensé soit un euro utile. Et mes collègues, présidents de région, ont été aussi très modérés et souvent lorsque les hausses impôts sont intervenues c’est pour se substituer à l’Etat qui a transféré des responsabilités aux régions. Mais je veux dire ce problème est secondaire, puisqu’il y a un débat sur la rigueur, mais la rigueur elle est là. Qu’est-ce que c’est que la rigueur, la rigueur c’est l’augmentation des impôts et c’est la baisse du niveau de vie.

Mais là pour l’instant, elle n’est pas annoncée cette augmentation impôts ?

Mais nous payons déjà plus impôts, regardez quand les prix de l’alimentation montent, la TVA est en pourcentage, donc nous payons plus impôts Quand le prix de l’essence monte, vous venez de passer un reportage sur le prix de l’essence, dans le prix d’un litre d’essence, il y a 60 % d’impots, donc si on veut en effet que nous payons moins d’impots, il faut baissre la TVA et il faut baisser la fiscalité sur l’essence pour que le pouvoir d’achat ne bauisse pas. Il y a donc des solutions. Et puis il y a eu l’impôt nouveau qui a été créé, les franchises médicales, impôt sur la santé, il y a eu d’autres impôts en neuf mois, le gouvernement en place, Nicolas SARKOZY et François FILLON ont créé six taxes nouvelles, donc la rigueur elle est là et le pouvoir d’achat baisse et il y a d’autres solutions.

Alors on va voir ce qu’a été la réponse donc de François FILLON aujourd'hui lors de ce séminaire qu’il a organisé.

ANTOINE LEFEBVRE

La mine de Martin HIRSCH ce matin en disait long, le père du revenu de solidarité active craint de voir son projet faire les frais de la situation. Perspectives de croissance en baisse, déficit public en hausse, comment dès lors poursuivre les réformes sociales les plus coûteuses ? Les mots, il y a ceux qu’on ne prononce pas au gouvernement, ni rigueur, ni austérité, les ministres sont priés de parler de…

CHRISTINE LAGARDE

De gestion sérieuse et de réforme ambitieuse.

ANTOINE LEFEBVRE

Des dépenses surveillées comme le lait sur le feu pour 2008, des mesures d’économie pour 2009, l’Etat va devoir se soumettre à un régime minceur qui sera annoncé vendredi à l’Elysée. En attendant puisque les seuls bons chiffres du moment concernent la baisse du chômage, François FILLON s’y est attardé.

FRANÇOIS FILLON

Nous pensons que c’est le plein emploi qui est la solution à tous les problèmes de notre pays.

ANTOINE LEFEBVRE

Et à propos d’emploi ce sont ceux de l’usine ARCELOR MITTAL de Gandrange qui sont toujours menacés et là le Premier ministre prévient.

FRANÇOIS FILLON

Nous voulons d’abord que tous les emplois soient préservés, c'est-à-dire que tous les salariés aient à la sortie de cette affaire un emploi mais nous voulons aussi veiller à ce que les capacités industrielles dans notre pays, et notamment dans le domaine de la sidérurgie ne se réduisent pas.

ANTOINE LEFEBVRE

Sur place début février Nicolas SARKOZY s’était engagé à maintenir l’activité de la scierie, les nouvelles propositions de la direction du groupe sont attendues vendredi.

PATRICK POIVRE-D’ARVOR

Est-ce que vous pensez que le chef de l’Etat quand il s’engage comme il l’a fait début février à Gandrange parle dans le désert et de toute façon il prêche dans le désert et que les industriels indiens ou autres n’ont que faire de sa parole ou de ses demandes ?


SEGOLENE ROYAL

De toute façon il y a déjà tellement de promesses qui n’ont pas été tenues, en voici une nouvelle et pourtant là aussi il y a des solutions. Moi j’ai rendu visite aux représentants des salariés il y a quelques semaines, le 19 février, je les ai eu au téléphone encore cette après-midi ils ont une proposition industrielle qui consiste à investir sur 70 millions d’euros, c’est pas grand-chose face aux bénéfices d’ARCELOR MITTAL, dix milliards de bénéfices, une demande mondiale qui augmente pour l’acier à cause de la croissance mondiale, donc c’est incompréhensible que cette entreprise ferme. Et là le gouvernement est au pied du mur, soit il est efficace, on voit bien la mollesse et la façon de sous estimer les problèmes et là…

Dans un système capitaliste on peut intervenir justement face à des géants ?

Bien sûr qu’on peut intervenir, les Allemands interviennent bien eux pour sauver leurs aciéries. Et d’ailleurs ce qui est prévu, c’est une délocalisation en Allemagne donc ça n’a rien à voir avec des salaires plus bas. Donc aujourd'hui il y a une solution industrielle qui est proposée par les salariés, d’investir 70 millions d’euros et je crois que le gouvernement doit taper du poing sur la table pour diversifier la production de cette entreprise, c'est-à-dire pour être très concret, passer des aciers longs à l’aciérie utilisée dans les métiers du bâtiment pour lesquels il y a des débouchés. Donc là aussi des solutions existent mais je crois que ce gouvernement manque singulièrement d’énergie, d’imagination et de volonté de faire.

Alors autre débat si je puis dire puisque c’est un débat sans vote, demain à l’Assemblée sur l’envoi de troupes nouvelles en Afghanistan, vous êtes pour ou vous êtes contre ?

Je suis très hostile à l’envoi des troupes nouvelles parce que d’abord on ne connaît pas les raisons de cet envoi, donc manifestement c’est pour faire plaisir à George BUSH, c'est-à-dire un alignement atlantiste.

Dans la mesure où il va partir dans 6 mois, ça parait bizarre quand même.

Si parce que c’est une option idéologique, la preuve, c’est qu’elle n’a été expliquée ni aux Français, ni aux parlementaires, et si le gouvernement a des raisons, si le président de la République a des raisons d’envoyer ces troupes, à ce moment là pourquoi a-t-il peur du vote à l’Assemblée nationale.

Donc vous réclamez un vote demain…

Oui parce que je crois que c’est le vote qui permettra de faire émerger cette vérité et de montrer que cet envoi est totalement injustifié.

Merci Ségolène ROYAL d’avoir répondu à nos questions.

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