Désirs d'avenir 86000 - Arnaud Fage

Publié le par Arno

Ségolène Royal chez Ford - Blanquefort

Ségolène Royal s'est rendu à l'usine Ford de Blanquefort (Gironde), le 15 octobre 2008. Elle y a rencontré les salariés, dont les emplois sont menacés. Et propose un partenariat entre les régions Aquitaine et Poitou-Charentes pour sauver les emplois de Blanquefort.

Il s'agirait d'y construire la voiture électrique à 5000 € dont le prototype est exposé au salon de l'automobile 2008. Une voiture populaire, écologique et économique avec coût de moins de 1 € pour 100 km soit 10 fois que l'essence.

Voir le reportage de M6 sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/segolene-royal-chez-ford-blanquefort/17-10-2008

Source : Désirs d'avenir

Journée mondiale du refus de la misère

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l'Homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré », disait Joseph Wresinski, fondateur d’ATD-Quart Monde.

Le 17 octobre 1987, à l'appel du Père Joseph Wresinski, 100 000 défenseurs des Droits de l'Homme se rassemblaient sur le Parvis du Trocadéro, à Paris pour rendre honneur aux victimes de la faim, de la violence et de l'ignorance, pour dire leur refus de la misère et appeler l'humanité à s'unir pour faire respecter les Droits de l'Homme. Ce rendez-vous a pris un caractère mondial à partir de 1993, lorsque l'ONU a décidé de faire du 17 octobre la « Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté », ensuite appelée « Journée mondiale du refus de la misère ».

Cette année, la 21e journée mondiale de refus de la misère sera centrée sur les problèmes des jeunes, mais la menace de crise économique, et ses conséquences sur les plus pauvres, va planer sur cette manifestation.

L’actualité est brûlante à ce sujet : émeutes de la faim en Haïti ou en Afrique, expulsions de logements aux Etats-Unis suite à la crise des subprimes.

En France, l’aggravation de la pauvreté est due aux augmentations du coût de la vie, de la santé, et à la stagnation des minima sociaux : la misère s’est faite plus criante, cette année, partout dans le monde.

Avant que la crise financière ait commencé, les permanences d’accueil du Secours Populaire avaient reçu 15 à 20 % de demandes d’aides supplémentaires par an, avec une augmentation d’appel des jeunes et des travailleurs pauvres.

Nous entendons des chiffres incroyables, comme lorsque le patron de Dexia affirme que toucher 3,7 millions d'euros pour son départ est une chose normale : ceux à qui il reste 50 euros par mois pour vivre apprécieront.

Pour Bruno Tardieu, délégué national d'ATD Quart Monde, « les pauvres se sont fait berner, on les a poussés à consommer, et maintenant il faut voir les chiffres du surendettement - qui a augmenté de 33% de 2002 à 2006 -, on a créé la méfiance. »

Des mesures sont possibles, mais il faut agir vite avant que tout ne s’envenime.

On voit des familles qui vivaient normalement basculer dans la précarité et le surendettement, faute notamment aux abus de crédits et au coût des tarifications bancaires : la première priorité est de légiférer pour mettre fin aux abus des banques. Les établissements bancaires ne peuvent se faire indéfiniment de l’argent sur le dos des familles les plus modestes, au risque de les regarder sombrer dans une grande précarité : il faut d’urgence moraliser ce système et plafonner de manière radicale les pénalités imposées par les banques, pouvant aller jusqu’à 18 %. Très concrètement, il est tout à fait possible d’envisager le calcul des excédents et déficits bancaires sur la durée de l'année complète pour ensuite, éventuellement, appliquer un taux d’intérêt. Ce taux doit évidemment être revu à la baisse.

Au cœur de l’exclusion, il y a aussi le problème du logement. Se loger est un droit, qui est devenu opposable, depuis 2007. Pourtant, la mise en application de ce droit laisse encore à désirer et semble ne constituer qu’un leurre. Il est nécessaire que des mesures soient prises concrètement dans ce domaine : il faut agir sur le logement en créant, par exemple, un nouveau conventionnement locatif qui sera applicable à l'ensemble du parc de logements privés et permettra  de mettre sur le marché 300 000 logements à loyer maîtrisé en 5 ans. Le problème majeur du logement sera pour la première fois traité de manière radicale et la bataille contre l’exclusion sera lancée.

Pour chaque jeune atteignant l’âge de 18 ans, il faut donner un droit à un capital afin de construire son projet de vie, à l’exemple d’un prêt à taux zéro d’un montant de 10 000 euros et qui soit garanti par l’État. Le développement des bourses tremplins est également nécessaire afin de venir en aide à tous ceux qui souhaitent créer leur activité ou reprendre une entreprise.

Concernant la famille, 90 % des familles monoparentales ont une femme pour chef de famille, et 46 % de ces foyers sont au-dessous du seuil de pauvreté, (revenus de 817 euros mensuels).

En terme de logement, les femmes sont les plus exposées à la précarité et beaucoup de femmes seules avec enfants logent chez leurs parents, ce qui rend toute vie personnelle difficile. Cette situation ne touche pas que les couches les plus modestes. Les femmes des classes moyennes sont elles aussi en proie à de graves difficultés financières ou personnelles, en particulier à cause de la dégradation des salaires.

Il est donc plus qu'urgent de faire respecter les lois Roudy et Génisson. Dès 1983, la loi Roudy imposait aux entreprises de plus de 50 salarié(e)s d'établir un rapport sur la situation comparée des hommes et des femmes et de proposer au comité d'entreprise de débattre sur ce thème. Des dispositions qui, il faut le reconnaître, n'ont quasiment jamais été appliquées. En 2001, la loi Génisson : elle est d'une importance capitale pour les femmes qui travaillent puisqu'elle vient renforcer la loi Roudy en développant le dialogue social sur l'égalité professionnelle, laquelle devient de fait un enjeu majeur de la négociation collective. En effet, ce nouveau texte ajoute spécifiquement l'égalité professionnelle aux autres négociations annuelles obligatoires au sein des entreprises tout en faisant obligation de la prendre en compte dans le champ de toutes les autres négociations. Il est temps que ces règles soient appliquées.

Il y un an, jour pour jour, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'il voulait que les années de bénévolat soient prises en compte dans le calcul des retraites, lors d'un discours sur la pauvreté prononcé devant le Conseil économique et social (CES). Qu’en est-il ? De même, la droite avait promis d’augmenter de 25 % le minimum vieillesse et les petites pensions. Les retraites représentent l’unique patrimoine de ceux qui n'en ont pas : elles doivent donc être garanties.

Un million de personnes âgées connaissent la pauvreté aujourd’hui, à l’instar de la situation vécue dans les années 1960. Est-ce une situation durable ? Nos aînés sont-ils condamnés à se demander s’ils doivent faire un repas le midi ou un repas le soir ? Ca n’est pas cela, la France des Droits de l’Homme.

Droit à la santé, à l’éducation, à la culture, au travail, à vivre en famille, la misère bafoue tous les droits les plus élémentaires. En cette année où nous célébrons le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, l’appel lancé par Joseph Wresinski le 17 octobre 1987 est plus que jamais d’actualité.

Source : Désirs d'avenir

Des paroles aux actes

Lutter en faveur de l'emploi des jeunes


Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, a remis lundi 13 octobre la 3000e aide régionale au permis de conduire à St Benoît (Vienne)

Mélissa Fraudeau, jeune apprentie coiffeuse au CFA "Campus des métiers" va donc bénéficier de 1 200 euros dans le cadre de cette action mise en place par la Région Poitou-Charentes dès 2005. Objectif : favoriser concrètement l'accès à l'emploi des jeunes, pour que chacun ait un métier.
Outre l'aide au permis de conduire, la Région a mis en place une série de mesures pour soutenir les familles et les jeunes, notamment les apprentis : fonds social régional, achat du premier équipement professionnel, participation aux frais de restauration, d'hébergement, de transport...

Respecter l'environnement


100% énergies propres et participation : le 13 octobre, découverte du chantier du lycée Kyoto de Poitiers par ses futurs élèves

A la rentrée 2009, ce sont 500 élèves et apprentis qui seront accueillis au sein du lycée "Kyoto" (référence au Protocole du même nom), en formation d'hôtellerie et restauration, de transformation et qualité agroalimentaire, de commerce et services. Lundi 13 octobre, Ségolène Royal était en visite pour constater le bon déroulement du chantier et y rencontrer des classes venues découvrir leur futur établissement, les élèves étant par ailleurs associés aux décisions (aménagements, notamment, de l'internat).
Ce lycée sera le premier lycée d'Europe 100% énergies propres (soit 15 fois moins d'énergie consommée). La démarche s'inscrit dans un plan d'ensemble d'excellence environnementale de la Région, particulièrement au sein des lycées

Source : Désirs d'avenir

Ségolène Royal était à la foire aux Hérolles

Ségolène Royal était à la Foire aux Hérolles pour faire un point sur la crise ovine avec des éleveurs, le 13 octobre.

Voir la vidéo sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/segolene-royal-etait-a-la-foire-aux-herolles/14-10-2008

Source : Désirs d'avenir

Des propositions contre la crise financière

Participant au "Grand Rendez Vous" Europe 1 / Le Parisien, ce matin, Ségolène Royal a fait six propositions pour répondre à la crise économique et financière. Les voici : 


1. Créer un ministère franco-allemand de l’économie préfigurant un futur gouvernement économique de la zone euro.

La crise actuelle démontre en effet la nécessité d’une politique économique européenne forte et d’un plan de relance à l’échelle de l’Union.
Ce ministère serait en particulier chargé de créer les conditions d’une croissance verte en investissant dans les technologies environnementales.


2. Agir pour le pouvoir d’achat en révolutionnant la fiscalité française.

Fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu et suppression d’une partie (20 milliards) de niches fiscales, qui permettraient par exemple de redistribuer 1 000 euros à 20 millions de familles, sous forme de baisse d’impôts.


3. Pour soutenir et accompagner les entreprises dans leur développement, constituer une véritable banque publique.

Constatant les insuffisances actuelles d’Oséo, cette banque serait adossée à la caisse des dépôts et consignations. Elle accorderait des crédits de court terme (trésorerie) et de long terme.


4. Imposer à l’ensemble des acteurs financiers le respect de la réglementation dite de Bâle 2.

Cette réglementation qui contraint les banques à détenir un euro de fonds propres pour 12 euros de crédits ne s’applique pas aujourd’hui à un certain nombre d’acteurs, notamment les fonds spéculatifs.


5. Agir contre les paradis fiscaux.

D’une part, engager une réflexion collective au sein de l’union européenne ; d’autre part, interdire aux fonds et aux banques domiciliés dans les paradis fiscaux d’investir sur les marchés de l’Union européenne


6. Contraindre les banques à conserver dans leurs bilans les créances qu’elles revendent aujourd’hui à d’autres acteurs financiers.

La  crise actuelle est en effet le résultat pour une large part de la « titrisation ». Cette réforme devrait être faite dans l’Union européenne et dans les pays du G7.

L'équipe de Ségolène Royal

Des paroles aux actes : La voiture électrique à bas coût

Des paroles aux actes.

Ségolène Royal a présenté les prototypes de la voiture électrique à bas coût, le 1er octobre à Paris.

Avec le Pôle des éco-industries de Poitou-Charentes et le Plan après-pétrole, la Région agit concrètement en faveur de l'excellence environnementale et de l'innovation. La mise en oeuvre du véhicule à énergie électrique, innovant et à bas coût s'inscrit dans cet engagement. Il s'agit également de participer au soutien de d'emploi dans la filière automobile et, grâce à sa basse consommation en énergie et à son bas coût, d'aider les ménages face à l'augmentation du prix de carburant.

En janvier 2008, Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, a lancé un défi : un véhicule à énergie électrique, innovant et à bas coût (coût unitaire avoisinant 5 000 euros) et ayant une émission de CO2 inférieure à 60 grammes par kilomètre.

L'appel à projets lancé pour la réalisation de ce véhicule avait pour objectif de faire émerger des démarches créatives et innovantes de produits ou procédés dans le domaine automobile. Trois dossiers sur les douze déposés ont été retenus. Les prototypes ont été présentés, en avant-première du Mondial de l'Automobile,  par Ségolène Royal et les porteurs de projets, le 1er octobre 2008, à Paris.

Les entreprises qui présentent les véhicules sont :

    * Eco & Mobilité : la société Eco & Mobilité est la filiale de la société Formes & Outillages à Chauvigny (Vienne). Au départ spécialisée dans la réalisation d'outillages et de pièces composites complexes, la société Formes & Outillages a voulu se diversifier dans les véhicules électriques et a créé Eco & Mobilité. Dans un premier temps, Eco & Mobilité a développé une gamme de véhicules tricycles pour la voirie et le transport de personnes (Cargo, Cyclotron, Pélican) dans les parcs fermés, comme le Futuroscope, ainsi qu'une gamme de vélos électriques. Dans un deuxième temps, depuis début 2008, elle a profité de l'appel à projet de la Région Poitou-Charentes pour fédérer des entreprises de la région et développer deux véhicules électriques destinés principalement au transport des personnes dans les collectivités et les entreprises...
    * Heuliez : la société, implantée à Cerizay (Deux-Sèvres) a compris, dès l'automne 2007, que les véhicules électriques présentaient une opportunité majeure de diversification et de reconversion. Heuliez a donc décidé de participer au projet de véhicule électrique régional début 2008...et propose une gamme de voitures électriques afin de satisfaire des demandes différentes. Les modèles sont prévus à l'exportation pour des volumes importants...
    * Diedre et Endeavour : ce consortium franco-suisse est le résultat du rapprochement de la société Dièdre Design à Versailles (Yvelines), spécialisée dans le design industriel, plus particulièrement automobile, et de la société Endeavour à Bulle (Suisse) qui est à l'origine du concept de véhicule électrique Swatchmobile (devenu chez Mercedes le véhicule à propulsion thermique Smart) et du tricycle électrique CREE fabriqué à plus de 100 exemplaires). La carrosserie en plastique de ce véhicule est fabriquée par Rotoméca, une société localisée  à Mornac (Charente). Dièdre Design a répondu à l'appel à projets de la région avec un concept de mobilité urbaine et d'éco-conception séduisant...

Voir la vidéo sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/des-paroles-aux-actes-la-voiture-electrique-a-bas-cout/12-10-2008

Source : Désirs d'avenir

Des paroles aux actes : la Région Poitou-Charentes lutte contre la crise financière

Des paroles aux actes

Pour lutter contre les conséquences de la crise financière qui s’annonçait depuis plusieurs années, les régions tentent de venir en aide aux entrepreneurs et aux particuliers.

Voici quelques exemples de ce que la Région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, a mis en place pour préparer les emplois de demain et pour accompagner tous ceux qui innovent et prennent des risques.

1. Pour soutenir l’innovation :

- les grands projets mobilisateurs comme la voiture électrique présentée la semaine dernière ;
-le fonds régional de l'innovation qui permet de passer de l'idée du chercheur au produit vendu par l'entreprise ;
-les fonds de capital risque. La Région utilise tout ce que la loi permet, y compris la mobilisation de l'épargne en proximité, en proposant aux ménages de Poitou-Charentes d'investir dans les entreprises de la région plutôt qu'à la bourse.

2. Pour aider les entrepreneurs à investir :

La Région tente d’épauler les entrepreneurs qui se lancent et qui ont du mal à débloquer des prêts bancaires.
Il faut aider au rétablissement de la confiance et sortir le pays de l'ornière dans laquelle nous sommes. Pour cela, les projets d'investissements ne doivent pas être ralentis.
Ainsi, les fonds régionaux de garantie permettent aux entreprises d'obtenir de meilleures conditions de crédit, de rassurer les banques, de débloquer plus vite les fonds.
C'est avant tout une responsabilité de l'Etat, mais les régions ont mis en place des outils de terrain, efficaces pour les petites et moyennes entreprises qui sont celles qui se battent le plus sur les marchés de l'export et l'innovation.

3. Pour réconcilier croissance économique avec l’écologie et le social

Pour développer l'écologie, la région Poitou-Charentes a décidé de mettre l’accent sur les économies d'énergie, avec des prêts à taux zéro pour réhabiliter les logements sociaux qui sont les plus mal classés en consommation énergétique : 15 000 logements concernés à terme en Région. C’est un partenariat établi avec la Caisse des dépôts et la région est la seule à le faire en France.

Toujours dans le même objectif, la région a lancé un grand plan photovoltaïque régional avec plus de 400 millions d'investissement. Un prêt avec la Banque européenne d'investissement de 200 millions est en cours de négociation. C'est une première en Europe pour faire émerger une vraie filière économique, de la production de panneaux photovoltaïques à l'installateur.

Pour être éthiquement plus exigeant, la région conditionne toutes ses aides au respect de la charte d'engagements réciproques. La crise actuelle montre que l'on a trop méprisé les salariés et le respect des règles élémentaires du travail en entreprise, en soumettant ceux qui produisent à des règles financières qui ont fait voler en éclats le système. Il faut être exigeant dans l’octroi d’aides publiques.

Source : Désirs d'avenir

"Il faut que les gens se révoltent"

Ségolène Royal était au Mans pour une séance de dédicaces. Elle a répondu aux questions de France 3, notamment sur la fermeture des écoles de formation de la gendarmerie.

Voir la vidéo ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/il-faut-que-les-gens-se-revoltent/11-10-2008

Source : Désirs d'avenir

Discours de Ségolène Royal sur la mondialisation à Athènes

Voici le texte du discours sur la mondialisation prononcé par Ségolène Royal au Megaron d'Athènes.

 « Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Président du PASOK, cher George Papandreou,
Messieurs et Madame les Ministres,
Monsieur l’ancien Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les députes,
Mesdames et Messieurs, Chers amis, Chers camarades,

Je suis très heureuse d’être à Athènes et je remercie Monsieur Christos Lambrakis pour son invitation au Megaron, cette extraordinaire réalisation culturelle,
Merci à Monsieur Manos pour son accueil.

Personne n’aurait imaginé, au moment ou vous avez fixé le thème de cette conférence, sa brûlante actualité.

Je souhaite attirer votre attention pour commencer sur deux images tirées de l’actualité, deux images qui sont comme un symptôme du monde dans lequel nous vivons.

Mai 2008 : images d’émeutes dans les rues de Dakar, de Ouagadougou, de Bombay, de Djakarta. Des magasins sont pris d’assaut. Le sang coule parfois. Ce que l’Occident avait rejeté dans les tréfonds de sa mémoire collective refait surface : les grandes disettes sont de retour, des centaines de millions de gens meurent de faim. Et avec elles le déchaînement de violence, les bateaux de la misère qui tentent désespérément de rallier les côtes européennes

Septembre 2008. Une image imprimée dans nos esprits, celle des salariés de Lehman Brother, la tête dans les mains. Des empires financiers s’effondrent comme des châteaux de cartes. La récession menace. Ceux qui se croyaient orgueilleusement à l’abri sentent le vent du boulet : la faillite généralisée guette, comme une réaction en chaîne désormais incontrôlable.

Deux images, deux réalités, un même monde, une même cause : un libéralisme qui nous met tous, à l’échelle du monde, en danger. L'heure pour la gauche n'est plus aux diagnostics tièdes, ni aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale et a la proposition d’un autre système.

En 1971, 18 milliards de dollars étaient échangés chaque jour. Aujourd’hui, ce sont près de 1 800 milliards de dollars qui circulent quotidiennement sur les marchés financiers. 1800 milliards de dollars : presque neuf fois la dette de tous les pays africains.

Ces mouvements de capitaux ne correspondent bien souvent qu’à des engagements de très court terme : il ne s’agit pas d’investissement dans des projets industriels, mais de placements purement spéculatifs. L’argent circule, l’argent va vite, entraînant le monde dans une spirale vertigineuse, une course au profit immédiat.

Oui, la sphère financière s’est affranchie de l’économie réelle. Et je ne crois pas qu’il s’agisse d’une perversion du système, comme si nous  ne faisions face qu’à un simple dysfonctionnement accidentel, ponctuel.

Le capitalisme libéral porte en lui la menace de sa propre destruction, comme une tare originelle : livrés à eux-mêmes, les pulsions du capitalisme deviennent folles. Puisque j’ai le plaisir d’être invitée à Athènes, vous me permettrez donc d’oser une comparaison entre le capitalisme libéral et l’attelage ailé que décrit Platon dans un de ses dialogues, Phèdre : sans la raison pour le brider, le maîtriser et le guider, le capitalisme est entraîné dans la course folle de ce que les Grecs anciens appelaient  l’hybris.

La boucle était vertueuse nous disait-on. La finance devait servir l’économie réelle : ouvrez les marchés, le capital ira là où sont les bonnes idées, là où sont les bons projets, là où sont les bons investissements. Et vous verrez nous disait-on encore : un capital plus libre, c’est une économie plus forte, donc des sociétés plus prospères, donc des citoyens plus heureux. La boucle était bouclée…

Mais c’est l’inverse qui s’est produit : aujourd’hui, la finance ne sert qu’elle-même ; et une partie de l’économie n’est pas tournée vers le développement mais vers le profit pour le profit.
Le bon ordre des choses c’est : la finance au service de l’économie et non d’elle-même et l’économie au service du développement humain (bien être) et durable.

Aujourd’hui le désordre détruit tout.

Et si je me suis engagée en politique, au Parti socialiste, conseillère de François Mitterrand, membre du Parlement pendant vingt ans, trois fois ministre, présidente de Région, puis désignée par mon parti comme candidate à l’élection présidentielle,  ce n’est pas pour dire : « Il n’y a rien à faire ».

Non, je suis là pour vous dire qu’un autre monde est possible, un ordre financier, économique, écologique et social juste et efficace. Rien ne serait pire qu’un colmatage de la crise qui conduirait de fait à la consolidation d’un système perverti.

Car, j’en suis convaincue, il n’est pas trop tard : soit la mondialisation est porteuse de toujours plus de malheurs. C’est possible, l’actualité nous le prouve chaque jour un peu plus. Soit la mondialisation provoque un progrès de civilisation. C’est possible aussi. C’est la volonté politique qui arbitrera cette alternative. Cela dépendra de notre volonté politique, de celle des socialistes, de tous les démocrates, de toutes les femmes et les hommes de progrès et de justice à l’échelle du monde.

L’histoire de la gauche, c’est encore et toujours une lutte pour l’émancipation. Son combat, c’est donner à chacun la possibilité de redevenir maître de lui même et de son destin.  Son combat, c’est la démocratie réelle et pour tous.

Ces valeurs doivent être mises au service d’un nouveau projet de vie, adapté au monde tel qu’il est. Voilà la gauche que le monde attend avec impatience : une gauche qui bâtisse de nouvelles sécurités collectives pour permettre à tous, individus et Etats, de vivre en paix et dignement. Le chemin sera long. Mais n’en doutons pas, n’hésitons pas : l’avenir est de notre côté. 

***

Le contexte de cette conférence est celui de trois défaites : la défaite du système financier, la défaite de la mondialisation et la soi-disant défaite idéologique de la gauche. Pour organiser la réponse de la gauche à ces trois défaites, je vois trois principes pouvant servir à bâtir un monde à la fois plus juste et plus sûr : le besoin du politique, le besoin de la règle et enfin le besoin du contrôle démocratique. Ce sera l’objet de cette conférence.

Lire la suite sur le lien suivant

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/discours-de-segolene-royal-sur-la-mondialisation-a-athenes/11-10-2008

Source : Désirs d'avenir

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