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Publié le par Arnaud

Pour leur premier meeting de campagne commun, le premier secrétaire du PS et la candidate se sont répartis les rôles: à lui la vérité sur Nicolas Sarkozy et François Bayrou, à elle l'exposé de son Pacte présidentielle.

 

La candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal et le chef de son parti, François Hollande (AFP)


La candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal et le chef de son parti, François Hollande, ont fait équipe publiquement pour la première fois dans la campagne, jeudi soir 29 mars à Limoges, la région du député-maire de Tulle.

Le couple le plus inédit de la vie politique, uni par une vie commune mais aux destins politiques contrastés, a joué une partition harmonieuse devant un public chaleureux de plus de 7.000 personnes.

A François Hollande le tir nourri contre Nicolas Sarkozy et François Bayrou, à Ségolène Royal l'exposé de son projet présidentiel, avec un accent particulier sur la société "de la responsabilité", du "donnant-donnant" contre "l'assistanat".

"C'est un jour particulièrement émouvant", a commencé la candidate en s'adressant à l'auditoire, de par la présence de "François" qui s'est exprimé, a-t-elle dit, "avec le talent que vous connaissez". La veille, elle avait estimé que le député-maire de Tulle était "l'un des hommes politiques les plus brillants de sa génération.

Comme les autres "éléphants", le premier secrétaire mène campagne de son côté. Il devrait prendre la parole au dernier meeting de la candidate avant le 1er tour, à Lille.

La candidate avait, il y a précisément deux semaines (dans l'émission "A vous de juger", sur France 2), multiplié les prises de distance à l'égard du PS, que le numéro un socialiste ne cesse au contraire de mettre en avant.

Mercredi encore, Ségolène Royal qualifiait de "couperet" le seuil de 4.000 euros par foyer fiscal, proposé en janvier par François Hollande, à partir duquel seraient remises en cause les baisses d'impôts faites par la droite.

A Limoges, en présence, notamment, de l'ex-Premier ministre PS Edith Cresson, venue de sa Vienne voisine, Ségolène Royal s'est installée pour de bon dans un nouveau rapport au public: plus de texte écrit, la candidate a improvisé, micro en main derrière un pupitre.

Hommage au Limousin "rebelle"

Elle a commencé par un hommage au Limousin "rebelle", où la Résistance à l'occupant nazi fut très active, saluant une cité "fière de sa mémoire ouvrière et de son ancrage à gauche", creuset "d'une République démocratique et sociale". Puis la candidate socialiste s'est tournée vers ce qu'elle appelle parfois "la gauche moderne".

"Je ne suis pas favorable à une société de l'assistanat. La gauche ce n'est pas cela, la gauche c'est la dignité du travail. La société que je vous propose, c'est une société du donnant-donnant où chacun aura le sentiment que ce qui est donné (...) s'accompagne en retour d'un effort de la part de ceux qui reçoivent", a déclaré Mme Royal.

Elle a opposé sa "conception de la valeur travail" à celle de la droite. "La valeur travail, c'est d'abord donner du travail à tous. C'est revaloriser les bas salaires. C'est sécuriser, par des contrats de travail durables", a-t-elle affirmé, sans omettre cette fois de "féliciter les jeunes de leur lutte contre le CPE".

Sarkozy "responsable"

Auparavant, François Hollande avait dénoncé en termes vifs les déclarations de Nicolas Sarkozy à propos des incidents de la gare du Nord. "Nicolas Sarkozy a dit: "je suis du côté des victimes". Non, il est du côté des responsables, c'est différent. C'est lui qui a été ministre de l'Intérieur depuis 2002".

Véhément, il a prié le candidat de l'UMP de ne pas "insulter" les socialistes.

Quant à François Bayrou, il "s'avance dans le flou et dans la brume (...), c'est un voyageur sans bagage", selon le premier secrétaire.

François Hollande a exprimé une confiance limitée face à "l'incertitude" du scrutin, appelant les militants à "secouer l'indifférence, lutter contre le scepticisme, refuser le fatalisme"

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