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Publié le par Arnaud

Ségolène Royal franchit la première étape J- 14 avant le 2éme tour

La candidate socialiste se qualifie pour le second tour en obtenant, selon les premières estimations de la Sofres, environ 26% des voix.

OUF de soulagement chez les socialistes. Ségolène Royal a déjà rempli la première partie de son contrat: en se qualifiant, dimanche, pour le second tour, la candidate socialiste a conjuré le sort du 21 avril 2002, quand Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour de la présidentielle, laissant à Jean-Marie Le Pen la place de numéro 2. La répétition de cet épisode était la hantise des socialistes, qui ont passé toute la campagne à se rassurer en regardant leurs salles de meetings combles, quand la montée de François Bayrou dans les sondages ne cessait de les inquiéter. Le remords du 21 avril aura donc été le plus fort. Reste pour Royal maintenant à créer une nouvelle dynamique autour de sa candidature, handicapée par la faiblesse de ses réserves à gauche.

L?argument du vote utile a été ressassé sur tous les tons par le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, depuis des mois, et par la candidate elle-même dans la dernière phase. Royal avait déjà mis des atouts de son côté en engrangeant dès la fin 2006 le soutien du Parti radical de gauche et celui de Jean-Pierre Chevènement, pour parties responsables de l?échec de Jospin. L?absence de dynamique autour de la candidature de Dominique Voynet lui a certainement assuré un plus. Les électeurs de gauche ont considéré majoritairement qu?elle était le meilleur rempart contre le candidat UMP. Piqués par les appels de Michel Rocard à une alliance avec François Bayrou avant le premier tour, qui brouillaient leur message, les socialistes ont battu le rappel dans les derniers jours sur le thème du «Tout sauf Sarkozy», pour provoquer un réflexe chez les hésitants encore nombreux et inciter à la mobilisation. Royal et le PS terminant la campagne en mettant en garde contre une menace de «?fracture républicaine?» en cas d?élection de Nicolas Sarkozy, brandie comme un épouvantail.

Cette première victoire est l?aboutissement d?un long chemin commencé il y a un an et demi, quasiment contre le Parti socialiste. Après des mois de scepticisme à l?égard de la méthode, des idées et de la personnalité de la candidate, le parti s?est finalement persuadé, sur la foi des sondages, qu?elle était la seule candidate capable de battre la droite. Tout au long de sa campagne, Ségolène Royal, soucieuse de nouer «un lien direct avec les Français», a entretenu une relation tumultueuse avec son parti, négligeant ses dirigeants et valorisant ses militants, auxquels elle affirmait, à chaque occasion?: «?Mon équipe de campagne, c?est vous.?» Tout en s?entourant de conseillers, issus ou pas du PS, qui formaient autour d?elle une garde rapprochée. Son obsession: ne jamais se laisser enfermer dans la doctrine, rester, comme elle le disait elle-même, «une femme libre».

La candidate socialiste a toujours affirmé qu?elle avait en tête son timing de campagne et qu?elle n?en dévierait pas. Ainsi, avant même d?être désignée, a-t-elle posé les marqueurs d?un positionnement original pour une candidate socialiste, avec son slogan de «?l?ordre juste?», ses prises de position sur la délinquance ou la carte scolaire. Elle a tenu le cap de la démocratie participative même lorsqu?il déconcertait ses amis, qui l?auraient voulue plus combative. Elle ne s?est pas privée, tout au long de la campagne, de jouer de l?argument féminin. Une femme à la présidence de la République, ce serait «un événement planétaire», affirmait-elle, n?hésitant pas à se poser en victime du machisme lorsqu?elle faisait l?objet de critiques.

Les électeurs ne lui auront donc pas tenu grief de ses bourdes, de son caractère fantasque qui l?a conduite à annuler moult rendez-vous à la dernière minute. Dans les derniers jours de campagne, sentant la montée de l?extrême gauche, et notamment d?Olivier Besancenot, elle a mis la barre à gauche toute, s?affichant au côté de caissières de supermarché ou dénonçant les indemnités de l?ex-patron d?EADS Noël Forgeard, demandant aux militants dans les meetings de crier «remboursez!», comme des clients mécontents. Tout en continuant à prôner le dialogue social et le «gagnant-gagnant» avec les entreprises. Un discours suffisamment attrape-tout pour assurer sa qualification.


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