Désirs d'avenir 86000-Poitiers- Arnaud Fage

Publié le par Arnaud

Ségolène Royal devant plus 60.000 personnes au stade Charléty J- 4

Devant plus de 60.000 personnes au stade Charléty, la candidate PS à révéler le vrai visage de Mr Sarkozy, accusé de faire "ovationner le mot Kärcher", de "parler de liquider Mai 68". "Nous savons à quoi va conduire le passage en force et la brutalité", a-t-elle prévenu.

Ségolène Royal s'est dite "libre, droite, pour faire gagner la France" mardi 1er mai devant quelque 60.000 personnes massées au stade Charléty et qui l'ont ovationnée pour son dernier grand meeting-concert parisien avant le second tour.
"J'ai reçu tellement de bonheur partagé ce soir que tout le reste est oublié. Je suis avec vous, libre, droite, pour, dimanche prochain, faire gagner la France", s'est-elle exclamée au début de son discours.
"Je vous salue peuple de France, peuple libre, peuple fier, peuple insoumis et qui veut la victoire", avait-elle commencé.
"On va gagner, on va gagner!", "Ségolène présidente", l'a régulièrement interrompue la foule. Selon les organisateurs, en plus des 40.000 personnes que peut contenir le stade, dont les portes ont du être fermées plusieurs heures avant le discours de la candidate, quelque 20.000 personnes se pressaient à l'extérieur.
Mme Royal, jupe et veste blanches sur corsage rouge, est entrée à 19H00 dans l'enceinte, sur l'air de la chanson de sa campagne "Tous unis pour porter l'espérance, tous unis pour faire gagner la France, Ségolène tu peux compter sur nous, l'avenir sera au rendez-vous".
Le premier secrétaire François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë, Jack Lang, Elisabeth Guigou étaient présents à ce grand rassemblement, parmi beaucoup d'autres responsables.
"Je suis solide, je le savais mais le courage du combat politique, je l'ai construit avec vous pendant les 18 mois de campagne électorale. Mon courage, c'est vous, mon courage, c'est pour vous, mon projet, c'est vous!", a-t-elle lancé.

Une forêt de drapeaux, des jeunes socialistes, tricolores ou arc-en-ciel a été déployée par les militants présents, tandis qu'une partie de la foule était massée sur le boulevard Kellermann, n'ayant pu trouver place dans le stade.

La candidate a dit vouloir "pour (son) pays la paix et la fraternité". "Vous êtes là pour une France rassemblée et fière de l'être (...) Vous êtes là pour une France qui libère les énergies, crée des richesses et les répartit bien", a-t-elle ajouté, invitant les Français à "écrire une nouvelle page de l'histoire de France" dimanche.
"Dimanche prochain, vous aurez le choix entre deux modèles de société", a-t-elle poursuivi, qualifiant le meeting "d'événement à la hauteur d'une victoire espérée".
"Maquiller un bilan n'est pas tâche facile (...) Certains réécrivent l'histoire, captent celle des autres pour brouiller les pistes et créer de la confusion dans les esprits", a-t-elle lancé en allusion à son rival UMP Nicolas Sarkozy.
"Nous ne sommes pas rassemblés un 1er mai par hasard. Cette date a un sens historique. Elle est la fête de la solidarité et de la demande de dignité du monde ouvrier", a déclaré Mme Royal.
Déclinant les principales mesures de son programme, elle s'est notamment engagée à revaloriser les bas salaires, affirmant que "la vraie valeur travail, c'est d'abord payer le travail à sa valeur".

La candidate a également ironisé sur les critiques formulées par Nicolas Sarkozy sur Mai 68, accusant le candidat de l'UMP d'avoir "remonté le temps".
"Il disait que tout était de la faute de mai 68. Quelle mouche l'a piqué? Car Mai 68, c'était il y a 40 ans", a-t-elle dit.
"Tout semblait calme autour du Palais omnisports de Bercy", a-t-elle poursuivi en évoquant le meeting au cours duquel Nicolas Sarkozy a souhaité dimanche voir "liquider" l'héritage de 68: "Mais à l'écouter, à l'intérieur, ce n'étaient que voitures fumantes, barricades, charges de police, délitement des valeurs, laxisme des moeurs, crise de l'autorité".
"La machine à remonter le temps avait été mise en marche. A Bercy, on était en juin 68. Moi, je ne souhaite pas que la France parvienne à ce point de blocage pour précisément susciter comme en mai 68 des révoltes, des revendications, des grèves qui ont tout bloqué".
Pour Ségolène Royal, "le Palais de Bercy, ce n'est pas la remontée des Champs Elysées, Malraux, ce n'est pas Doc Gynéco, François Mauriac, ce n'est pas Bernard Tapie, et Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le général De Gaulle. Alors il faut garder son calme et son sang froid et réformer la France avant qu'elle ne se soulève".
"A Bercy, on a fait ovationner le mot Kärcher, on a parlé de liquider Mai 68, on dit vouloir 'reformater' la France. J'appelle tous les Français à y réfléchir en conscience, à se rassembler sur d'autres valeurs", a lancé Ségolène Royal, attaquant frontalement son rival.
"Nous savons à quoi va conduire le passage en force et la brutalité (...) La fameuse rupture annoncée est une fracture républicaine", a-t-elle dit.

Ségolène Royal s'est par ailleurs engagée à "rassembler toutes les énergies d'où qu'elles viennent" si elle était élue, disant avoir "entendu" à la fois les messages des candidats de gauche et des électeurs centristes.
"Je ne désignerai aucun ennemi sur le territoire français et même ceux qui n'ont pas mon opinion politique seront associés aux réformes. Je rassemblerai toutes les énergies d'où qu'elles viennent", a déclaré la candidate.
"J'ai entendu les candidats de la gauche antilibérale: oui, 'la vie vaut mieux que les profits', j'ai entendu l'idéal altermondialiste : 'un autre monde est possible'", a affirmé Mme Royal. La première formule était le slogan de campagne d'Olivier Besancenot (LCR), le second celui de la mouvance soutenant José Bové.
"J'ai entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès : rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial", a-t-elle ajouté.

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