Dimanche 6 juillet 2008

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Communiqué de Ségolène Royal

Ségolène Royal s'étonne de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon.

Le moment n'est pas à la polémique politicienne.

Les propos qu'elle a tenus, en réponse à une question des journalistes, se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le Secrétaire général de l'Elysée.

Par ailleurs, ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique. Ségolène Royal appelle donc le gouvernement à faire preuve d'un peu de décence.

Source : Désirs d'avenir



Libération d'Ingrid Bétancourt

"Tout le monde le sait, c’est une opération colombienne rondement menée qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n’avaient débouché sur rien", a estimé Ségolène Royal en visite à Québec pour le 400e anniversaire de la ville.

"Nicolas Sarkozy n’a été absolument pour rien dans cette libération", a-t-elle ajouté devant un petit groupe de journalistes.

"Je crois que c’est bien qu’il y ait aujourd’hui un rassemblement national autour de cette libération mais que les récupérations politiques seraient totalement décalées", a-t-elle poursuivi, saluant le "courage" d’Ingrid Betancourt et de sa famille.

Source : Désirs d'avenir

Ingrid Betancourt : les Français en visite au 400e transportés de joie


Ségolène Royal hier à une séance de signatures de son dernier livre au Quebec

Alors que le mythique navire français Belem arrivait au Vieux-Port de Québec après une longue traversée de l’Atlantique, la classe politique française et québécoise venue pour l’accueillir a reçu l’annonce de la libération d’Ingrid Betancourt avec une joie incommensurable «On est ravi d’apprendre qu’elle est enfin libérée», a lancé le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui, comme plusieurs, attendait d’autres précisions sur les conditions de sa libération.

«C’est un dossier, a-t-il ajouté, que j’ai suivi et que ma famille a suivi toutes ces longues années. Je lui souhaite la santé. Qu’elle puisse retrouver sa famille, sa santé et l’amour de ses proches.»

Pour, Ségolène Royal, «c'est merveilleux».

«Ses enfants, ajoute-t-elle, ont maintenu la mobilisation. Tout le monde a eu peur pour sa vie. C'est extraordinaire.»

«Dans l'avion qui nous amenait à Québec, on s'est réjoui fortement de l'annonce de la libération d'Ingrid Betancourt», a rajouté le président du conseil régional de la Bretagne et de la Normandie, Laurent Beauvais. «Pour moi, cet événement sera toujours relié aux Fêtes du 400e anniversaire de Québec puisque c'est à ce moment que la nouvelle nous est venue.»

Source : Désirs d'avenir

publié dans : Désirs d'avenir 86000-Poitiers
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Jeudi 3 juillet 2008
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Libération d'Ingrid Bétancourt


Libération d'Ingrid Bétancourt, Réaction de S. Royal

Ségolène Royal est très heureuse de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Elle partage l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute.

Voir la vidéo sur le lien ci-dessous

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/liberation-dingrid-betancourt/03-07-2008

Source : Désirs d'avenir

Ségolène Royal au Québec

Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes honore sa promesse et co-préside le 400è anniversaire de la fondation de la ville de Québec dans le cadre des liens historiques et étroits entre le Québec et la Région Poitou-Charentes.

La Région Poitou-Charentes assure la coordination de l'action des Régions lors de cet événement. (http://www.quebec2008.poitou-charentes.fr)

En effet, le fondateur de la ville de Québec Samuel de Champlain est parti de La Rochelle vers la Nouvelle-France. Comme lui, 30 % des migrants partis peupler les terres de Nouvelle-France étaient originaires des provinces qui forment aujourd'hui le Poitou-Charentes.

D'importantes coopérations entre la Région Poitou-Charentes et le Québec ont été mises en place au cours de l'année écoulée.

Durant ce déplacement, Ségolène Royal participera aux manifestations populaires qui sont organisées, notamment l'événement créé par Robert Lepage.

Source : Désirs d'avenir

Le Québec et ma région : une histoire de famille

En septembre 2007, en partant du Québec, j’avais promis que je reviendrai. J’aime ce peuple, né d’un pari utopique, de l’exil et de la rencontre. Au-delà de l’hiver et du doute, avais-je dit à l’époque, quatre siècles durant, il a tenu bon. Arrimés à cette langue de France, les Québécois ont su traverser les épreuves du temps et connaissent le prix des mots. Je salue, une fois encore leur courage et je tiens ma promesse.

C’est pour célébrer ensemble notre histoire commune que je me rends, aujourd’hui même, à Québec. Voilà 400 ans que Samuel de Champlain, né à Brouage dans ce qui est aujourd’hui la Charente-Maritime, a quitté les rives françaises pour découvrir le Nouveau monde et fonder la ville de Québec. C’est du Poitou, de la Charente, puis de Normandie et d’île-de-France, que, par centaines, des femmes et des hommes allèrent inventer la Nouvelle France. Voilà pourquoi, en tant que co-présidente des festivités du « 400ème », comme le disent les Québécois, je m’envole aujourd’hui pour rejoindre les descendants des habitants de ma région.

Nous n’avons jamais rompu les liens forts qui unissent le Québec et la France. Et c’est particulièrement pour conclure quatre ans de travail entre les Régions de France et le gouvernement québécois, dont la Région Poitou-Charentes est chef de file, que je traverse, une fois encore, l’Atlantique.

Le 8 mai 2008, le maire de la capitale québécoise, Régis Labeaume, nous avait déjà rendu visite à La Rochelle pour inaugurer le Centre d’interprétation sur la migration française vers la Nouvelle-France dans la Tour de la Chaîne, le jour où nous avons aussi baptisé le départ de la « Grande traversée de l’Atlantique », une flotte de navires qui devaient rejoindre Québec deux mois plus tard. Il y a quatre cents ans, c’était aussi de ce magnifique port que partaient les immigrants poitevins et charentais qui allaient peupler la Nouvelle France et ont, aujourd’hui, transmis leurs noms à plus d’un Québécois sur six.

Il est donc tout à fait naturel qu’en tant que présidente de la Région Poitou-Charentes (et sans compter l’amitié qui me lie à la province québécoise), j’ai été conviée à Québec, il y a un an déjà, par le gouvernement et les élus de la capitale, pour assister à leurs côtés aux célébrations du 3juillet.

Je vous donnerai de mes nouvelles depuis ces « quelques arpents de neige », dont parlait Voltaire pour justifier l’abandon de la Nouvelle-France – neige tout à fait fondue à cette époque de l’année évidemment et « arpents » qui ont vu émerger une société moderne souvent citée en exemple, dont nous, Français, sommes plus que jamais proches.

Source : Désirs d'avenir

Scandaleuses accusations

Le 30 juin : Scandaleuses accusations

Comme vous le savez, mon appartement a été visité pour la troisième fois, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, quelques heures avant mon intervention à la Maison de la Chimie devant plus d’un millier de militants.

Ce matin, Le Figaro mettait en cause la vérité des faits, parlant « d’éventuelle intrusion » et laissant entendre que j’aurais pu moi-même mettre en scène l’infraction. La moindre des choses aurait été de s’informer auprès des policiers et du procureur de la République de Nanterre.

Car ce dernier, le juge Philippe Courroye, s’est déplacé chez moi en personne, dans la nuit, pour signifier l’importance qu’il accorde à ce délit, et particulièrement à sa répétition.

Ce soir-là, je revenais de Poitou-Charentes et je suis passée par mon bureau parisien, avant de rentrer chez moi et de me préparer au meeting du lendemain.

Là, le choc. Même si c’est la troisième fois que mon appartement est visité par effraction, on ne s’habitue jamais à une telle violation de son intimité. Rien n’avait été volé. Mais la mise en scène de ces « cambrioleurs » - qui devaient être bien renseignés pour tenter cette visite en début de soirée, et pas en pleine nuit – m’a donné froid dans le dos.

Les boucles d’oreille de ma fille soigneusement déposées sur le lit… Les minutes d’un précédent procès-verbal (encore pour cambriolage) déchirées et posées sur un meuble… Les tableaux déplacés… Mon appartement ne m’appartiendrait-il plus ? Derrière tout ça, il y a la volonté manifeste de m’intimider, voire de me faire reculer.

Les questions maintenant : Qui est derrière tout ça ? Est-ce que c’est un maniaque, une officine mafieuse, des barbouzes ? Quelle volonté les anime ? Que va faire le gouvernement ? Où va la France si les leaders de l’opposition peuvent être à ce point inquiétés ?

J’ai bien l’intention de demander des comptes au ministère de l’Intérieur afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Je veux savoir qui est l’instigateur de cette tentative de déstabilisation politique. Je n’en resterai pas là.

Source : Désirs d'avenir

Vidéos et textes de toutes les interventions...

Intervention d’Édouard Martin, délégué syndical CFDT d’Arcelor Mittal, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Bonjour à toutes et à tous, merci pour votre accueil,

« Gandrange, avec ou sans Mittal, l’Etat investira à Gandrange. Et puis vous savez, Gandrange comme voyage de noces, y’a pas mieux ! » Ces mots là ne sont pas de moi, il y a longtemps que je suis marié, mais ces mots sont du président de la République, Nicolas Sarkozy, qui est venu à Gandrange profiter du désespoir de 1 000 salariés, à qui on avait annoncé la fermeture de l’usine. Il est venu, il a eu le culot de venir nous voir, se payer un coup médiatique sur notre dos, sur notre désespérance, et c’est inadmissible.

Ce que je voudrais dire, je vais être bref, je ne vais pas monopoliser la parole, il y en aurait pour des heures de débat, mais simplement, sur l’industrie française et sur la sidérurgie : il faut savoir que la France était, il y a encore une trentaine d’années, dans le peloton de tête de l’industrie. Et aujourd’hui, la France est le 14è pays industriel, très loin derrière l’Allemagne et très loin derrière l’Italie. Ce qui veut dire que nous sommes dans un pays qui n’a pas soutenu son industrie. Nous sommes dans un pays où les élus actuels nous font croire que l’avenir de la France est d’être un pays où on ferait uniquement des services, que des services.

Et bien je peux vous assurer que nous, les Lorrains, on n’en veut pas de ce futur-là. Nous ce qu’on veut c’est une industrie forte, une sidérurgie forte, parce que vous l’avez vu, l’acier n’a jamais autant gagné d’argent que ces derniers temps. Huit milliards d’euros de bénéfice net à Arcelor Mittal en 2007, et 2008 ça va être encore beaucoup mieux. Alors, simplement, pour être bref et aller au but : nous, Gandrange, c’est un cas d’école. Mais c’est un cas d’école à ne pas reproduire. Parce que, une fois qu’on se penche sur le dossier Gandrange, on voit toutes les erreurs qui ont été commises.

Et si je suis ici présent, si Ségolène Royal a eu la gentillesse de m’inviter, c’est pour lancer un cri, un cri d’alarme et un cri d’attention. Parce que l’industrie française est en danger. Elle est en danger parce que, dans les cinq ans qui viennent, 40 % des effectifs vont partir en retraite. Et aujourd’hui, nous n’avons pas anticipé pour le transfert des savoirs, nous n’avons pas investi dans la formation professionnelle. Nous investissons peu dans la recherche et le développement. Et pour nous, ce sont les points essentiels pour maintenir une activité industrielle forte en France.

Donc, simplement, le mot que nous autres Lorrains voulons lancer, c’est : l’Etat doit nous laisser la parole, doit nous laisser travailler, doit nous laisser proposer. Nous ne savons pas uniquement manifester dans la rue, nous connaissons nos usines, nos métiers, nous connaissons nos clients, et ce que je voudrais dire, c’est que nous avons des propositions concrètes à faire. On en avait une sur Gandrange. L’Etat ne nous a pas aidés, l’Etat nous a abandonnés. Et la dernière proposition, parce que le plan social est en cours de développement, malheureusement, c’était de signer une convention tripartite, entre l’Etat, les syndicats et Arcelor Mittal.

Le groupe Arcelor Mittal n’était pas opposé, et c’est Bercy qui a refusé la convention tripartite. Vous pensez, nous autres syndicalistes, on n’a pas notre mot à dire ! Il faut laisser faire ça aux politiques et notamment Nicolas Sarkozy !

Et pour finir, je dirai simplement, nous autres les Lorrains, ce qu’on souhaite, c’est que premièrement, ce soit le dernier mariage de Nicolas Sarkozy, et deuxièmement qu’il ne choisisse plus jamais la Lorraine comme voyage de noces !

Merci.

Intervention d’Ariane Mnouchkine, metteur en scène, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

« L'État-Providence ». Avez-vous remarqué avec quel sourire narquois ou désolé ils prononcent cela ?

« C'en est fini de l'État-Providence ». Avez-vous noté avec quelle violence, avec quelle gourmandise, ils lancent cette prophétie revancharde ?

Et moi, je me demande toujours : Mais, si l’État qui est … moi; si l'Etat, qui est… nous; si l'Etat qui est… le peuple, n'est pas providentiel, alors qu'est-il? Que doit-il être ? Que peut-il être d'autre alors, que le plus froid des monstres froids ? Mais s'il est le plus froid des monstres froids, alors, c'est qu'il n'est pas le peuple? Mais si l'Etat n'est pas le peuple, c'est que nous ne sommes plus en démocratie. C'est qu'il y a mensonge. Et que, comme dit Zarathoustra, il y a, suspendu au-dessus de nous, un glaive et cent appétits. 

Car si nous sommes encore en démocratie, quel autre devoir, quelle autre solution avons-nous que de tout faire pour que le peuple soit la providence du peuple ? Vous remarquerez que l'on peut inverser la phrase : que le peuple soit la Providence du peuple, cela se lit dans les deux sens. Cela doit se dire dans les deux sens. Car évidemment, à un moment donné, il y a une réciprocité nécessaire. Nous devons être providentiels les uns aux autres.

« C'en est fini de l'Etat-Providence ! ». Qu'entendent-ils exactement par Etat- Providence ?

Certains, bien sûr, sont honnêtes, j'en connais, et croient, sincèrement que cela veut dire accepter sans sourciller le pillage du trésor de l'Etat c'est-à-dire du trésor commun, par tous les resquilleurs, profiteurs, tricheurs, bulleurs, glandeurs et gueux de France, de Navarre et, surtout, d'ailleurs.

Certains autres, les plus puissants, savent bien qu'il ne s'agit pas de cela, même si c'est à tout prix qu'il faut nous le faire croire. Non, ils savent, eux, qu'il s'agit, certes, d'une sorte de pillage, au mieux d'une réquisition légalisée du bien commun, mais pas par les gueux de France, de Navarre et d'ailleurs, non, mais par eux-mêmes et leurs amis.

Alors, pour que cesse cette réquisition permanente des pouvoirs et des biens, pour que le peuple soit la providence du peuple, il faut la gauche. Il faut le rêve de la gauche, il faut les valeurs de la gauche, il faut la confiance en l'humain de la gauche, il faut la fraternité de la gauche. Mais il faut que la gauche sache entendre que dans providence il y a prévoyance, donc clairvoyance, donc conscience de la complexité, donc exigence de vérité. Pour l'amour du ciel, pas de fausses promesses ! Aucune ! Nous n'y avons pas droit ! Un chemin à trouver ensemble, à gravir ensemble, à débroussailler ensemble. Pas de feux d'artifices, ils aveuglent. Une petite lumière. Il nous faut juste cette petite lumière.

Que nous soyons providentiels les uns aux autres, que chaque citoyen le soit pour tous les citoyens, que notre pays le soit pour l'Europe, que l'Europe le soit pour le monde. Quelle autre cause plus exaltante ? Quel chantier plus magnifique pour cette gauche que nous représentons aujourd'hui ? Quel plus bel espoir ?

Intervention de Delphine Batho, députée, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Je suis heureuse d’être dans une salle aussi chaleureuse et aussi combative.

Alors, comme vous l’avez compris, notre contribution est tournée d’abord vers l’urgence des combats d’aujourd’hui, l’urgence du combat contre l’insécurité sociale, contre l’abandon des banlieues, contre l’abandon de la recherche, de l’éducation.

Je voulais vous parler d’une autre insécurité, l’insécurité tout court, celle qui existe toujours, mais qui - vous l’avez remarqué - a disparu des gros titres des journaux télévisés, alors que ces dernières semaines, il y a eu des émeutes à Vitry-le-François, à Meaux. Il y a eu des morts dans des règlements de compte dans un certain nombre de quartiers. Il y a eu des lycéens agressés au Champs de Mars à Paris, alors qu’ils fêtaient le bac. Il y a eu des affrontements communautaires en plein Paris.

Voilà la situation qui existe toujours dans notre pays. Évidemment vous avez bien compris que c’est l’ancien ministre de l’Intérieur qui est responsable de cet état de fait, qui est responsable d’avoir aussi mis le feu aux poudres par une escalade verbale et le vocabulaire qu’il avait utilisé.

Nicolas Sarkozy ne veut pas débarrasser la société française de la violence. Il ne veut pas débarrasser la société française de la violence, parce qu’il a besoin du désordre !!!

Alors, la gauche, elle doit une bonne fois pour toutes, assumer, revendiquer, porter le combat contre la violence.

C’est un combat contre la brutalité des rapports humains. C’est un combat de valeurs contre la loi du plus fort, la loi de la jungle, l’argent-roi, le consumérisme et tout ce que ça véhicule dans les rapports humains.

Dans la contribution, nous disons que ce combat, cet ordre juste repose pour nous sur trois piliers.

Le premier, c’est une prévention précoce pour s’attaquer à la violence à la racine.

Le deuxième, c’est le retour d’une véritable police de quartier qui doit être au service des habitants et qui ne doit pas être au service de la politique du chiffre qui envenime les rapports entre ce qui doit être un service public et la population.

Et le troisième , c’est une sanction précoce avec des alternatives à la prison , parce que nous voyons aujourd’hui une inflation carcérale qui ne fait qu’une chose, c’est fabriquer de la récidive.

Intervention de Bertrand Monthubert, Président de Sauvons la Recherche, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Je lis derrière moi ces termes « combattre et proposer »... Je crois que notre but à "Sauvons la recherche" a toujours été de proposer pour mieux combattre.

Proposer, on l'a fait depuis des années et les États généraux 2004 qui ont réuni des milliers de personnes à travers la France pour faire des propositions concrètes, pour faire évoluer le système de recherche et d'enseignement supérieur. Ces propositions, qu'est-ce qu'elles sont devenues ? Rien.

Le gouvernement, année après année, a mis en place des réformes qui, toutes, ont tourné le dos aux propositions de la communauté scientifique.

Quel est le résultat aujourd'hui ? C'est une crise, une crise importante. Des centaines de directeurs de laboratoires qui menacent de démissionner, qui menacent de bloquer un certain nombre d'instances ; des centaines de chercheurs dont les travaux scientifiques ont été reconnus par des prix importants qui expriment leur forte inquiétude ; un conseil d'administration du CNRS qui ne peut se tenir à cause de la pression qui a été exercée par les scientifiques, notamment à l'appel de « Sauvons la recherche » ; une pétition qu'on vient de lancer qui, en 24h, a recueilli 10 000 signatures, qui exprime, je crois, ce climat de crise.

Aujourd'hui il faut qu'on arrive à restaurer un climat de confiance et si je suis là aujourd'hui c'est pour vous appeler à soutenir le combat qu'on est en train de mener. Un combat pourquoi ?

Un combat qui s'articule autour de trois demandes. La première, c'est de respecter ce qui se passe partout dans le monde : une autonomie des scientifiques par rapport aux politiques. Cette autonomie, pour la comprendre peut-être, regardons ce qui se passe dans les médias publics : Nicolas Sarkozy se rêve en directeur des programmes d'une chaîne de télévision. Mais finalement, il fait la même chose sur la recherche. Il se rêve aussi en directeur des programmes, des établissements de recherche. Pouvons-nous lui faire confiance à votre avis ? A-t-il l'expertise pour le faire ? Je crois que non.

Cette autonomie, ce n'est pas quelque chose qu'on réclame pour le confort des scientifiques. C'est une mesure d'équité par rapport à tous les citoyens. Nous ne voulons pas être sous la dépendance d'un pouvoir politique qui, à un moment donné, commande une étude à l'INSERM, demandant s'il est possible de dépister un délinquant chez les enfants de moins de trois ans.

Pour un pouvoir protégé contre ses intérêts, ses intérêts particuliers politiques ou économiques, nous avons besoin de cette autonomie. Cette autonomie, elle passe aussi par des structures, elle passe par des statuts et les statuts des personnes. Aujourd'hui, nous avons une précarité de plus en plus forte dans la recherche. Les jeunes sont soumis à des contrats de plus en plus courts. On les empêche de s'engager sur des sujets risqués parce que ce qu'il faut, c'est publier, publier vite, donc aller sur les sujets faciles et en délaissant les sujets les plus importants pour l'avenir de la recherche.

Alors, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que nous avons des demandes qui sont précises, des demandes auxquelles nous pouvons satisfaire, le budget est là pour les satisfaire. Ça nécessite des réorientations. Il faut que tout le monde s'en empare, parce que le combat que nous avons aujourd'hui, c'est pas simplement un combat des chercheurs pour les chercheurs. Le combat que nous avons, c'est un combat pour l'avenir de la recherche. Derrière l'avenir de la recherche, c'est l'avenir de la France.

C'est pour ça que je suis là aujourd'hui, pour vous demander votre soutien. Soutenez-nous pour soutenir la France.

Intervention de Pascal Terrasse, économiste, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Merci Ségolène. Quelques mots pour faire bref et pour te remercier tout particulièrement d'avoir mis la santé au cœur de tes réflexions. Tout à l'heure, dans le petit clip qui est passé, le commentateur mettait en évidence que la santé était la principale préoccupation des Français.

Et je trouve qu'en politique, finalement, cette thématique n'apparaît pas suffisamment dans le débat. Et donc Ségolène, tu seras vraisemblablement, à la lecture des quelques contributions que j'ai pu lire ces derniers jours, tu seras peut-être la seule à avoir un chapitre consacré précisément à la santé des français.

Et vous le savez, la santé est aujourd'hui malmenée dans notre pays. Si tu m'as demandé de parler aujourd'hui devant les militants, c'est parce que, cette semaine, le directeur de l'assurance maladie, de la sécurité sociale, a présenté un plan de réduction drastique des dépenses de santé. Et comme par hasard, le gouvernement, le Premier ministre, la ministre de la Santé et le ministre du Travail nous disent : « Mais moi j'ai rien demandé, moi je n'y suis pour rien ». Sauf que, la semaine dernière, Eric Wurtz avait demandé précisément à M. Van Roekeghem de faire des économies.

Il y a comme un jeu de rôle qui s'installe dans ce pays aujourd'hui où un jour on dit qu'on va transférer une partie de la prise en charge de l'optique et du dentaire vers les assurances privées et puis un jour où l'on revient sur la décision. Et puis on nous dit cette semaine que l'on va ne plus prendre en charge les affections de longue durée.

Les maladies de longue durée affectent huit millions de personnes dans notre pays. Ce sont celles et ceux qui ont les plus grandes souffrances. Voulons-nous, oui ou non, améliorer le sort de ces 8 millions de personnes ou voulons-nous rajouter de la souffrance à de la souffrance ? Nous ne sommes pas pour cette logique-là.

Je disais il y a un instant, dans le clip, que nous sommes pour une république de solidarité. C'est dans cette condition qu'on se différencie de Nicolas Sarkozy et de sa politique qui va être de plus en plus dure.

Dans quelques semaines maintenant, à l'Assemblée nationale, ils vont nous présenter le plan de réforme de la Sécurité Sociale. C'est 3 milliards d'euros vraisemblablement de réductions sur ce budget. Qui va être touché ? D'abord les plus faibles et l'hôpital public : la fermeture de nombreux hôpitaux locaux dans le milieu rural. Ayons le courage de mener le combat jusqu'au bout, parce qu'il en va de notre République, de l'histoire de la Sécurité sociale créée par les résistants.

Battons-nous. Nous ne voulons pas, Ségolène, d'une société à l'américaine où le chacun pour soi règne. Nous voulons une société des solidarités.

Intervention de Thomas Piketty, économiste, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Des réponses précises sur des questions de fond. Je crois que c’est d’abord cela qu’attendent les Français : au-delà des querelles internes, montrer que, voilà, il y a une alternative qui existe, qui se prépare, pour dans quelques années.

Ariane, tout à l’heure, nous parlait de l’Etat-providence. Et bien la pérennité de l’Etat-Providence et de notre modèle social français repose notamment sur notre capacité à prendre ces questions à bras le corps, et à ne pas les laisser à d’autres.

Je suis très heureux que ces questions de fond soient prises aujourd’hui dans cette contribution, d’autant plus que ce sont des propositions émancipatrices, pas techniques.

Emancipatrices parce que les révolutions qui sont proposées dans le domaine fiscal et le domaine des retraites permettent, d’abord et avant tout, aux citoyens de se réapproprier le système des retraites, de se réapproprier le système fiscal.

Aujourd’hui, le problème dont on souffre, ce n’est pas qu’il y ait trop d’impôts, ou d’ailleurs pas assez d’impôts, c’est surtout que les gens n’y comprennent rien, sont perdus par une accumulation de niches fiscales, qui fait que chacun finalement suspecte son voisin de mieux tirer parti du système et cela finit par miner le consensus démocratique autour de l’impôt, et en particulier, autour de l’impôt progressif.

Si on veut réhabiliter l’impôt, l’impôt progressif en France, il faut commencer par le moderniser profondément. En fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, en prélevant à la source l’impôt sur le revenu, en le prélevant aussi au niveau de l’individu, et non pas du couple.

Car le prélever au niveau du couple, c’est aussi ce qui décourage le travail féminin. Prélever au niveau du couple revient à traiter le travail féminin comme un travail d’appoint, comme un revenu d’appoint.

Voilà ce que je propose. Ce qui est proposé dans ce domaine est vraiment dans le sens émancipateur. Ce n’est pas la fiscalité d’un point de vue technique, c’est vraiment une vision émancipatrice de la fiscalité et de la révolution fiscale.

Sur les retraites, en un mot, l’objectif principal est de montrer qu’il est possible de parler des retraites autrement que pour faire du rafistolage, autrement que pour en parler en termes de réductions de droits et de déficits financiers.

Oui, c’est vrai qu’il y a un problème de financement des retraites, mais ce n’est pas le problème principal. Le problème principal, c’est qu’on a un système qui, à force d’empilement de régimes, de règles différentes, finit par devenir complètement incompréhensible.

En particulier pour les jeunes générations qui partiront à la retraite en 2040-2050, sur des trajectoires professionnelles compliquées, parce qu’ils peuvent être fonctionnaires, ils peuvent ensuite être dans le privé, être salariés, puis partir un peu à l’étranger.

Cette multiplicité des régimes aujourd’hui est totalement anxiogène et fait que les gens n’ont aucune idée en vérité de leurs droits à l’horizon 2030-2040.

Donc , si en plus, on ne parle des retraites uniquement que pour annoncer des mauvaises nouvelles et des réductions de droits, on a un système qui crée beaucoup plus d’angoisse, alors qu’en réalité la retraite par répartition devrait être la première des sécurités face à l’avenir.

Pour cela, de ce point de vue, la réforme qui est proposée dans cette contribution, qui s’inspire notamment de ce qui a été fait par les sociaux-démocrates en Suède dans les années 1990, consiste à avoir un système unifié, égal pour tous, qui s’applique aussi bien au public qu’au privé comme aux salariés, avec des comptes individuels de cotisations. C’est un système qui fonctionne intégralement par répartition et qui permet à chacun de connaître à chaque instant l’étendue de ses droits à la retraite.

Alors qu’actuellement, toutes les personnes - qui changent de statut notamment - sont totalement perdues par rapport à leurs droits à la retraite.

Il faut d’abord réaffirmer la retraite comme un droit individuel. Il faut réaffirmer la retraite comme le patrimoine de tous ceux qui n’ont pas de patrimoine.

Et c’est cette mission qui doit prévaloir, et non pas simplement un exercice permanent de rafistolage financier qui consiste à faire peur aux Français, et à leur faire croire que, finalement, la capitalisation serait plus sûre que la répartition.

Voilà les raisons pour lesquelles je suis très heureux de signer cette contribution.

Intervention d’Aurélie Filippetti, députée, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

142 dollars, 142 dollars le baril de brut ce matin à New-York ! La crise énergétique n'est plus en face de nous, elle est à nos pieds. Et pour l'affronter pour qu'elle ne se transforme pas en crise sociale - ce qu'elle est déjà - il faut des politiques courageuses.

Il faut aussi des principes, des principes démocratiques. La démocratie participative, ça sert aussi à affronter les questions écologiques, les questions environnementales parce que c'est à l'ensemble de la société, à l'ensemble du peuple de déterminer les choix qui sont acceptables ou non pour une société.

C'est un défi aussi pour la recherche, pour l 'innovation, c'est un gisement d'emploi, l'environnement, qui a toujours été sous-estimé en France, la France qui a fait le choix du nucléaire et qui a tout investi sur le nucléaire délaissant ainsi les énergies renouvelables et les économies d' énergie.

Pour aujourd'hui et pour demain ce que le gouvernement nous propose avec son Grenelle de l' Environnement (qui n' a été que de la communication) c'est construire un deuxième réacteur EPR. Alors que l'on sait très bien que le premier réacteur était arrêté pour des problèmes de sécurité. On sait qu'en Finlande il y a un an et demi de retard sur le chantier de l' EPR et que le prix de revient a été multiplié par deux.

Ce n'est pas avec l' EPR qu'on fera rouler des voitures, ce n'est pas avec l' EPR qu'on fera avancer des bateaux, ce n'est pas avec l' EPR qu'on sauvera les pêcheurs qui subissent aujourd'hui la crise de la sur-pêche et la hausse des prix de l' énergie. Il faut pour ça des choix clairs.

Les choix qui sont dans la contribution sont ceux d'une révolution écologique. Sur trois principes : économiser l'énergie en rénovant les logements (en isolant on peut économiser 30% de notre facture énergétique : c'est bon pour le pouvoir d'achat, et c'est bon pour l'environnement) ; renforcer l'efficacité énergétique et la décentralisation de la production de l'énergie afin de rapprocher les producteurs et les lieux de consommation ; et enfin investir massivement dans les énergies renouvelables qui sont les énergies de demain.

Sur le sujet des OGM, je tiens à saluer la démarche vraiment novatrice de Ségolène Royal qui a été la première en France a interdire les OGM dans la région Poitou-Charentes.

Intervention de Kamel Chibli, Cités d’avenir, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Bonjour à tous,

Je vais tout d’abord associer Brahim à ce discours qui va être assez bref et concis, à la fois percutant, pour tout d’abord vous parler d’espoir. L’espoir c’est un bien beau mot pour ce que nous avons vécu dans les quartiers, pour ce qui s’est levé pendant la présidentielle. Il faut savoir qu’il y a eu énormément de mobilisation, autour d’une candidate qui a su élever la passion des quartiers populaires et je vais insister là-dessus : pour la première fois dans ce pays, une personne politique a su parler des quartiers.

J’insiste là-dessus parce qu’on parlait d’espoir. Je crois que c’est ça aujourd’hui pour qu’une personne arrive à se mobiliser, a se mobiliser dans les urnes. Elle pense qu’elle a de l’avenir malgré la détresse, malgré la difficulté, c’est qu’elle a, à un moment donné, une certaine attente, et une espérance avec une candidate qui a su les entendre, qui a su leur parler, les remercier, et qui a su les comprendre pour proposer des choses.

Je ne reviens pas sur ce Plan banlieue, cet « énième plan banlieue », comme le dirait si bien Brahim, dont on nous a dit, avec Fadela Amara, qu’il était fait « pour essayer de lutter contre l’ennui » ce qui est une honte ! Un plan « anti-glandouille », dit-on… C’est un scandale ! Il est clair qu’aujourd’hui, nous avons le souhait de tous nous mobiliser autour de cette question. 

Cités d’avenir est un exemple. On a pour la première fois dans ce pays énormément de jeunes qui se sont mobilisés pour un parti, pour une candidate, pour accompagner l’espoir et l’espérance ce qui n’est pas évident. Cela veut dire qu’on s’est mobilisés politiquement pour des associations qui dépendent de communes ou de collectivités territoriales. C’est énorme, très conséquent.

Je tiens à le souligner aujourd’hui, ces gens-là sont toujours présents, mobilisés, et nous on a envie de leur dire : Venez, continuons ensemble.

Ségolène, je pourrais citer beaucoup de tes phrases. Il faudrait à mon avis les reprendre notamment pour le Parti Socialiste, car il s’agit de ça aussi aujourd’hui : apporter un espoir et un avenir à ce pays. Il faut que la gauche soit capable d’alimenter, de proposer, de faire en sorte que ce pays change et que la politique de ce Nicolas Sarkozy puisse s’arrêter une fois pour toutes.

Et la France a changé. Notre pays est riche de sa diversité, et nous voulons qu’il en soit fier. L’avenir ne se fera pas sans vous, il ne se fera pas sans les quartiers populaires. Ils font partie intégrante de la société, et comme le dit si bien Ségolène, les quartiers populaires - il faut être clairs, nets et précis et je le dis avec conviction - ce n’est pas un problème, les habitants des quartiers ne sont pas un problème. Ils sont une partie de la solution ! Tu l’as redis plusieurs fois et ça c’est très, très bien dit.

Alors notre démarche est multiple, je veux lancer un message, il est clair que notre engagement avec Brahim et bien d’autres en France - certains sont de provinces et d’autres n’ont pas pu venir pour des raisons de transport - il faut encourager au maximum les habitants. Mobiliser. Le travail est important, lourd, conséquent, l’espoir est là. Moi si je suis là aujourd’hui avec Brahim et bien d’autres, c’est parce qu’on croit à ce projet, elle n’est pas seule. On est là, tous là. Moi je suis fier d’être là avec vous aujourd’hui, car l’avenir du Parti socialiste est là. Nous notre objectif c’est aussi de faire rentrer ces jeunes qui militent, qui veulent être acteur, qui veulent s’investir dans un parti. Pour nous en l’occurrence, les idées qui nous ressemblent le plus sont au Parti socialiste et la contribution que porte Ségolène et toute l’équipe, elle est à mon avis utile et importante pour s’occuper du renouvellement, du changement des idées et du modèle politique. C’est de ce changement là qu’on a besoin ! 

Intervention de Jean-Louis Bianco, député, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Chers amis, chers camarades, je suis aussi heureux que vous de nous retrouver aussi nombreux, aussi chaleureux, aussi rassemblés, et la moindre force de Ségolène n'est pas de savoir fédérer autour d'elle les talents, les énergies, les générations. Merci Ségolène [applaudissements].

Beaucoup d'amis, beaucoup de camarades n'ont pas pu venir. Il nous ont adressé, ils ont adressé à Ségolène des messages ; je voudrais juste en lire un. C'est un message de Pierre Berger :

« Ma chère Ségolène, comme je regrette de ne pas être avec toi. Sache en tout cas que je serai à tes côtés et que j'y serai jusqu'au bout [applaudissements] Le chemin sera long et difficile mais nous le ferons ensemble et, avec toi, nous gagnerons. Je t'embrasse, Pierre »

[applaudissements]

Un mot alors, pour terminer cette première partie et passer le relais à la deuxième équipe ; c'est Vincent qui va commencer. Oui nous avons besoin d'une industrie. Oui les travailleurs sont capables de revendiquer et d'avoir des idées. C'est pourquoi nous proposons une révolution du pouvoir dans l'entreprise : 50% de représentants des salariés dans les conseils d'administration [applaudissements] [commentaire masqué par les applaudissements] Oui, Ariane, nous voulons garder ce beau mot d'État-Providence, mais en en repensant les fondements et nous voulons un État prévoyant, c'est à dire qui attaque les inégalités à la racine, dès le départ, à l'école, à la petite enfance [applaudissements/ voix couverte : dans les quartiers les plus... ... ...]. Oui, Ariane, c'est tellement juste, si l'État n'est plus le peuple, alors ce n'est plus la démocratie. C'est pourquoi notre programme, finalement, mes amis, mes camarades, se résume à une idée-force : le socialisme, c'est la démocratie jusqu'au bout.

Intervention de Vincent Peillon, député européen, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

La première qualité indispensable si l’on veut être capable de refonder ensemble un socialisme, c’est cette lucidité radicale par rapport à l’état du monde et de la société. Nous n’en pouvons plus des débats tabous. Nous n’en pouvons plus de ne pas vouloir regarder ce qui se passe autour de nous. Nous n’en pouvons plus de lire, dans le fond, le XXIè siècle avec des lunettes du XXe, quand ce ne sont pas celles du XIXe.

Et nous savons ce qu’il nous en a coîté collectivement de ne pas faire quand il le fallait, ce travail de modernisation de notre pensée et de lucidité radicale par rapport aux souffrances et aux violences de la société qui sont bien là, on l’a vu ce matin.

Deuxièmement, c’est le courage. Il n’est pas possible que nous soyons tièdes, demi mots, silence. Il n’est pas possible que la gauche ne manifeste pas plus la fierté qui est la sienne. Il n’est pas possible que la gauche ne soit pas capable de porter à nouveau toutes les grandes réformes démocratiques et sociales dans ce pays depuis deux siècles d’actions. Rien n’a jamais été donné, comme nous le disait récemment Louis Mermaz. Rien n’a été octroyé, ni le suffrage universel, ni la diminution du temps de travail, ni l’abolition de la peine de mort. Cela toujours été un combat et nous devons retrouver le sens et le goût du combat, et pour commencer de la bataille idéologique.
Lucidité radicale, combativité et en même temps inventivité, audace des réformes. J’étais heureux de voir comment Thomas vous a présenté tout à l’heure les réformes que nous avons enfin tranchées ensemble et que j’attendais depuis 15 ans qu’un socialiste veuille bien les trancher. La question de la révolution fiscale, du grand impôt progressif : c’est parce que nous ne l’avons pas fait que nous avons perdu en 1995 et que nous avons perdu en 2002. Car personne ne s’est jamais trompé, ni les couches populaires, ni les salariés, sur le fait que nos revendications d’égalité étaient hypocrites tant que nous n’étions pas capables d’introduire dans ce pays - ce n’est quand même pas révolutionnaire, Joseph Caillaux - un véritable impôt progressif qui fasse une véritable redistribution.

Enfin, et c’est la partie que nous commençons maintenant et je m’en tiendrai là. Il n’y a pas eu un grand progrès, ni civique, ni civil, ni social qui ne se soit bâti autour d’une avancée démocratique. La démocratie a toujours été l’instrument - et nous sommes des socialistes démocratiques - l’instrument de la réforme économique et sociale. Or depuis des années nous vivons une crise dure de la République et une crise dure de la démocratie. Il faut accepter que la rénovation ne soit pas seulement des objectifs généreux. Ce sont les instruments pour atteindre ces objectifs.

Nous avons besoin d’une VIe République démocratique sociale, et c’est ce que nous vous présentons. La VIe République, ce sont des institutions bien sûr, le mandat unique pour les parlementaires, la réforme du Sénat, l’indépendance de la justice, mais c’est aussi un esprit public et nous avons besoin de faire vivre dans ce pays l’esprit public. Il a un beau nom, c’est la laïcité. Elle au cœur de notre contribution et j’en suis heureux.

Intervention de Louis Mermaz, sénateur, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux : 1789. Tout avait été dit déjà.

Mais entre ce qui est dans les lois et dans les codes, et ce qui est dans la réalité, parfois, que de différences!

Or depuis 2002, et davantage encore depuis cette dernière année, et les textes et la pratique ont fait que ces droits ont continûment régressé. C’est contre cela que nous nous élevons.

Régression avec des lois liberticides concernant le fonctionnement de la justice bien entendu; davantage de gardes à vue, davantage de pressions, davantage de contrôles, davantage de flicage...

Voir la vidéo et la suite de l'article sur le lien suivant

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/videos-et-textes-de-toutes-les-interventions/03-07-2008

Source : Désirs d'avenir

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Lundi 30 juin 2008
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« Il avait promis la rupture. La France subit une déchirure »

Devant plus de 1500 militants, Ségolène Royal a évoqué « l'insupportable perspective » de la privatisation d'Areva et EDF. « Non, Nicolas Sarkozy, vous n'avez pas le droit de privatiser pour vos amis financiers, ceux que vous avez besoin de remercier pour leur connivence pendant la campagne présidentielle! », a-t-elle lancé.
« Vous n'avez pas le droit de donner à vos amis Bouygues, Bolloré, Lagardère, vous n'avez pas le droit de donner non seulement les médias mais vous n'avez pas le droit de donner le patrimoine énergétique des Français », a-t-elle martelé.
Ségolène Royal a également fustigé à plusieurs reprises le "système prédateur de Nicolas Sarkozy", opposant la « France des Falcon » (avion fabriqué par Dassault) à celle des salariés « au pouvoir d'achat confisqué ».
Elle a fustigé « l'étrange mélange entre Berlusconi et Doc Gyneco avec des montres à 50.000 euros! Non ce n'est pas la France! ».
« C'est la raison pour laquelle les socialistes et la gauche doivent être plus que jamais au combat et présents pour proposer, incarner, un espoir et une espérance », a-t-elle poursuivi.

Source : Désirs d'avenir

Film de présentation de la contribution

Sur le lien suivant :

http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/film-de-presentation-de-la-contribution/30-06-2008


Source : Désirs d'avenir

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Samedi 28 juin 2008

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1 - Combattre la mainmise du clan Sarkozy sur la France

Chers amis, chers camarades,

La France va mal. Elle a besoin de nous. Elle nous attend. Elle nous appelle, elle nous cherche. Mais elle ne nous trouve pas, elle ne nous reconnaît pas, elle ne nous comprend pas. « Où êtes-vous ? », nous crie-t-elle. Que veut le plus grand parti de gauche ? Cette attente est un défi, une chance à saisir pour être à la hauteur.

Ne soyons pas les spectateurs du film catastrophe qui se déroule devant nos yeux, pire que celui que nous redoutions car bien plus rapide et bien plus cynique que nous l’avions imaginé.  

Jamais le moral des Français n’a été aussi bas, comme si nous étions tétanisés par l’implacable travail de sape entrepris par le pouvoir actuel contre notre modèle social. Non, nous militants socialistes nous n’acceptons pas cela ! Un parti qui se bat pour les citoyens, avec les citoyens, voilà ce que nous voulons, tout de suite, car nous avons une responsabilité immédiate, immense, incontournable, celle que nous ont confiée nos électeurs : proposer une véritable alternative politique et sociale. Une vision du monde.  

Car de quoi s'agit-il d'autre après tout que d'avoir une vision d'un monde meilleur et d'unir tous les courages, toutes les intelligences, tous les savoirs et toutes les bonnes volontés pour le construire?  

Lorsque, enfin, se dessinera clairement cette alternative, alors les mouvements sociaux reprendront courage et vigueur, et pèseront d’autant plus contre ce système qui aujourd'hui se met en place sans rencontrer de résistance.  

Nous avons tant attendu ce congrès. Réussissons-le. Les Français veulent que les idées s'assument franchement, mais que les personnes se respectent. C'est donc pour eux que le congrès de Reims doit être le premier acte de la reconquête idéologique, puis politique, puis électorale. 

Un parti du socialisme d’aujourd’hui, voilà ce que nous voulons construire. Il s'agit d'une renaissance. Oui, d'une renaissance. C'est toute la gauche qui a besoin de renaître, et cela dépend de vous. De vous seuls.  

C’est vous, militants, qui, en novembre prochain, aurez la responsabilité de décider de son avenir. Lourde responsabilité, car décidant de l'avenir du plus grand Parti de gauche, vous choisirez l'avenir de la gauche, et donc de la France et donc de l'Europe. Car après 2008, avant la grande échéance de 2012, chaque année, 2009, 2010, 2011, chaque année il y aura une élection.

La vraie nature du sarkozysme :

de la rupture à la déchirure

Il avait promis la rupture. La France subit une déchirure. La France de 2008 a le visage des ouvriers de Gandrange à qui le Président de la République a promis monts et merveilles. Elle a le visage des caissières qui ne veulent pas faire des heures supplémentaires, mais qui aimeraient simplement obtenir leur part des profits faramineux de la grande distribution. Elle a le visage des enfants dont les parents sont arrêtés à la sortie des écoles, pour être expulsés, après avoir été entassés dans des conditions inhumaines.  

Les salaires stagnent, les prix montent, tandis que l'ascenseur social, lui, descend au sous-sol, comme le dit Djamel Debbouze. Catégories populaires et moyennes, toutes sont logées à la même enseigne : chacun sait qu’il peut désormais devenir travailleur pauvre ! On veut des augmentations de salaires ? Quelque uns feront des heures supplémentaires à n’en plus finir, éventuellement les mieux lotis auront droit à un peu d'intéressement.  

Les salariés voient leur pouvoir d’achat sérieusement entamé par une inflation favorable à la grande distribution et un carburant exorbitant. Étrange paradoxe d’une mondialisation où faire trente kilomètres devient un problème pour des millions de famille. On aura d’un côté les puissants dans les Falcone et pour les autres la France des voitures au garage. Pendant ce temps-là, les patrons du Cac 40 voient leurs revenus augmenter de 58% pour la seule année 2007. Le capitalisme des rentiers se porte à merveille tandis que pour les PME toutes les portes sont verrouillées. 

Lorsque le 8 janvier 2008, sans aucune vergogne, Nicolas Sarkozy se justifie en proclamant que les caisses sont vides, sans admettre qu’il est responsable, on voit bien qu’il a fait un choix, jamais encore avoué, mais inscrit dès ses débuts dans l’adoption du paquet fiscal. Démantèlement de l’État, qu'on veut démettre de ses plus fondamentales missions de service public, démantèlement de la Sécurité sociale, du droit à la retraite, de la durée légale du travail, du Code du Travail, de l’Éducation, des médias et de l’audiovisuel public, de la justice, de la laïcité, abandon des banlieues… Tout y passe !

L’économie est exsangue ? Demain, de nouveaux déficits justifieront de nouvelles régressions. 

La politique de Nicolas Sarkozy dévoie jusqu'à l’idée de changement, la transformant en stratégie d’écrasement des résistances sociales, de nivellement par le bas. C’est une stratégie brutale d’affrontement de classes et de division au sein même de chaque catégorie. C’est une politique archaïque masquée par les lunettes de la modernité branchée, un mélange inquiétant de Silvio Berlusconi et de Doc Gynéco, avec une montre de 50 000 euros au poignet. Et on s’en vante !

Il faut comprendre le caractère particulier, destructeur, implacable du sarkozysme. C’est un système de pouvoir très spécial, qui repose sur la concentration et la fusion des intérêts politiques, financiers et médiatiques d’une nouvelle aristocratie. Celle du nouveau capitalisme.

Le clan des affairistes, qui, le fameux soir du Fouquet’s, a fêté sa victoire et célébré son pacte avec le nouveau chef, a déjà reçu le prix de sa connivence : le bouclier fiscal (ils ont tous reçu le chèque), la publicité volée au service public pour renflouer les chaînes privées, et à l’horizon la privatisation d’EDF et d’Areva.  

La vraie nature du sarkozysme, c’est une droite dure, encore en campagne, déjà en campagne, toujours en campagne idéologique pour défaire la gauche sur tous les terrains. C’est elle aujourd'hui qui pose les termes du débat et qui s’empare de nos symboles et de nos valeurs pour mieux les détourner. Mais nous ne voulons pas que les valeurs du socialisme soient défaites. C'est pour cela que nous nous battrons.

Le capitalisme perd la tête  

Il va nous falloir beaucoup de courage. En 1864, Charles Dickens écrivait son grand roman Les temps difficiles. Il y exposait les effets de la Révolution industrielle en Angleterre au milieu du XIXè siècle. 

Les temps difficiles sont revenus. Une nouvelle révolution est là, comparable à celle qu’a connue le XIXè siècle. Et c’est toujours la même question avec une révolution : dans quelle mesure la subit-on ? Dans quelle mesure la maîtrise-t-on ? 

D’immenses défis surgissent, de grands dangers menacent. La circulation folle de l’argent détruit les économies. La crise alimentaire plonge dans la malnutrition ou la famine des centaines de millions de personnes. La spéculation sur les matières premières fait rage. Les délocalisations sauvages se multiplient. Le coût du pétrole renchérit les prix. La crise écologique et climatique précipite les échéances. Ici ou là, les nationalismes, le terrorisme et les guerres régentent ce que nous n’arrivons pas à organiser. 

Cette concomitance des crises marque un changement d'époque. Elle entraîne une contestation nouvelle de cet hyper libéralisme qui règne depuis la fin des années 1970. Que des financiers aient demandé la nationalisation de banques en quasi-faillite au plus fort du krach devrait égayer les socialistes! La percée de Barack Obama traduit aussi le reflux de cette irrésistible vague libérale partie des États-Unis lors de l'élection de Ronald Reagan. 

Voici la mondialisation malheureuse, celle que nous subissons. Refusons la. Arrêtons la ! 

Mais la mondialisation n'entraîne pas que des désastres. D’immenses progrès ont été accomplis. La science, grâce à une recherche sans frontières, a repoussé les limites de la vie et amélioré la santé des humains. Les nouvelles technologies de la communication ont unifié le monde plus vite que des siècles d’exploration maritime. Les investissements se réalisent aux quatre coins de la planète et créent de la richesse. Les accords internationaux organisent peu à peu une communauté juridique et politique mondiale.  

Voici la mondialisation partagée, celle que nous maîtrisons. Accueillons la. Propageons la ! 

Mondialisation malheureuse, mondialisation partagée : il s’agit des deux faces du même mouvement. Ne nous y trompons pas. La mondialisation est la pire et la meilleure des choses. 

Soit elle constituera un progrès de civilisation. C’est possible. Soit elle sera porteuse de toujours plus de malheurs. C’est possible aussi. C’est de la volonté politique que cela dépendra. En particulier de la nôtre, à nous, les socialistes. 

L'heure n'est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu’il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. Mettre l’économie au service de l’homme sans détruire les trésors de sa planète c'est-à-dire sans détruire le patrimoine de nos enfants, c’est cela le socialisme pour le XXIè siècle.  

Nos valeurs nous permettront de mener ce combat. Nos valeurs, pas nos vieilles recettes, car nous devrons inventer un nouveau modèle de développement et de société.

Non, la gauche n’est pas conservatrice !

En sommes-nous vraiment réduits à défendre les grandes conquêtes sociales d’hier, sans en proposer de nouvelles ? Le piège nous est tendu. Si nous y tombons, la droite pourra continuer à instruire le procès d’une gauche conservatrice.  

N'avons-nous vraiment rien d’autre à proposer que de gérer moins mal que la droite ? Au nom d'un certain réalisme ? Ce ne serait qu'une autre forme de conservatisme. 

Dans les deux cas, il s’agirait d’un renoncement à changer l’ordre des choses.  

Nous sommes résolument modernes. Nous sommes résolument pour le changement. Aujourd’hui c’est le changement qui protège et l’inertie qui affaiblit. Se contenter de défendre des acquis n’est plus protecteur.  

La leçon du 21 avril 2002, cruelle défaite, malgré notre bilan, c’est qu’une élection se gagne sur un projet, et que celui-ci doit être élaboré à l’écoute des milieux populaires, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de l’insécurité ou du reste. 

La leçon de 2007, malgré un bon diagnostic sur la société française, c’est que nos réponses sont insuffisantes, et puis, aussi, que la division est le pire des poisons.  

Ne nous bornons pas à résister, à protéger, à atténuer les dégâts, à conserver en quelque sorte. Construisons un socialisme radical, offensif et pragmatique.

Une autre politique est possible, vite !

L’enjeu de ce Congrès n’est pas de faire le programme de gouvernement de 2012. L'enjeu de ce Congrès, c’est d’abord que les socialistes soient capables de mener la bataille des idées et de convaincre, de persuader nos concitoyens qu’une autre politique est non seulement possible, mais qu'elle est indispensable.

Contre l’économie de la rente, la dégradation de la condition salariale et le mépris des ressources rares, les socialistes veulent une économie de l’innovation, du risque, mais aussi de la solidarité et du développement durable. Les trois piliers de la croissance que sont le social, l’écologique et l’économique se renforcent mutuellement dans un cercle vertueux. Nous voulons à la fois mieux produire les richesses et mieux les distribuer, mais nous voulons aussi définir autrement la richesse.  

C’est bien d’un nouveau modèle de réussite et d’excellence pour la France qu’il s’agit ici. Celui-ci doit s’accompagner d’une réforme en profondeur de la redistribution et des modes d’action de l’État : la justice fiscale, la conditionnalité des aides aux entreprises, la réforme de l’État providence, le dialogue social sont des instruments de la compétitivité.        

Notre ambition appelle deux exigences : un État providence moderne, qui prévient plutôt qu’il ne répare, capable d’accompagner les individus dans tous les moments de leur vie. Une révolution démocratique pour dépasser les paralysies de la société française, la reconstitution des oligarchies, l’incapacité où nous avons été de réduire les inégalités et de moderniser la France.  

C’est le projet de la VIè République, la République des citoyens, démocratique, sociale et laïque. Cette démocratie ne peut s’arrêter aux frontières de la France. Parce que les socialistes, héritiers des Lumières, sont aussi les citoyens du monde. La démocratie doit être l’instrument de la réorientation nécessaire de l’Europe et de la définition d’un nouvel internationalisme.

2 - Faire du socialisme une force neuve dans le siècle 

Une lucidité radicale

Faire la société plus humaine, c’est la tâche immense des socialistes et de la gauche. Le PS est au service de cet idéal. Et donc ne doit-il pas commencer par lui ressembler un peu ? Qu’est-ce qu’un parti s’il n’est pas déjà, au moins en partie, la métaphore de cette société meilleure à laquelle aspirent les hommes et les femmes qui le composent et pour l’édification de laquelle ils se sont rassemblés ? Qu’est-ce qu’un parti s’il n’est pas déjà bien meilleur que la société qu’il critique et contre laquelle il prétend lutter ? Qu’est-ce qu’un parti, et en quoi est-il exemplaire ce parti, s’il n’est pas plus enthousiaste, plus aventureux, plus audacieux, plus généreux, plus hospitalier aux idées et aux êtres, plus sincère, et, en son sein, plus fraternel que la société qu’il prétend transformer ? 

Il ne suffit pas de dire et de répéter à tout bout de champ que les citoyens doivent être respectés. Qui oserait ouvertement prétendre le contraire, même parmi ceux qui ne leur prêtent jamais une oreille et encore moins la parole ? Non, il ne suffit pas de dire cela, ni même de penser cela.  

Il faut exiger que les citoyens soient mis dans la confidence politique. Il faut qu’ils aient droit à tout moment à l’information pédagogique indispensable qui seule leur permettra de devenir les analystes compétents, non seulement de leurs propres situations – car de ce sujet, ils le sont déjà – mais aussi des situations nationales et internationales. Qu’ils soient capables de déchiffrer les différentes stratégies, d’en discerner les raisons obscures et inavouables et donc de les déjouer ou, au contraire, d’en apprécier le patient courage et donc de les soutenir.  

Or, quel meilleur outil pour accomplir cela qu’un parti, minutieusement, scrupuleusement, précis dans l’expression, et intellectuellement incorruptible dans la recherche de la vérité la plus complexe ou la plus désagréable à découvrir ? 

Notre mission première est de garantir à chacun, d’où qu’il vienne, l’émancipation individuelle d’un bout à l’autre de son existence. La vie ne serait qu’une loterie ? Pas pour nous ! Donnons à chacun le pouvoir d’avancer sur le chemin choisi, de rebondir si nécessaire, de participer plus directement aux décisions qui le concernent, de bâtir sa vie. Ce socialisme offensif, radical et pragmatique, procède d’un objectif fondamental : redonner du pouvoir aux citoyens, en leur garantissant l’égalité des possibles.  

Un grand parti porteur d’espoir

Nous devons faire du Parti socialiste le grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale dont la France a besoin. Un parti avec une équipe dirigeante et un leader qui incarnent une espérance, un souffle, une envie de se mettre en mouvement.

Le parti socialiste doit être fidèle à ses valeurs. C’est pour lui le meilleur chemin pour s’adapter. Fidèle à ses idéaux de construction il doit savoir assumer les tâches d’un parti de gouvernement et être l’agent actif des mobilisations sociales face à la droite. 

Il est l’outil indispensable, irremplaçable. Cultivé dans l’opposition, sous estimé au pouvoir, le PS doit être au centre des préoccupations de notre Congrès. Il ne doit pas être seulement l’instrument du pouvoir mais un outil permanent de la démocratie y compris et surtout lorsque l’on est au pouvoir. Il doit être un laboratoire social, un lieu de confrontations et de convergences des idées.  

Le PS est fort lorsqu’il ouvert aux autres, à la société, à ses alliés. Il ne peut pas prétendre détenir à lui seul la réponse aux grandes questions de la société et du monde. Sa force tient à sa capacité à s’ouvrir en permanence sur l’extérieur. Son objectif est de fournir une synthèse de propositions et de gouvernement à des questions aussi diverses que l’éducation, le réchauffement climatique, la mondialisation, la santé, le travail. 

Il doit être le lieu composite ou les hommes et les femmes, les jeunes et les anciens, les français de toutes les origines, de tous les talents et de tous les métiers, de toutes les singularités et de toutes les générosités se retrouvent. Il doit être un véritable reflet de la société française.  

Voilà pourquoi la parité hommes / femmes et la diversité des origines de sa composition humaine sont une exigence politique et éthique, et la condition de son attractivité et de son succès.

Pour cela, il doit être renforcé, modernisé, respecté. Il doit constamment associer les citoyens à ses réflexions.  

La démocratie participative valide le sérieux de notre enquête sociale. Elle conditionne le sérieux de nos propositions. Elle associe les citoyens qui seront demain les acteurs de nos programmes et les fait participer à leur destin. Elle contribue à abolir la frontière, bien souvent factice, entre les sachants et les obéissants. Elle confirme le socialisme et la démocratie dans leur rôle historique d’émancipation en restituant à chacun une part de pouvoir politique supplémentaire. 

Le niveau culturel de nos concitoyens, la qualité d’expertise dont chacun dispose sur sa situation propre l’exige. La pertinence de nos propositions le commande.  

Les consultations participatives seront organisées lors de réunions publiques ou de forums sur Internet. Afin d’associer le plus largement possible les militants aux décisions et orientations du parti, des consultations militantes référendaires seront organisées à l’initiative de la direction nationale ou d’un nombre déterminés de militants et de fédérations. 

Les élus trouveront dans ce processus un appui décisif dans la conduite de leur mandat. Nos congrès ne seront plus regardés comme un seul jeu de pouvoirs où des ambitions concurrentes s’affrontent, mais comme l’aboutissement d’un processus auquel chacun aura été sous une forme ou sous une autre, associé. Les choix de personnes seront alors légitimés. 

La démocratie participative est la meilleure alliée de la démocratie représentative. Elle est le meilleur des antidotes au populisme. 

Nos congrès et conventions doivent pouvoir emprunter le même processus. Nous devons, là encore, inventer une nouvelle forme de lien entre le parti et la société. Celle-ci existe à travers des organismes vivants. Il faut leur donner la parole et s’obliger à leur répondre. Ainsi dans la phase de préparation de nos conventions et de nos congrès, un droit d’interpellation et d’amendement sera donné aux associations, syndicats et groupements. Leurs questions seront enregistrées et prises en compte par nos instances statutaires. Il devra leur être répondu et les réponses devront être motivées. 

Ce droit de la société de participer à notre vie interne est d’autant plus essentielle dans les phases où le parti en charge de responsabilités gouvernementales est souvent invité à confondre soutien et mutisme, solidarité et allégeance. La société ne connaît pas ce dilemme. Voilà pourquoi son expression est indispensable. 

De nouvelles formes de militantisme

Les adhérents sont la force du PS. Ils doivent être nombreux et respectés. Le montant de la cotisation ne doit pas être un obstacle à leur adhésion. L’activité des sections doit tenir compte de la diversité des rythmes de vie, des modes d’insertion et de travail des adhérents. 

Les sections et fédérations du parti doivent offrir aux adhérents des espaces de débat politiques, des opportunités de mobilisation sociale, des outils de culture politique. 

Les espaces de débat politique doivent pouvoir faire intervenir des organismes associés et des acteurs sociaux dans les débats de section et fédéraux. Une section est par définition un lieu ouvert, un agora dans la cité. 

Le parti doit offrir des opportunités d’engagement aux militants au-delà des campagnes d’information ou électorales en liaison avec des associations humanitaires (restaurants coopératifs, boutiques de solidarité, réseaux d’aide aux sans logis, observatoire d’alerte environnementale, universités populaires, ateliers artistiques, permanences juridiques, réseaux d’assistance aux personnes âgées, clubs sportifs) . 

Il doit redonner vigueur et importance à la formation et à la culture politique. Dans chaque département, ou au moins chaque région, une Université socialiste de la connaissance sera mise sur pied. Elle sera ouverte aux militants et sympathisants. Elle fonctionnera selon les méthodes de l’éducation populaire et donnera une formation exigeante sur toutes les grandes questions politiques nécessitant un savoir transversal. La Fondation Jean Jaurès et les groupes de réflexion amis seront mis à contribution pour ce travail. La production intellectuelle sera ainsi mise au cœur de la vie du parti.  

Le respect des militants

Les décisions du parti devront être respectées. Être membre des instances du PS, ne donne pas que des droits, mais donne aussi des devoirs vis-à-vis du parti et de ses adhérents. Nul n'est interdit de s'exprimer tant qu'un vote n'est pas intervenu, mais dès lors qu'il y a eu débat et vote, il faut en être solidaire. Si ce n'est pas le cas, la démission de ses responsabilités dans ces instances doit devenir la règle.

De même, quand un élu socialiste s'engage dans une campagne électorale contre la position décidée, débattue et validée par les adhérents, alors la question du retrait de son investiture doit être posée. Ce que les militants donnent par un vote – une investiture, ils doivent pouvoir le reprendre dès lors que leur vote n'est pas respecté. 

Si la parole est libre, toute critique blessante ou méprisante, contraire à l’honneur et à la considération dont doit bénéficier chacun (que ce soit à l’égard du parti ou de membres du parti) donnera lieu à une procédure de suspension des instances du parti. La direction en prendra l’initiative. La République du respect commence ici, chez nous et maintenant.  

Les Français, nos électeurs, ne supportent plus la désinvolture avec laquelle les décisions du parti sont parfois niées voire entravées, a fortiori lorsqu’elles ont été prises à la suite d’un processus éminemment démocratique. Cette attitude porte directement atteinte à notre crédit moral dans l’opinion quant à notre capacité à gouverner.

Fédérer la gauche et attirer les démocrates 

Il est parfaitement légitime que le congrès du PS débatte de sa stratégie d'alliances. C'est même l’une de ses fonctions les plus naturelles afin d’anticiper la question et être au clair. Ce que nous n'avons pas fait dans les années 2004/2007, compte tenu de la division des socialistes.  

Les alliances, c'est une question importante, bien qu'elle ne soit pas première : elle découle en effet du projet du PS, de sa force idéologique, politique, électorale. C'est aussi une question que l'on doit aborder avec franchise, en regardant les réalités en face, en évitant par exemple le double langage des alliances locales les plus diverses, combinées à un discours très fermé voire sectaire au plan national. Quels sont les principes que nous proposons ?

Premier principe : nous voulons, comme tous les socialistes, un parti socialiste puissant, plus puissant qu'aujourd'hui, La moyenne électorale du PS, ces 15 dernières années se situe entre 20 et 25 % des suffrages exprimés, sauf exception. Nous pensons que le Parti socialiste peut et doit faire mieux en se fixant comme objectif ambitieux de dépasser les 30 %, comme François Mitterrand nous en a montré la possibilité en 1986 et 1988.

Cela dépend de nous, de notre capacité à nous rassembler, à devenir le parti de toute la société française pour porter un discours clair et crédible. Cette puissance est le meilleur moyen d'aborder la question des alliances en position de force. Et tel est bien le sens de ce que nous proposons dans cette contribution, tant sur le fonctionnement du parti que sur le discours de fond que nous devons porter. La réflexion sur de nouvelles alliances se réfléchit en dynamique !

Deuxième principe : nous conserverons bien sûr la stratégie d’alliance née à Epinay. Elle consiste d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche. C’est à partir de cette stratégie que nous ferons appel, lors des élections, à ceux qui se reconnaîtront dans notre projet et dans ce rassemblement de la gauche ouvert à tous ceux qui veulent offrir à la France des perspectives nouvelles. 

Ce faisant nous saurons éviter l’opposition frontale d’une gauche dite antilibérale et d’une autre gauche qui risquerait d’apparaître comme une gauche sociale-libérale. Cela ouvrirait un boulevard à la gauche de la gauche. Ce n’est pas à nous de fermer la porte à quiconque.

C’est à l’extrême gauche de se positionner sur des questions que nous devons poser sans craintes : « Est-ce que vous voulez battre la droite ? Comment fait-on pour changer la vie des Français ? ». Mais nous savons aussi que la seule union de la gauche ne permettrait pas vaincre la droite, c’est pourquoi nous en appellerons à tous ceux qui se reconnaîtront dans notre conception de la République et de la démocratie.

3 - Mettre l’économie au service de l’humain

Rééquilibrer le rapport de force entre le capital et le travail

Il y a une crise du travail en France. Par rapport aux autres pays européens, les salariés français sont moins satisfaits de leur situation, ils sont plus pessimistes sur leurs perspectives de carrière, leur stress est le plus élevé. Travailler mieux est nécessaire. Un dialogue social efficace, capable de prévenir ou de faciliter les conflits au travail sera bénéfique aussi bien aux salariés qu’à la performance des entreprises.

Deux évolutions sont nécessaires : d’abord des syndicats plus représentatifs, plus présents dans les entreprises et disposant d’un nombre plus élevé de membres (le taux de syndicalisation n’est que de 3,5 % dans les entreprises de moins de 50 salariés et de 8,7 % dans celles de 500 et plus). Ensuite donner toute sa place à la négociation collective, dans le cadre fixé par la loi.  

Nous proposons de :  

- Respecter le rôle des partenaires sociaux, ce que l’actuel gouvernement s’est montré incapable de faire sur la question des 35 heures. Lorsqu’il demandera aux partenaires sociaux de négocier un texte, le gouvernement devra s’engager à présenter au Parlement un projet de loi reprenant les termes de l’accord, pour peu qu’il soit signé par une majorité de partenaires sociaux. Le Parlement aura évidemment toute latitude pour modifier le texte par voie d’amendement.

- Réformer la composition des conseils d’administration des entreprises et prévoir une représentation des salariés à hauteur de 30%.

- Développer un syndicalisme rendant davantage de services aux adhérents (accueil et conseil aux nouveaux salariés, assistance juridique à toutes les étapes du contrat de travail). 

- Mettre en place un chèque syndical (prise en charge de tout ou partie de l’adhésion par l’État) et inciter les syndicats à lancer, grâce à cette mesure, une campagne d’adhésion.  

Agir vraiment contre la vie chère 

La vie chère est la première responsable de la dégradation du niveau de vie des Français. Elle est d’abord liée à l’augmentation sans cesse plus forte des prix sur les produits de consommation courante (parfois de 20 à 40 %) et sur les produits pétroliers.

Il y a ensuite les dépenses dues aux multiples contrats que les ménages doivent aujourd’hui gérer (loyer et charges, téléphone, assurances et services bancaires, remboursement des emprunts immobiliers) : elles représentent 51 % des dépenses de consommation. Nous savons tous que les abus sont nombreux et que les consommateurs sont aujourd’hui désarmés. Ils ne peuvent pas participer directement à la régulation des ententes entre grandes entreprises et ne parviennent pas à être dédommagés des préjudices que chaque jour ils subissent.

Il y a enfin la grande question du logement. Les loyers et les charges pèsent de plus en plus lourd sur le budget des locataires modestes, notamment ceux qui sont aujourd’hui dans le parc privé et ne peuvent accéder au logement social, faute de places disponibles. En vingt ans, les loyers ont augmenté de 90 % alors que les revenus ne progressaient que de 30 %.  

Pour répondre à l’urgence, nous proposons de :              

- Créer une action de groupe à la française, qui permettra à un grand nombre de justiciables ayant subi le même préjudice de se regrouper pour attaquer les entreprises pratiquant des tarifs abusifs. Ce sera le moyen pour les justiciables victimes d’infractions de masse d’obtenir réparation et, par conséquent, d’influer efficacement sur le comportement des entreprises ou de l’État. 

- Réformer l’indice des prix de l’INSEE, promesse que la droite n’a pas tenue jusqu’ici. L’indice en vigueur est déconnecté de la réalité des achats de tous les jours. Ainsi la baisse du coût d'achat des appareils électroménagers ou électroniques est répercutée tous les ans sur l'indice alors que leur achat n'est pas fréquent. Un indice complémentaire devra être élaboré, à partir d’un budget familial distinguant dépenses incompressibles et revenu disponible, et intégrant des dépenses aujourd’hui exclues de l’indice de l’INSEE (dépenses de transport, frais bancaires, téléphone portable par exemple). 

- Redéployer une partie du paquet fiscal pour baisser la TVA sur les produits de première nécessité et pour augmenter la prime pour l’emploi. 

- Agir sur le logement en créant un nouveau conventionnement locatif, applicable à l’ensemble du parc de logements privés et permettant de mettre sur le marché 300 000 logements à loyer maîtrisé en cinq ans. Les logements conventionnés sont destinés à répondre à la demande de logement des ménages modestes. En contrepartie de leur engagement, les bailleurs bénéficieront d’un crédit d’impôt proportionnel au prix d’achat du bien immobilier et d’une garantie contre les risques locatifs. 

- Convertir la rente pétrolière et nucléaire en « chèque énergie » pour les Français (voir le chapitre « Bien vivre dans l’après-pétrole », p.25.). 

Faire enfin la révolution fiscale

Notre fiscalité est criblée d’injustices. Les contribuables aisés s’offrent les services de conseillers pour payer moins d’impôts. Grâce aux 500 niches fiscales, qui représentent un coût de 73 milliards d’euros par an, certains parviennent même à ne plus payer d’impôt du tout. À l’inverse, les contribuables modestes, même s’ils ne paient pas d’impôt sur le revenu, consacrent plusieurs mois de salaire à la CSG, à la TVA, aux impôts locaux, à la redevance et aux diverses taxes sur la consommation. Les impôts indirects (notamment TVA et TIPP) représentent moins de 10 % du revenu d’un cadre, mais près du tiers de celui d’un chômeur en fin de droits. Leur part est supérieure en France à celle de la plupart des pays développés. Personne ne le dit ! Il faut rétablir la vérité : avec le bouclier fiscal de la droite, seuls les contribuables les plus aisés ont droit de connaître le montant global de leurs impôts. 

À l’instar de ce qui est déjà fait dans plusieurs pays européens, nous proposons de :

- Rétablir la vérité fiscale pour l’ensemble des contribuables alors qu’elle est aujourd’hui réservée à une minorité aisée. L’État doit dire à chaque Français combien il paie d’impôts chaque année. Pour notre part, nous nous engageons à dire la vérité aux Français en publiant un rapport chiffré chaque année par des experts indépendants.

- Révolutionner la fiscalité, en commençant par les impôts directs. L’impôt sur le revenu et la CSG seront fusionnés en un seul impôt progressif. Cette révolution se fera à prélèvement constant. Une part fixe de l’impôt constituera un socle obligatoirement affecté à la sécurité sociale.

- Donner à cet impôt citoyen une règle d’équité et de transparence : à revenu égal, impôt égal. Il sera prélevé à la source pour simplifier la vie des contribuables, avec un barème exprimé en taux effectifs directement applicables au revenu, afin que chacun puisse comprendre le plus simplement possible qui paie quoi. Le prélèvement à la source permettra également que la prime pour l’emploi ne soit plus versée avec retard. 

- Calculer cet impôt au niveau de l’individu et non du couple, pour ne pas pénaliser l’activité des femmes. Les enfants à charge des contribuables seront pris en compte grâce à un crédit d’impôt, identique pour chaque enfant. 

- Rendre notre fiscalité plus juste et plus progressive en supprimant l’essentiel des niches fiscales (73 milliards d’euros), dont celles créées par le paquet fiscal. Pour ne pas augmenter les prélèvements, les économies réalisées seront consacrées à une baisse des taux d’imposition pour tous les Français. 

- Rééquilibrer les prélèvements entre travail et capital en faisant peser les cotisations patronales, maladie et famille sur l’ensemble des richesses produites et non sur les seuls salaires. De cette façon, les entreprises qui augmentent des salaires et créent des emplois paieront moins de charges.

Oui à l’innovation des PME, non à la rente du CAC

La finance est devenue une menace pour l’économie dans son ensemble. Les risques de catastrophe financière se sont multipliés et menacent tous ceux qui, sans y être pour rien, sont contraints d’en payer le prix. 

Les comportements prédateurs se sont développés et annoncent de nouvelles crises. Certains fonds privés se sur-endettent